A love song

The smell of lavender in the air,
flocks of birds gathering on rooftops
in readiness for the long flight south;
already green is turning to gold, petals

and leaves are falling, days are shorter
and the sun lies heavy on the horizon.
All that falls is falling back to the earth,
all that passes, autumn breezes, the river,

unerring time, is passing once and for all.
Even moments of precious love have passed
and will never return. But that is not the end.
In the winter months I will run my fingers

through your auburn hair, I will watch the sun
rise in your deep green eyes, and I will taste
eternity on your lips. The smell of lavender
on our bed linen, our bodies locked in love.

John Lyons


Une chanson d’amour

L’odeur de lavande dans l’air, des flots
d’oiseaux qui se rassemblent sur les toits,
prêts à entamer leur long voyage vers le sud ;
le vert se transforme déjà en or, les pétales

et les feuilles tombent, les journées raccourcissent
et le soleil repose lourdement sur l’horizon.
Tout ce qui tombe retourne à la terre,
tout ce qui passe — les brises d’automne, le fleuve,

le temps inexorable — disparaît à jamais.
Même les moments d’amour précieux ont passé
et ne reviendront jamais. Mais ce n’est pas la fin.
En hiver, je caresserai vos cheveux roux,

je contemplerai le soleil se lever
dans vos yeux verts profonds et je goûterai
l’éternité sur vos lèvres. L’odeur de lavande
sur nos draps, nos corps unis par l’amour.

Was Paris not paradise?

Out of heaven’s orchards
the impeccable fruit of life
Light dancing on the surface
of the Seine as we strolled
hand in hand holding our breath
or counting our steps or lost
in the words that really needed
no saying : knowing only love
secure in the sense of ourselves
in the radiance of days
and the unbroken luxury
of starry nights undeterred
by the peal of Notre Dame’s bells
and in the slow drip of time
immune to the urgent pulse
of city life – smiling in the face
of our good fortune when being
there together in Paris
was more than enough

John Lyons


Paris n’était-il pas un paradis ?

Hors des vergers du paradis,
le fruit impeccable  de la vie.
La lumière scintillant sur la Seine
tandis que nous promenions
main dans la main, le souffle suspendu,
comptant nos pas ou plongés
dans un silence qui parlait mieux
que les mots : le simple bonheur d’aimer,
la sérénité d’être soi-même, la beauté
des journées et le luxe incomparable
des nuits étoilées, indifférents au son
des cloches de Notre-Dame
et dans le lent défilement du temps,
à l’écart du tumulte de la ville,
souriant face à notre bonne fortune,
car être ensemble à Paris
était plus que suffisant.

If among infants playing

If among infants playing
amid the blue light of day
a shadow falls upon the lawn
across from Rochester Castle
who will say that every innocence
shall have its day and every season
shall come to pass just as
the chestnut sheds its leaves
and the earth is open
to all things that fall
and that even the rivers
will one day tire as they
make their way to the sea
Young limbs that tremble
with excitement will come
to know the tremor of love
before their Aprils cease
and all is silence
all is stillness
and all is at an end

John Lyons


Si, parmi les enfants qui jouent

Si, parmi les enfants qui jouent,
sous la douce lumière du jour,
une ombre se pose sur la pelouse
devant le château de Rochester,
qui osera affirmer que chaque innocence
aura son heure de gloire,
et que chaque saison passera
comme le châtaignier perd ses feuilles,
et que la terre est ouverte
à tout ce qui tombe,
et que même les rivières se lasseront
en chemin vers la mer ?
Les jeunes corps qui tremblent
d’excitation connaîtront
le frisson de l’amour
avant que leur printemps ne s’achève,
et que tout ne devienne silence,
que tout ne devienne immobilité,
et que tout ne soit terminé.

Love of my better days

Love of my better days
I shall not forget you
though the last leaf
has not yet fallen and so far
we have been spared
the wrath of winter
We might have lived
in a land of lemon trees
beside a sea as blue
as your beautiful eyes
and bathed in the neighbouring
sun that brought out such
a delicate blush to your
golden flesh  But no!
The river runs on silently
and you and I are nowhere
to be seen together
Nothing changes Nothing
ever lasts forever

John Lyons


Amour de mes meilleurs jours

Amour de mes meilleurs jours,
je ne t’oublierai pas,
même si la dernière feuille
n’est pas encore tombée et
que nous avons été jusqu’ici
épargnés par la colère de l’hiver.
Nous aurions pu vivre dans un pays
de citronniers, au bord d’une mer
aussi bleue que tes beaux yeux,
et nous baigner du soleil voisin
qui faisait ressortir une si délicate
rougeur sur ta peau dorée.
Mais non ! La rivière continue
de couler en silence, et toi et moi
ne sommes nulle part ensemble.
Rien ne change, rien ne dure
éternellement.

I’m fully aware – Fernando Pessoa

Yes, I’m fully aware
That I’ll never be anyone.
    I’m fully aware
That I’ll never produce a masterpiece.
    I’m fully aware in fact
That I’ll never really know myself.
    Yes, but for now,
While this moment lasts,
    This moonlight, these branches,
This peace we’re enjoying,
    Let me believe
What’s quite beyond me

Ricardo Reis (Fernando Pessoa)
translation by John Lyons


Sim, sei bem
Que nunca serei alguém.
    Sei de sobra
Que nunca terei uma obra.
    Sei, enfim,
Que nunca saberei de mim.
    Sim, mas agora,
Enquanto dura esta hora,
    Este luar, estes ramos,
Esta paz em que estamos,
    Deixem-me me crer
O que nunca poderei ser.


Sí, soy plenamente consciente
de que nunca seré nadie.
    Soy plenamente consciente
de que nunca produciré una obra maestra.
    Soy plenamente consciente, de hecho,
de que nunca me conoceré realmente.
    Sí, pero por ahora,
mientras dure este momento,
    Esta luz de luna, estas ramas,
Esta paz que estamos disfrutando,
    Déjame creer
en lo que está más allá de mí


Oui, je suis pleinement conscient
Que je ne serai jamais quelqu’un.
   Je suis pleinement conscient
Que je ne produirai jamais de chef-d’œuvre.
    Je suis pleinement conscient en fait
Que jamais je ne me connaîtrai vraiment.
    Oui, mais pour l’instant,
Tant que dure ce moment,
    Ce clair de lune, ces branches,
Cette paix dont nous jouissons,
    Laisse-moi croire
Ce qui me dépasse complètement