And then after the rain
a stillness settles
mid-afternoon;
the white sail
cutting a straight line
through the placid river;
sun on the fresh green leaves
of the ash and the sycamore
ruffled in the gentle breeze
Artless time
and the lives shaped
by human breath
Evening primrose
satin flower
the beauty of her soft cheeks
forged in the sun
Einstein’s equation
made flesh
John Lyons
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L’équation d’Einstein
Et puis, après la pluie,
le calme s’installe
en milieu d’après-midi ;
la voile blanche
fend l’eau
en ligne droite ;
le soleil sur les jeunes feuilles
vertes du frêne et du sycomore,
frémissantes dans la douce brise.
Le temps sans artifice
et les vies façonnées
par le souffle humain.
Primevère du soir,
fleur de satin,
la beauté de ses joues tendres,
forgée au soleil.
L’équation d’Einstein
incarnée.
Words are not love
Words are not love
just as leaves
are not autumn
dismissive gestures
and empty smiles
as the questions
tumble one by one
Between your world
and my world
there is a world
of a difference
I too have crossed
Brooklyn Bridge
in the blazing heat
of a distant summer
dust upon my shoes
and city grime
etched into my collar
You were a shape once
you were a sense
you were a direction
full of promise
Now nothing but words
sounds corralled
into a meaningless grid
of petrified ambition
2021
John Lyons
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Les mots ne sont pas l’amour
Les mots ne sont pas l’amour
comme les feuilles
ne sont pas l’automne
gestes dédaigneux
et sourires vides
tandis que les questions
s’abattent une à une
Entre ton monde
et le mien
il y a un monde
de différence
Moi aussi, j’ai traversé
le pont de Brooklyn
sous la chaleur torride
d’un été lointain
de la poussière sur mes chaussures
et de la crasse urbaine
incrustée dans mon col
Tu étais une forme autrefois
tu étais un sens
tu étais une direction
pleine de promesses
Maintenant, il ne reste que des mots
des sons emprisonnés
dans une grille insignifiante
d’ambition pétrifiée
Washington Roebling – builder of Brooklyn Bridge
From his window
stubble on unshaven cheeks
the crippled engineer
looks out over the harbour
as day by day
the towers rise up and cables
are spliced and strung
A proposition that has come
to be an obsession
and an act of love
the binding of two parts,
his life transformed
into landscape
indelible on the skyline
A place of congregation
and disparate communion
a paradigm
a passageway for the living
and for the dead
they carry in their hearts,
a filter of dreams
and despairing moments
an affirmation that feeds
the lone eye
Birth of a view
among the spiders
so it soars,
arpeggios of light
rippling in the shifting
waters below,
the structure stirs and is alive,
an impulse of beauty
caught in the curve
of memory
2015
John Lyons
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Washington Roebling – constructeur du Brooklyn Bridge
De sa fenêtre, barbe naissante sur joues
non rasées, l’ingénieur infirme
contemple le port
tandis que jour après jour,
les tours s’élèvent et que les câbles
sont épissés et tendus,
une proposition devenue obsession,
et un acte d’amour,
l’union de deux parties,
sa vie transformée en paysage,
indélébile sur l’horizon,
un lieu de rassemblement
et de communion disparate, un paradigme,
un passage pour les vivants
et pour les morts,
ils portent dans leurs cœurs
un filtre de rêves et de moments
de désespoir, une affirmation
qui nourrit l’œil solitaire,
la naissance d’une vue,
parmi les araignées, elle plane,
des arpèges de lumière ondulant
dans les eaux changeantes en contrebas,
la structure s’anime et prend vie,
une impulsion de beauté capturée
dans la courbe de la mémoire
Bed of roses

The long green
leafy tongues
of this plant
peering through
the undergrowth
lapping up the light
Its four-petalled
flower little bigger
than a pinhead
proud to exhibit
itself amid the tangle
of blackberry canes
All life
out of this soil
this rich clay
from which your lips
were formed
minerals that fed
your blood your breath
and shaped your limbs
Here birth and death
coexist as one
feeds the other
in the eternal cycle
of resurrection
And so I say
: make of your love
a bed of roses
so as to be sure that
it will never die
2015
John Lyons
Lit de roses
Les longues langues vertes
et feuillues de cette plante,
émergeant des sous-bois,
absorbent la lumière.
Sa fleur à quatre pétales,
à peine plus grosse
qu’une tête d’épingle,
se dresse fièrement
au milieu de l’enchevêtrement
des ronces.
Toute vie naît de cette terre,
cette riche argile qui a formé tes lèvres,
les minéraux qui ont nourri ton sang,
ton souffle et façonné tes membres.
Ici, la naissance et la mort coexistent,
l’une nourrissant l’autre dans
l’éternel cycle de la résurrection.
Aussi le dis-je : fais de ton amour
un lit de roses,
afin qu’il ne meure jamais.
A clear day and no memories
A clear day and no memories
I see the tall overgrown grass
bathed in the grey light and
here and there the stems
of dandelions waiting for the sun
before they’ll unfold their flowers
: birds are flying overhead
but there is complete silence
As the wind rises the branches
of the trees at the end of the garden
begin to sway to its rhythm
The picnic table is littered
with dry faded blossom and the empty
wooden chairs have that forlorn
abandoned look as though none of us
had ever been here before
John Lyons
Une journée claire sans souvenirs
Une journée claire et sans souvenirs.
Je vois les hautes herbes envahissantes
baignées d’une lumière grise, et ici et là,
des tiges de pissenlits qui attendent
que le soleil déploie leurs fleurs.
Des oiseaux volent
au-dessus de nos têtes,
mais le silence est absolu.
Lorsque le vent se lève,
les branches des arbres
au fond du jardin commencent
à onduler à son rythme.
La table de pique-nique
est jonchée de fleurs fanées,
et les chaises en bois vides
ont un air désolé, abandonné,
comme si aucun de nous
n’avait jamais mis les pieds ici.
Lovedust
Molecules of dust
tiny floating particles
specs of nanodust organized
and clustered
in ever greater complexes
sidereal dust driven
on boundless waves of energy
through an apparent
cosmic emptiness
stardust that next appears
in the full-throated song of the robin
and the nightingale
in all that flowers in woodlands
and in our gardens
the dust of stars
transformed into words
on the page
and in our ear
that is present
in every gesture
in every rhythm
the entire universe
an expression of itself
call it purpose
call it direction
call it lovedust
John Lyons
Poussière d’amour
Molécules de poussière —
minuscules particules flottantes,
nanoparticules de poussière
organisées et regroupées
en complexes toujours plus grands —
poussière sidérale transportée
par des ondes d’énergie infinies —
à travers un vide cosmique apparent —
poussière d’étoiles qui apparaît ensuite
dans le chant puissant du rouge-gorge
et du rossignol, dans tout ce qui fleurit
dans les bois et dans nos jardins,
poussière d’étoiles transformée
en mots sur la page
et sur notre terre,
présente dans chaque geste,
dans chaque rythme — l’univers entier,
une expression de lui-même,
appelez-la but, appelez-la direction,
appelez-la poussière d’amour.
Venice : an observation
Ostentation is one thing
beauty another
and underlying it all
there is or is not love
For a moment
put to one side
the glorious mosaics
the painted ceilings
and take to the streets
that flank the canals
wealth is personally perishable
insofar as it does not
survive one’s own
generation
it transcends nothing
it merely remains
acquiring the sad dust
of monumental history
where tourists tread
in their ungainly droves
Possession and power
are one thing
but it is love alone
that drives bodies
to meet and lips
to touch
2018
John Lyons
Venise : une observation
L’ostentation est une chose,
la beauté une autre, et au fond,
il y a l’amour, ou il n’y en a pas.
Laissons de côté un instant
les mosaïques fastueuses,
les plafonds peints,
et flânons dans les rues
qui bordent les canaux.
La richesse est éphémère,
dans la mesure où
elle ne survit pas
à sa propre génération.
Elle ne transcende rien ;
elle demeure, simplement,
accumulant la triste poussière
d’une histoire monumentale,
là où les touristes se pressent
en foules maladroites.
Posséder et avoir du pouvoir
sont une chose, mais seul l’amour
pousse les corps à se rencontrer
et les lèvres à s’unir.
The radiance of sunlight
Say that our bodies are beautiful
in the radiance of sunlight
our flesh still warm with the love
we bring to the day
how the regal flow of blood
sets our cheeks aglow
and how we are insatiable for life
As the flower’s beauty is inseparable
from the sum of its parts
each particle plays its part in our being
our intelligence a beacon
amid the arcane mysteries
of cosmos and creation :
how age degrades all things bar love
so that we have nothing to fear
from the edge of the night
nor the silence of daybreak
as long as there is breath on our lips
2021
John Lyons
L’éclat du soleil
Disons que nos corps sont beaux
sous la lumière du soleil,
notre chair encore chaude de l’amour
que nous apportons au jour,
comment le flot royal du sang
illumine nos joues et comment
nous sommes insatiables de la vie.
De même que la beauté d’une fleur
est indissociable de la somme
de ses parties, chaque particule
joue son rôle dans notre être,
notre intelligence un phare parmi
les mystères ésotériques du cosmos
et de la création. Comment l’âge
dégrade tout sauf l’amour, si bien
que nous n’avons rien à craindre
ni du crépuscule ni du silence de l’aube,
tant qu’il y a du souffle sur nos lèvres
Memories arrested in space
Paint that captures
the shape of gestures
memories arrested in space
sinuous as the body is curved
And he thinks too
of the unbound energies
they expended
and of the shapes
that their bodies made
when they came together
the arc of a breast
a mouth agape
the slope of a thigh
or an angled elbow
Form and the absence of it
light and the absence of it
colour and the absence of it
love and the absence of it
and under a wrathful sky
their union and the absence of it
2017
John Lyons
Souvenirs figés dans l’espace
Peinture qui capture
la forme des gestes,
des souvenirs figés dans l’espace,
sinueux comme le corps courbé.
Et il pense aussi aux énergies débridées
qu’ils ont déployées et aux formes
que leurs corps ont prises
lorsqu’ils se sont unis :
l’arc d’un sein,
une bouche entrouverte,
la pente d’une cuisse
ou un coude angulé.
La forme et son absence,
la lumière et son absence,
la couleur et son absence,
l’amour et son absence,
et sous un ciel courroucé,
leur union et son absence.
Until the light fades
What without words
can be said
a silent gesture
of the hands
a flicker of recognition
in the eyes
The swans by the river
elegant and aloof
bow their heads
as we walk by
side by side
It’s spring again and you are
more beautiful than ever
and when I glance at you
you say nothing
there is no need to talk
and my stream of consciousness
flows on through the day
until the light fades
and in the darkness
we merge into one
2016
John Lyons
Jusqu’à ce que la lumière décline
Qu’est-ce qu’on peut dire
sans mots ?
Un geste silencieux des mains,
une lueur de reconnaissance
dans les yeux. Les cygnes,
élégants et distants
au bord de la rivière,
inclinent la tête
tandis que nous marchons
côte à côte.
Le printemps est de retour,
et tu es plus belle que jamais,
et quand je te regarde,
tu ne dis rien.
Nul besoin de mots,
et le flot de mes pensées
se poursuit tout au long du jour
jusqu’à ce que la lumière décline,
et dans l’obscurité,
nous ne faisons qu’un.