Entangled particles of beauty
From time to time a robin
the minstrel of ancient woodlands
and back gardens perched on high
filling the air with its beautiful clear
warbling sound with whistles
and pauses and perfectly pitched
notes that slowly fade
in the distance
I’ve known its soothing song
ever since my infancy : I’ve known it
when snow was falling
I’ve known it when the hawthorn
was in bloom and when swifts
and swallows paid their dutiful
summer calls I’ve known it
all my life No other bird brings
such simple solace
John Lyons
Des particules de beauté enchevêtrés
De temps à autre, un rouge-gorge,
le ménestrel des forêts anciennes et
des jardins urbains, perché en hauteur,
emplit l’air de son beau chant clair
et mélodieux, fait de sifflements, de pauses
et de notes parfaitement justes
qui s’estompent lentement au loin.
J’ai connu son chant apaisant depuis
mon enfance : je l’ai connu quand
la neige tombait. Je l’ai connu quand
l’aubépine était en fleurs et quand
les martinets et les hirondelles faisaient
leurs habituelles visites estivales Je l’ai connu
toute ma vie. Aucun autre oiseau
n’apporte un réconfort aussi simple.
We live among born things
We live among born things
among rocks and stones and trees
among the flowers in the field
among the birds in the air
among every known species
under the sun
When I close my eyes
I take a world with me
into my dreams
into my secret self
and I take you
and my memories of you
and my love for you
and all that we have ever
lived together I take the light
and the darkness
and the promises we have made
in sickness and in health
till death shall us part
and beyond
John Lyons
Nous vivons parmi les choses vivantes
Nous vivons parmi les choses vivantes,
parmi les rochers, les pierres et les arbres,
parmi les fleurs des champs,
parmi les oiseaux du ciel,
parmi toutes les espèces
connues sous le soleil.
Quand je ferme les yeux,
j’emporte un monde avec moi,
dans mes rêves, au plus secret
de mon être. Et je t’emporte
avec mes souvenirs de toi,
et mon amour pour toi,
et tout ce que nous avons vécu
ensemble. J’emporte la lumière
et l’obscurité, et les promesses
que nous nous sommes faites,
dans la maladie comme dans la santé,
jusqu’à ce que la mort nous sépare,
et au-delà.
Oak forest
I remember when these oaks
were planted
a tight cluster of eighty saplings
a made-to-measure forest
or at least one in the making
this was back then
when the road was widened
to cope with the boom in traffic
I would cross these fields as a boy
on my way to my first school
where I learnt to write
with chalk on slate
The games I’d play
the conkers and the marbles
and my pockets always bulging
with victories
and I remember how I revelled
in the simplicities of life
never dreaming that one day
all my certainties would fall away
John Lyons
La forêt de chênes
Je me souviens de l’époque
où ces chênes furent plantés,
un petit groupe serré de quatre-vingts
jeunes pousses, une forêt sur mesure,
du moins. C’était à l’époque
où la route fut élargie pour faire
face à l’explosion du trafic.
Enfant, je traversais ces champs
pour aller à ma première école,
où j’appris à écrire à la craie
sur l’ardoise. Je jouais aux marrons,
aux billes, et mes poches débordaient
toujours de victoires. Je me souviens
de la simplicité de la vie,
de mon insouciance, sans jamais
imaginer qu’un jour toutes mes
certitudes s’effondreraient.
The river flows through my life
The river flows through my life
a constant consolation
It is there when I wake
and there at night
flowing past the docks
past the breakers yards
out to the ocean
It carries with it its own
horizon and constitutes
a world of its own
within my world within
our world
Lesser stars have died
since the time it first
began to flow
and its meandering course
has been modified
down the centuries
Devices have been built
to hold it back but its life-
force is irrepressible
John Lyons
Le fleuve traverse ma vie
Le fleuve traverse ma vie,
une consolation constante.
Il est là au réveil et la nuit,
coulant le long des quais,
au-delà des chantiers
de démolition vers la mer.
Il emporte avec lui son propre
horizon et constitue un monde
à part au sein de mon monde,
au sein de notre monde.
Des étoiles moins brillantes
se sont éteintes depuis qu’il a
commencé à couler et son cours
sinueux a été modifié
au fil des siècles. Des dispositifs
ont été construits pour le contenir,
mais sa force vitale est irrépressible.
Winter means nothing
Do you know what winter means?
It means nothing It is neither a cause
for despair nor a cause for hope
Neither is it necessarily a time for love
Winter means nothing It is a period
when some survive and others do not
a period when the frail the elderly and
the vulnerable sometimes fail to make it
and are buried in the cold damp earth
For others it is a time when raw winds
blow and oblige us to dress warmly
with thick woollens and hats and gloves
and to ensure our homes are well-heated
Apart from that winter means nothing
ships continue to ply the river
the birds that remain do not cease
their singing Sparrows and bullfinches
will peck at crocuses when they appear
They recognise the signal that winter
will not last forever and that spring
will eventually return To them winter
means nothing It really doesn’t
John Lyons
L’hiver ne signifie rien
Savez-vous ce que signifie l’hiver ?
Il ne signifie rien. Ce n’est ni une cause
de désespoir ni une cause d’espoir.
Ce n’est pas non plus nécessairement
une période pour l’amour.
L’hiver ne signifie rien. C’est une période
où certains survivent et d’autres non.
Une période où les fragiles, les personnes âgées
et les vulnérables parfois ne s’en sortent pas
et sont enterrés dans la terre froide et humide.
Les oiseaux qui restent ne cessent pas de chanter.
Les moineaux et les bouvreuils picorent les crocus
lorsqu’ils apparaissent. Ils reconnaissent
le signal que l’hiver ne durera pas éternellement
et que le printemps finira par revenir. Pour eux,
l’hiver ne signifie rien. Vraiment rien.
John Lyons
Under the mist
Under mist the river merges
into the surroundings into silence
and time enters a lethargic phase
as though nothing really matters
Smoke from chimneys drifts
aimlessly and far in the distance
trucks are ferrying human refuse
to be dumped into enormous graves
that will eventually be landscaped
into inexistence In years to come
no one will know what lies buried
under these mountainous mounds
the detritus that accompanied
our daily lives lost forever
John Lyons
Sous la brume
Sous la brume, la rivière se fond
dans le paysage environnant, dans
le silence, et le temps semble suspendu,
comme si rien n’avait plus d’importance.
La fumée des cheminées dérive sans but
et, au loin, des camions transportent
des déchets humains destinés à être
déversés dans d’immenses fosses
communes qui, un jour, disparaîtront
sous les aménagements paysagers.
Dans les années à venir, personne
ne saura ce qui est enfoui sous
ces monticules montagneux : les détritus
de notre quotidien, perdus à jamais.
Gone snow gone
Am Was
Schooled in grammar
Learn your tenses
Whatever will be will be
Whatever was
Snowflakes falling
A light dusting
Briefly settling
Blades of grass
stiffly frozen
Children smiling
wishing hoping
Eyes floating
The day dying
Gone snow gone
John Lyons
Partie la neige partie
Je suis Je fus
Scolarisé en grammaire
Apprenez les temps
Ce qui sera sera
Ce qui fut
Flocons de neige qui tombent
Une légère couche
Se dépose brièvement
Brèves d’herbe
Rigidement gelées
Des enfants souriants
Souhaitant, espérant
Les yeux flottants
Le jour meurt
Partie la neige partie
Our common destiny
Red glow of the sky at dawn
after a hard frost Seagulls
driven inland by the cold
The church steeple dwarfed
by the leafless poplar
I’ve spent my life wrestling
with words Poetry is a vocation
as arduous as any Each of us
must hope and believe
as we can in defiance
of our common destiny
To leave a mark on the face
of the world New texts
for the old realities Love
that flows like a river
to drown out our sorrows
John Lyons
Notre destin commun
Lueur rouge du ciel à l’aube
après un fort gel. Mouettes
chassées vers l’intérieur par le froid.
Le clocher de l’église, minuscule
sous le peuplier dénudé.
J’ai passé ma vie à lutter
avec les mots. La poésie
est une vocation aussi ardue
que n’importe quelle autre.
Chacun de nous doit espérer
et croire autant qu’il le peut,
défiant notre destin commun.
Laisser une trace sur le visage
du monde. Des textes nouveaux
pour les anciennes réalités. Un amour
qui coule comme une rivière
pour noyer nos chagrins.
Wisdom asks nothing more
Wisdom asks nothing more
that is to say
there is no want
no pressing need
that is to say
a silence of extraneous
appetite
the fox that knows nothing
of its reputation
for stealth and cunning
the rose ignorant
of its beauty or
the nightingale deaf
to its own song
poetry of the day
from sunrise to sunset
of breath and the untiring heart
of love that offers all
but makes no demands
that dwells content
in a realm beyond words
that knows instinctively
when to act and when
to demur and so demurs
John Lyons
La sagesse ne demande rien
La sagesse ne demande rien de plus,
c’est-à-dire
qu’il n’y a ni désir
ni besoin pressant,
c’est-à-dire
un silence des appétits
superflus.
Le renard qui ignore tout
de sa réputation de furtivité
et de ruse, la rose
ignorant sa propre beauté
ou le rossignol sourd
à son propre chant.
Poésie du jour,
du lever au coucher du soleil,
du souffle et du cœur infatigable,
de l’amour qui offre tout
sans rien exiger, qui demeure
content dans un royaume
au-delà des mots, qui sait
instinctivement quand agir
et quand s’abstenir,
et qui s’abstient donc.