The age I am

The age I am
The time and places
lived 

How often have I
shaken the tree
of knowledge –

the bitter fruit
of experience decomposed
at my feet

I have put
the dust of others
to rest

Although they carry
the emblems they know
nothing of peace

Notice how the old
never sigh : they have
seen it all

Flames no longer burn
the hands as they once
used to do

How I love the constellations
and the shape
of dreams to come

As you go
on your journey
I wish you well

I will not barter
for your kiss
down by the riverside

John Lyons


L’âge que j’ai

L’âge que j’ai,
le temps et les lieux
vécus.

Combien de fois
ai-je secoué l’arbre
de la connaissance ?

Le fruit amer de l’expérience
s’est décomposé
à mes pieds.

J’ai déposé
la poussière
des autres.

Bien qu’ils portent
les emblèmes, ils ignorent
tout de la paix.

Remarquez comme les anciens
ne soupirent jamais :
ils ont tout vu.

Les flammes
ne brûlent plus les mains
comme autrefois.

Que j’aime les constellations
et la forme des rêves
à venir !

Tandis que vous poursuivez
votre voyage, je vous souhaite
le meilleur.

Je ne marchanderai pas
votre baiser.
au bord de la rivière.

The shape of things

A sloop under sail
heading gently up river

Two white triangles
to capture the breeze

The boat bobbing
rhythmically
The wide water
flat and uneventful
Cause and effect

The sailor at one

with the world
A consciousness afloat
a love not of words

A fragment of eternity
Her kiss draws me in
under naked stars

John Lyons
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La forme des choses

Un sloop à la voile
remontant doucement le fleuve
Deux triangles blancs
pour saisir la brise

Le bateau qui tangue
en rythme
La vaste étendue d’eau
plane et paisible
Cause et effet

Le marin en osmose
avec le monde
Une conscience à la dérive
un amour qui se passe de mots

Un fragment d’éternité
Son baiser m’attire
sous les étoiles nues

Sunday impromptu

A large bumblebee hovering
for a moment
at the window pane :
we are on different sides
A dry leaf flutters by

Summer is still and silent
like the smooth river
drifting in the distance
out to sea, taking with it
the light and all the dust
of all our days

In the foreground
a tall steeple points a finger
up at the illusion we call sky
though some call it paradise
Time and space – we are defined
by these shifting coordinates

A quiet day in the neighbourhood
Your gentle pulse by my side
What began as desire
how will it all end?
I have loved for the span
of a lifetime but it was
never enough

There is always more to give
always more to receive
And so we embrace at daybreak
and wish each other well
What lies ahead? An impromptu
between our first and last words


John Lyons
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Impromptu du dimanche

Un gros bourdon
qui plane un instant
devant la vitre :
nous sommes de part et d’autre
Une feuille sèche passe en voletant

L’été est immobile et silencieux
comme le fleuve paisible
qui dérive au loin
vers la mer, emportant avec lui
la lumière et toute la poussière
de tous nos jours

Au premier plan
un haut clocher pointe le doigt
vers l’illusion que nous nommons ciel
bien que certains l’appellent paradis
Temps et espace — nous sommes définis
par ces coordonnées mouvantes

Une journée calme dans le quartier
Ton pouls paisible à mes côtés
Ce qui a commencé par le désir
comment tout cela finira-t-il ?
J’ai aimé durant toute
une vie, mais cela n’a
jamais suffi

Il y a toujours plus à donner
toujours plus à recevoir
Alors nous nous embrassons à l’aube
et nous nous souhaitons le meilleur
Qu’est-ce que l’avenir nous réserve ?
Un impromptu entre nos premiers
et nos derniers mots

Lips gorged on oxygen

Ink in print
        words draw
our attention to letters
        to lines
to shapes
        on the page

India ink
        on white vellum
the supple document
        of her skin
upon which
        I trace the syllables
love and now
        and forever

some inkling she has
        of the messages
my fingertips drum
        on her bones
signals that urgently
        alert her breath
as love pulses
        through her veins
and desire thrusts her
        into battle
and her pale lips
        gorge on oxygen

John Lyons
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Des lèvres gorgées d’oxygène

Encre d’imprimerie
        les mots attirent
notre regard sur les lettres
        sur les lignes
sur les formes
        à la surface de la page

Encre de Chine
        sur le vélin blanc
ce document souple
        qu’est sa peau
sur lequel
        je trace les syllabes
amour et maintenant
        et pour toujours

elle a quelque idée
        des messages que
le bout de mes doigts tambourine
        sur ses os
des signaux qui alertent
        dans l’urgence son souffle
tandis que l’amour palpite
        dans ses veines
et que le désir la propulse
        au cœur de la bataille
et que ses lèvres pâles
        se gorgent d’oxygène

Love that sets the path

Light that reaches back
to the origin of light
the original species
of light from which
all emanates

Has time ever stood still ?
Has movement ever ceased ?
The universe that expands
within our minds
within our hearts
all energy recycled
all growth turned
to advantage

So too love
in all its leisure
and our internal life
governed by purpose
and by attraction
by what we call desire
the passion that fires up
the humbled penitent soul
to action

Love that reaches back
into all our yesterdays
Love that sets the path
for all our days to come

2016

John Lyons
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L’amour qui trace le chemin,

La lumière qui remonte
à l’origine même de la lumière,
à l’espèce originelle
d’où tout émane.

Le temps s’est-il jamais arrêté ?
Le mouvement a-t-il jamais cessé ?
L’univers qui s’étend dans nos esprits,
dans nos cœurs, toute énergie recyclée,
toute croissance mise à profit.

Ainsi en est-il de l’amour
dans toute sa quiétude,
et de notre vie intérieure,
gouvernée par le dessein
et par l’attraction, par ce que
nous appelons désir, la passion
qui enflamme l’âme humble
et repentante, l’incitant à l’action.

L’amour qui remonte
à tous nos passés,
l’amour qui trace le chemin
de tous nos jours à venir.

Love thicker than blood

Love thicker than blood
deeper than any sea
freer than any air
an incandescent fire

sky cannot shelter it
nor the moon illuminate
its furthest actions or
its deeper recesses

love longer than time
more encompassing
than any space
more succinct

than any word
No battle can ever
defeat it no betrayal
ever taint it

Love thicker than blood
more compelling
than any kiss
love is what it is


John Lyons
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Un amour plus dense que le sang

Un amour plus dense que le sang
plus profond que toute mer
plus libre que tout air
un feu incandescent

le ciel ne peut l’abriter
ni la lune éclairer
ses actes les plus lointains ou
ses recoins les plus profonds

un amour plus long que le temps
plus vaste
que tout espace
plus concis

que tout mot
Aucune bataille ne saurait
le vaincre, aucune trahison
jamais le souiller

Un amour plus dense que le sang
plus irrésistible
que tout baiser
l’amour est ce qu’il est

Love in Sète

The undoing of distance
poetry that unpicks time
that puts two and two together
though in this case one

High on a hill
overlooking the harbour
we celebrated Easter
and after ate bouillabaisse
as the dusk gathered
in alleys and street corners
and bathed the dust
in darkness

Above us
the cemetery sky
filled with inevitable stars
and that night her kiss
sent a shiver down my spine
life and death tasted
on the same tongue

I remembered an owl
crying in the wind
I remembered the rafters
where spiders prowled
in the early hours
before dawn

I remembered that age
was rendered meaningless
in a universe of decrepit light
and that the pain of pleasure
was the certainty of loss

What could I possibly
have known of love
all those years ago
and what could I possibly
tell you now
and why should you care?

2016

John Lyons
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L’amour à Sète

La poésie qui défait la distance,
qui défait le temps,
qui relie deux et deux,
même si dans ce cas,
il n’y en a qu’un.

Sur une colline dominant le port,
nous avons fêté Pâques et ensuite
mangé de la bouillabaisse
tandis que le crépuscule s’installait
dans les ruelles et aux coins des rues
et baignait la poussière dans l’obscurité.

Au-dessus de nous, le ciel du cimetière
était rempli d’étoiles inévitables
et cette nuit-là, son baiser m’a fait frissonner.
La vie et la mort avaient le même goût
sur la même langue.

Je me suis souvenu d’un hibou
qui hululait dans le vent.
Je me suis souvenu des poutres
où les araignées rôdaient
aux premières heures avant l’aube.

Je me suis souvenu que les âges
étaient rendus insignifiants dans
un univers de lumière décrépite
et que la douleur du plaisir
était la certitude de la perte.

Que pouvais-je bien savoir de l’amour
il y a toutes ces années et que pourrais-je
bien te dire maintenant et pourquoi
devrais-tu t’en soucier ?

Nothing ever ends

Nothing ever ends
nothing is ever finished –
a portrait, a poem, nothing
is ever complete
And so a day a week a year
a lifetime : how could love
ever be exhausted

A cluster of actions condensed around
a burning star, ash of our hours
in which the kiss is mightier
than the sword

In Margravine we sat
and consumed our love as squirrels
played among the headstones
and we were driven by the wisdom
of our feelings

Bluebells grew in the shadow
of the cemetery wall, and here and there
crocuses and daffodils

There is no reason
for love : it simply is
of necessity and brooks
no denial    So too poetry
the passion according
to my heart

2016

John Lyons
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Rien ne finit jamais

Rien ne finit jamais,
n
i rien ne s’achève –
un portrait, un poème,
rien n’est jamais complet.
Ainsi, un jour, une semaine,
une année, une vie entière :
comment l’amour pourrait-il
jamais s’épuiser ?

Un amas d’actions condensées
autour d’une étoile ardente,
cendres de nos heures où le baiser
est plus puissant que l’épée.

À Margravine, nous nous sommes assis
à consumer notre amour, tandis que
des écureuils jouaient parmi
les pierres tombales, guidés
par la sagesse de nos sentiments.

Des jacinthes des bois poussaient
à l’ombre du mur du cimetière,
et çà et là des crocus et des jonquilles.

L’amour n’a pas de raison d’être :
il est simplement une nécessité
et ne souffre d’aucune négation.
Ainsi en est-il de la poésie,
la passion selon mon cœur.

A kiss out of kindness

A kiss out of kindness
red lips and a scarlet coat
and a blue sky and green leaves
and a long walk at a healthy pace
and a breathless arrival
sweetness and light, the fingers are short
the nails trim and with the markings
that belie her age
the eyes are sandy brown
and they dart from side to side
restless and enquiring

And a kiss out of kindness
and the river flows
and the swans ride it
and the ducks come and go as if
owning the place
and the wind lifts her hair
and she talks a good talk
says that roses are elegant
but violets are true
that she will light a candle
so that our love will prosper
and the ivy clings
to the old college walls
and he holds her hand tightly
pressing the warm flesh

And she smiles at the shadows
and lowers her voice
makes the train feel at home
and says love be not shy
love be ever so bold
and the streets hear her coming
her heels on the stones
there are two on the table
and dust on the floor
they could make love forever
and always want more

2016

John Lyons
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Un baiser par pure gentillesse

Un baiser par pure gentillesse,
des lèvres rouges, manteau écarlate,
ciel bleu, et des feuilles vertes,
une longue marche à un pas solide,
une arrivée à couper le souffle,
douceur et légèreté, les doigts courts,
les ongles taillés, avec des marques
qui ne trahissent pas son âge
les yeux brun sable, vifs et curieux.

Et un baiser par pure gentillesse,
la rivière coule, les cygnes la chevauchent,
les canards vont et viennent
comme chez eux, le vent soulève
ses cheveux, elle parle longuement,
dit que les roses sont élégantes
mais les violettes sont sincères,
qu’elle allumera une bougie
pour que leur amour prospère,
le lierre s’accroche aux murs
du vieux collège, il lui serre la main,
pressant sa chair chaude.

Et elle sourit aux ombres,
et baisse la voix, rend le train familier,
dit : « Amour, ne sois pas timide,
sois toujours audacieux, amour. »
Les rues l’entendent arriver,
ses talons sur les pavés.
iI y en a deux sur la table,
de la poussière sur le sol,
ils pourraient faire l’amour
pour toujours et toujours
en vouloir plus.

Love story – chapter eleven laid bare

Mousy brown hair
          neither short nor long
thin frame thin legs
          a pretty face
lips thin ears unseen
          modesty prevailed

A fast walker
          a fast talker
an inquisitive mind
          but softly spoken

Did he hear what she wanted
          or did she want what she heard ?
Was there ice on the road perhaps
          a quick flurry of snow 
just not enough to get excited ?

Did he kiss or she kiss him
          or did they not kiss at all
or did they hug or embrace
          or the arms merely entwine
or did they part with no word
          at all ?
And

Did she care if he cared
          or even know
what he might feel
          and if she did
did she care really care
          I mean
                    at all ?

2016

John Lyons
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Histoire d’amour – chapitre onze dévoilé

Cheveux châtain clair,
          ni courts ni longs,
silhouette fine, jambes fines,
          joli visage,
lèvres fines, oreilles fines,
          la pudeur régnait.

Une personne d’un pas rapide,
          à la parole rapide,
à l’esprit curieux,
          mais à la voix douce.

A-t-il entendu ce qu’elle désirait,
          ou désirait-elle ce qu’elle entendait ?
Y avait-il du verglas sur la route, peut-être
          une brève averse de neige,
juste assez pour ne pas s’emballer ?

          L’a-t-il embrassée, ou elle lui,
ou se sont-ils pas embrassés du tout 
          ou simplement se sont-ils enlacés les bras ?

Et

Cela avait-il de l’importance pour elle —
          si tant est que cela en eût pour lui —
ou même savait ce qu’il pouvait ressentir ?
          Et si elle le savait,
est-ce que cela vraiment
          comptait pour elle ?