Love is not over
love that comes
with soft touch
and gentle words
love is not over
The eyes search
and the hands reach
and all the senses
are alive in expectation
Love’s sweet perfume
fills the air
thrills the heart
is there in the memory
of what will always be
wholesome love
that delights
in the pleasure
of another
The simplicity of love
surpasses the convoluted
beauty of roses
the levity of butterflies
it is the life-breath of stars :
No — love is not over
2018
John Lyons
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Souffle d’étoile
L’amour n’est pas fini —
cet amour qui vient
avec une caresse douce
et des mots tendres,
l’amour n’est pas fini.
Les yeux cherchent,
les mains se tendent,
et tous les sens
s’éveillent dans l’attente.
Le doux parfum de l’amour
emplit l’air,
fait vibrer le cœur,
demeure dans le souvenir
de ce qui sera toujours :
un amour sain
qui trouve sa joie
dans le plaisir
d’un autre.
La simplicité de l’amour
surpasse la beauté complexe
des roses,
la légèreté des papillons :
c’est le souffle vital des étoiles :
Non — l’amour n’est pas fini.
Love on the ocean edge
At Cristo Rei we sat
on the volcanic shore
watched the cool blue sea
turn over and over
felt the sun fierce on our flesh
saw the children cavorting
in the warm water
Nature has its own passion
it shapes the land
and offers us a compendium
of time and space and energy
We who are part of it
can become lost in it
We who so long for love
and so easily lose it
2020
John Lyons
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L’amour au bord de l’océan
À Cristo Rei nous nous sommes assis
sur le rivage volcanique
à regarder la mer d’un bleu frais
rouler et se briser sans fin,
à sentir le soleil ardent sur notre peau,
à voir les enfants s’ébattre
dans l’eau tiède.
La nature possède sa propre passion ;
elle façonne la terre
et nous offre une synthèse
de temps, d’espace et d’énergie.
Nous qui en faisons partie
pouvons nous y perdre ;
nous qui aspirons tant à l’amour
et le perdons si facilement.
The poet’s melodeon
How constant this ocean
gnawing day in day out
at the rock face : at night
clouds move across the sky
their progress tracked
by whales who keep
to the shadows cast
by the moonlight
Blue waters by day
time barely ruffled in the breeze
curls of light finely shaved
a virtuoso performance
in which we are all the players
the crash of cymbals
and the roar of horns
here at our birthplace
Think of Wallace Stevens
his obsession with melody
and with number
his mother’s fingers
on the keyboard
the silence of his bass voice
as he composed his poetry
delving deep into his emotions
remembering the blue silk
the clear warm evenings
the homeliness of life
the beauty behind every breath
whispers of immortality
in the mute nights
fitful tracings overlaid
with love
John Lyons
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Le mélodéon du poète
Comme il est constant, cet océan
qui ronge, jour après jour,
la paroi rocheuse : la nuit,
les nuages traversent le ciel,
leur course suivie
par des baleines qui se tiennent
dans les ombres projetées
par le clair de lune
Eaux bleues le jour, le temps
à peine frémi par la brise,
volutes de lumière finement ciselées,
une performance de virtuose
dont nous sommes tous les acteurs,
le fracas des cymbales
et le rugissement des cuivres,
ici, sur notre terre natale
Songez à Wallace Stevens,
à son obsession de la mélodie
et du nombre,
aux doigts de sa mère
sur le clavier,
au silence de sa voix de basse
tandis qu’il composait sa poésie,
puisant au plus profond de ses émotions,
se souvenant de la soie bleue,
des soirées claires et douces,
de la simplicité familière de la vie,
de la beauté derrière chaque souffle,
des murmures d’immortalité
dans les nuits silencieuses,
tracés incertains recouverts
d’amour
Why would I not ?
Of course I take it personally
whether you love me or not
whether you betray me or not
whether you fail me
or fail to understand me or not
I bear the soul of a private man
ploughing by day the furrows
of city streets in which foxes
run rampant and gold is amassed
in steely towers of greed
So I live and die for words
for unsolicited acts of tenderness
for the beauty of light on water
for the delicacy of moonlight
that pierces the night sky
Of course I take our lives seriously
your life and mine : and tell me
why would I not ?
John Lyons
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Pourquoi ne le ferais-je pas ?
Bien sûr que je le prends personnellement,
que tu m’aimes ou non,
que tu me trahisses ou non,
que tu me déçoives,
que tu ne parviennes à me comprendre ou non,
je porte l’âme d’un homme secret
qui trace le jour les sillons
des rues urbaines où les renards
pullulent et l’or s’amoncelle
dans des tours d’acier avides.
Ainsi je vis et je meurs pour les mots,
pour les gestes de tendresse spontanés,
pour la beauté de la lumière sur l’eau,
pour la délicatesse du clair de lune
qui perce le ciel nocturne.
Bien sûr que je prends nos vies au sérieux,
la tienne et la mienne : et dis-moi,
pourquoi ne le ferais-je pas ?
Think of the earth
Think of the earth
as a body
out of which
all bodies arise
Think of the earth
as the life of life
of the origin
of all species
Think of the earth
as a space in which
all movements
are defined
the motion of words
as much as sparrows
of angels as much
as the easterly wind
Think of the earth
as time and consequence
all rolled into one
inseparable existence
Think of the earth
as our home from home
as the ultimate
alma mater
Think of the earth
of a place to love
and to be loved
or be damned
Out of friable soil
the red rose
and the beauty
of poetry
John Lyons
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Pensez à la terre
Pensez à la terre
comme à un corps
dont naissent
tous les corps
Pensez à la terre
comme à la vie de la vie
à l’origine
de toutes les espèces
Pensez à la terre
comme à un espace où
tous les mouvements
se définissent
le mouvement des mots
autant que celui des moineaux
celui des anges autant
que celui du vent d’est
Pensez à la terre
comme au temps
et à la conséquence
fondus en un tout
dans une existence
indissociable
Pensez à la terre
comme à notre foyer
comme à l’ultime
alma mater
Pensez à la terre
comme à un lieu pour aimer
et pour être aimé
ou pour être damné
D’une terre friable
naissent la rose rouge
et la beauté
de la poésie
Everything is made of earth
Everything is made of earth
the earth we walk upon
the rich mineral earth
that rises up within our bones
the sun-fed earth
provider of our daily bread
the animal vegetable living earth
source of the air we breathe
and of the water that runs
through our veins
and upon which every cell depends
Everything is made of earth
every whisper every word of love
every gesture every birth
and every death too
of the earth
to which we will all
– in good time – return
John Lyons
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Tout est fait de terre
Tout est fait de terre,
la terre sur laquelle nous marchons,
la terre riche en minéraux
qui remonte jusqu’à nos os,
la terre nourrie par le soleil,
pourvoyeuse de notre pain quotidien,
la terre vivante, animale et végétale,
source de l’air que nous respirons,
et de l’eau qui coule dans nos veines,
et dont chaque cellule dépend.
Tout est fait de terre, chaque murmure,
chaque mot d’amour, chaque geste,
chaque naissance, et chaque mort aussi,
de la terre, à laquelle
nous retournerons tous,
en temps voulu.
On Erith pier
So I go and sit with my soul
watch the clouds head east
see a flurry of white gulls
begging for bread from a lady
who’s crumbling a loaf
in a plastic bag
before hurling the pieces
over the railings
All the while the river
has its silence and I have mine
I note that the beauty of autumn
rivals that of spring
the trees awash
with radiant hues
of copper and gold
and I nurse the notion
of changing seasons
praying only
that the season of love
will soon return
John Lyons
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Sur le quai d’Erith
Alors je m’assieds et contemple,
l’âme en éveil, les nuages filant
vers l’est. J’aperçois une nuée
de goélands blancs quémandant
du pain à une dame qui émiette
une miche dans un sac plastique
avant d’en jeter les morceaux
par-dessus la rambarde.
Tandis que le fleuve et moi,
nous restons silencieux.
Je remarque que la beauté
de l’automne rivalise avec
celle du printemps, les arbres
baignés de teintes éclatantes
de cuivre et d’or. Et je nourris
l’idée du changement de saison,
espérant seulement que la saison
de l’amour reviendra bientôt.
Once a dancer always
The high cheekbones
the shape of the eyes
the thin smile
the unobtrusive ears
the slender neck
her supple feet
The feet of a dancer
trained to pace the floor
with dignity and poise
A frame upon which
fabrics sat elegantly
could bear
the weight
of primary colours
Had she found
someone to love
she might have
loved forever
dearly
deeply
John Lyons
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Une danseuse pour toujours
Ses pommettes hautes,
la forme de ses yeux,
son sourire fin,
ses oreilles discrètes,
son cou élancé,
ses pieds souples.
Les pieds d’une danseuse
entraînée à arpenter la piste
avec dignité et grâce,
Une silhouette sur laquelle
les étoffes se posaient
avec élégance, capable
de supporter le poids
des couleurs primaires.
Si elle avait trouvé l’amour,
elle aurait pu l’aimer,
tendrement, profondément,
pour toujours.
The living dance upon dead minds
The living dance
upon dead minds
believe in moon magic
threaten to destroy
the earth with misplaced
enthusiasms and dreams
Time is no refuge
and no doors can
remain bolted forever
Pick up your spoons
and dig into the daily
gruel and accept the cards
you have been dealt
The only splendour
here below is love
but remember it cannot
be put into words nor
can it be photographed
Disdain all those
who would betray it
they are not worth the soil
in which they are buried
John Lyons
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Les vivants dansent sur des esprits morts
Les vivants dansent
sur des esprits morts,
croient à la magie lunaire
et menacent de détruire la Terre
par leurs enthousiasmes
et leurs rêves déplacés.
Le temps n’est pas un refuge,
et aucune porte ne peut rester
verrouillée éternellement.
Prenez vos cuillères,
plongez dans la bouillie
quotidienne et acceptez
votre sort.
La seule splendeur ici-bas
est l’amour, mais souvenez-vous
qu’il ne peut être exprimé
par des mots ni photographié.
Méprisez ceux qui voudraient
le trahir ; ils ne valent pas la terre
où ils sont enterrés.
End of the affair
From seed to flower
to fruit to flesh
to love and to love’s
heartless betrayal
Here at the water’s edge
the hand drops
petals of memory
where the grey river flows
swollen by recent rains
Time and time again
remembered
woven into the faded
opulence of our dreams
White-winged gulls
were our chorus
wheeling above us
riding the wind’s wild waves
filling the crisp air
with their raucous cries
in the secular light
For a brief spell
unfettered feelings
and paged perfections
perishable beauty
fleetingly held
in the palm of the hand
Then
a seismic shift
Words hewn from silence
the silhouette of a lone tree
standing in the midst
of a denuded field
baked beneath the sun
shaken by the vortex of dust
that rises up
from the land
Here the hawk feeds
the eagle too
and at night
owls prowl the fields
so that the ungodly earth
knows no rest
John Lyons
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Fin de l’histoire
De la graine à la fleur,
du fruit à la chair,
de l’amour à sa trahison
impitoyable.
Ici, au bord de l’eau,
la main laisse tomber
des pétales de souvenirs,
là où coule la rivière grise,
gonflée par les pluies récentes.
Souvenirs encore et encore,
tissés dans l’opulence
fanée de nos rêves.
Les mouettes à ailes blanches
étaient notre chœur, tournoyant
au-dessus de nous, portées
par les vagues sauvages du vent,
emplissant l’air vif de leurs
cris rauques sous la lumière profane.
Un bref instant, des sentiments libres
et des perfections écrites,
une beauté éphémère, tenue
fugacement dans le creux de la main.
Puis un bouleversement sismique.
Des mots taillés dans le silence,
la silhouette d’un arbre solitaire
se dressant au milieu d’un champ
dénudé, brûlé par le soleil,
secoué par le tourbillon de poussière
qui s’élève de la terre.
Ici, le faucon se nourrit, l’aigle aussi,
et la nuit, les hiboux rôdent
dans les champs, si bien que
la terre impie ne connaît
aucun repos.