New day

Out of the earth
         new leaf
new life
         new love
fresh hope
         that springs
from the light
         reflected in the light
of her eyes
         petal by petal
the day builds
         the rose and
the daffodil
         unadorned beauty
of the skyblue day
         and everywhere
the pulse of creation
         beats as it builds
a world upon world
         cell by cell
word by word
         fingers impelled
to caress the flesh
         two hearts that lie
beneath the shade
         of oak and ash
that sip from
         a foaming glass
that bathe
         by the cool sea
that now and again
         dip into time as though
it were a choice
         but never a drudge
time expressed
         in growth
in abundance
         soft-fruited time
so dear to the palate
         everlasting time

2016

John Lyons


Nouveau jour

De la terre, une nouvelle feuille,
une nouvelle vie, un nouvel amour,
un espoir renouvelé, jaillissant
de la lumière, reflétée dans la lumière
de ses yeux. Pétale après pétale,
le jour construit la rose et la jonquille,
la beauté pure du ciel bleu,
et partout le pouls de la création
bat en bâtissant un monde sur un autre,
cellule après cellule, mot après mot,
des doigts poussés à caresser la chair,
deux cœurs qui reposent à l’ombre
du chêne et du frêne, qui sirotent
dans un verre écumant, qui se baignent
au bord de la mer fraîche, qui 
de temps à autre, plonge dans le temps
comme s’il s’agissait d’un choix,
jamais d’une corvée, le temps exprimé
en croissance, en abondance,
des temps aux fruits tendres
si chers au palais, le temps éternel.

Each unexpected day

Each unexpected day
      with its rain
its gusts of wind
      its bursts of sunlight
short-lived
      but welcome nonetheless
and each step
      and each breath taken
as we move
      from time to time

There is so much
      to see and to do
in this world
      and yet
we cross our arms
      we sigh
and we slip into
      a haze of undefined
thought
      The cycle of trees
reminds us
      that leaves will come
and go in the autumn
      will fall
and that all life is dust
      that will one day
find its way down
      to the inconsolable sea

John Lyons


Chaque jour inattendu

Chaque jour inattendu,
      avec sa pluie,
ses rafales de vent,
      ses éclairs de soleil
éphémères, mais
      néanmoins bienvenus,
et chaque pas,
      chaque respiration,
tandis que nous avançons,
      de temps à autre.

Il y a tant à voir
      et à faire dans ce monde,
et pourtant nous croisons
      les bras, nous soupirons
et nous sombrons
      dans une brume
de pensées indéfinies.
      Le cycle des arbres
nous rappelle que les feuilles
      vont et viennent en automne,
qu’elles tomberont et
      que toute vie est poussière,
qui un jour finira par rejoindre
la mer inconsolable.

The red rose

It rises up
out of the earth
at first a thing of frailty
but it grows in strength
it blossoms
its petals attract
all manner of attention
the bee gorges on its pollen
but the days of its glory
are short and soon gone
its beauty fades
its leaves curl and dry
and slowly but surely
it falls back to the earth
Love outlasts it

2018

John Lyons


La rose rouge

Elle s’élève
de la terre,
fragile d’abord ,
mais elle grandit en force ;
elle fleurit,
ses pétales attirent
tous les regards,
l’abeille se gorge de son pollen.
Mais les jours de sa gloire
sont brefs et s’évanouissent vite :
sa beauté se fane, ses feuilles
se recroquevillent et sèchent,
et lentement mais bien sûr,
elle retombe sur terre.
L’amour lui survit.

The rich past remembered

The rich past remembered
strawberries on the lawn
the smell of freshly cut grass
bushes thick with lavender
and roses in full bloom
A sky unbroken but for the birds
aimless in their timeless flight
and dragonflies flitting over
the pond where water spiders
step magically creating
tiny depressions in the surface
Nature’s circus in full swing
and the dust of our days settling
all around us as the evening
draws on and we cling
to all our loves for dear life

2018

John Lyons


Le riche passé dont on se souvient

Le riche passé dont on se souvient :
des fraises sur la pelouse,
l’odeur de l’herbe fraîchement coupée,
des buissons chargés de lavande
et des roses en pleine floraison.
Un ciel sans nuages, hormis les oiseaux,
insouciants dans leur vol intemporel,
et les libellules voletant au-dessus
de l’étang où les araignées d’eau
marchent comme par magie en créant
de minuscules creux à la surface.
Le cirque de la nature bat son plein,
et la poussière de nos jours
se dépose tout autour de nous
tandis que le soir tombe et que nous
nous accrochons à tous nos amours
comme à la prunelle de nos yeux.

St Cross cemetery, Oxford

This quiet dust was gentlemen and ladies
was lives with ambitions and hopes and dreams
heard other robins sing upon other branches
fished in other streams and knew every shade of love
This quiet dust knew wars that were won and lost
territories gained and others surrendered
knew peace and the pleasures
of community and common purpose

Here where the ivy has prospered
the cypress casts a deeper shade
but names on the stone have weathered
less well — some now well and truly
beyond reading  In this small space
a gathering of eras that have passed
as all things pass on journeys unknown

That day the rain held off
and the temperature was mild
winter blossom graced certain gardens
in which roses were pruned to the bone
and as night fell lovers hurried home
to each other’s arms
through the narrow streets
known to Donne and Dowland
to generations of poets and minstrels

Sweet stay a while why must you rise
the light you see comes from your eyes
and Emily who mined her life for meaning
lies too in her crib of dust oblivious
to the broken wings of bees
and butterflies that litter the soil
                                So make haste. . .

2015

John Lyons


Cimetière St Cross, Oxford

Cette poussière silencieuse fut jadis
des messieurs et des dames,
des vies faites d’ambitions,
d’espoirs et de rêves, entendit
d’autres rouges-gorges chanter
sur d’autres branches, pêcha
dans d’autres ruisseaux et connut
toutes les nuances de l’amour.

Cette poussière silencieuse connut
des guerres gagnées et perdues,
des territoires conquis et d’autres
abandonnés, connut la paix et les joies
de la communauté et du but commun.

Ici, où le lierre a prospéré, le cyprès
projette une ombre plus profonde,
mais les noms gravés dans la pierre
ont moins bien résisté au temps –
certains désormais illisibles. Dans
ce petit espace, un rassemblement d’époques
qui ont passé comme toute chose passe
au fil de voyages inconnus

Ce jour-là, la pluie s’abstint et la température
fut douce. Les fleurs d’hiver ornaient
certains jardins où les roses étaient taillées
à ras, et à la tombée de la nuit, les amoureux
se hâtèrent de rentrer se retrouver dans les bras
l’un de l’autre, par les ruelles étroites connues
de Donne et Dowland, et de générations
de poètes et de ménestrels.

Ma douce, reste un instant. Pourquoi dois-tu te lever ?
La lumière que tu vois vient de tes yeux,
et Emily, qui a tiré un sens des filons de sa vie,
réside elle aussi dans son berceau de poussière,
indifférente aux ailes brisées des abeilles
et des papillons qui jonchent le sol.                                 
                                Alors dépêchez-vous. . .

What if this is so

There’s a time too for silence
to live in the moment
to observe and to appreciate
how wordlessly the world
articulates its beauty
and how love between two
does not always require
verbal expression

Sometimes words
are mere obfuscation
an interference that disturbs
the flow of feelings
deeper than anything
tongue or lips can express

2018

John Lyons


Et si c’était vrai ?

Il y a aussi un temps pour le silence,
pour vivre l’instant présent,
pour observer et apprécier
la beauté du monde sans un mot,
et pour comprendre que l’amour
entre deux personnes ne requiert pas
toujours d’expression verbale.

Parfois, les mots ne sont
qu’une obscurcissement,
une interférence qui perturbe
le flux des sentiments,
des sentiments plus profonds
que tout ce que la langue
ou les lèvres peuvent exprimer.

Love is starlight

We know that the origin
and course of love
is light That is to say
all thing flow in that
direction : the birds
of the air : the beasts
of the fields : the river
that runs down to the sea

Whoever tires of the light
tires of their breath
grows weary of the old
tunes and seeks peace
in oblivion But from
my window I see
blue pigeons feeding
on the fresh buds of trees
We are at the cusp
of nesting season
love is starlight put
to good purpose

John Lyons


L’amour est lumière des étoiles

Nous savons que l’origine
et le cours de l’amour sont
lumière. Autrement dit,
tout va dans cette direction :
les oiseaux du ciel, les bêtes
des champs, le fleuve
qui se jette dans la mer.

Celui qui se lasse de la lumière,
se lasse de son souffle,
se lasse des vieilles mélodies
et cherche la paix dans l’oubli.
Mais de ma fenêtre, je vois
des pigeons bleus se nourrir
des bourgeons frais des arbres.
Nous sommes à l’aube
de la saison des nids. L’amour
est lumière des étoiles
mise à profit.

Flakes of time

I imagine soft flakes of time
gently falling through the universe,
the ash of moments invisible
to the naked eye which the heart
apprehends in the darkness
that shifts into light,
in the light that shifts
into darkness.

Three years of flowers
that flourished, faded
and then died—the images
abandoned in the mirror
along with the laughter
and the love. What it meant
to be together. What it means
to be apart

2017

John Lyons


Flocons de temps

J’imagine de doux flocons
de temps tombant délicatement
à travers l’univers, la cendre d’instants
invisibles à l’œil nu que le cœur
perçoit dans l’obscurité
qui se mue en lumière,
dans la lumière qui
se mue en obscurité.

Trois années de fleurs
qui ont éclos, fané, puis péri –
les images abandonnées
dans le miroir, avec les rires
et l’amour. Ce que signifiait
être ensemble. Ce que signifie
être séparés.

Brief beyond words

Moon over the bay
    the sea still
the wind still
    the night still
the time I carry
    within me still
my heart beating
    still

2017

John Lyons


Bref instant ineffable

La lune sur la baie,
    la mer calme,
le vent calme,
    la nuit calme,
le temps qui m’habite
    immobile, mon cœur
qui bat
    encore.

A single white swan

A single white swan
on the canal
up by Harrow Road
as though it had been
waiting for me
and that I had just
to admire the purity
of its plumage
the supple elegance
of its slow-bending neck
the necessary simplicity
of its being in the world
without a care
a promise of all good
things to come
in good time

2017

John Lyons

Un cygne blanc solitaire

Un cygne blanc solitaire,
sur le canal
près de Harrow Road,
comme s’il m’attendait,
et que je devais
simplement
admirer la pureté
de son plumage,
l’élégance souple de son cou
qui se courbait lentement,
la simplicité nécessaire
de son existence
sans souci,
la promesse de tous
les bonheurs à venir
en temps voulu.