Then suddenly the light fails
and the night is pitch black
and all you can hear is the sound
of bombs and sirens going off
but it is not the Trojan War
and in the dark you become
an alphabet and you work
your way through the letters
and when they are exhausted
you turn to the comfort
of numbers and sooner or
later geometric puzzles
occur to you and you attempt
to solve them and Euclid
would be so proud if he
could see you and you are
underground in a cellar
or a bomb shelter and
there are young children crying
and mothers feeding their
babies and generations
of tears rolling down the cheeks
of the elderly who have seen it
all before and know where
everything is heading and
have tired of the same old
questions and the same old
answers and a whistle blows
and they remember an old
steam train that long ago
they hoped would take them
far far away to new life where
there would be no war
John Lyons
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Pour la fin de la guerre
Puis soudain, la lumière s’éteint,
la nuit est noire comme l’encre
et l’on n’entend plus que le bruit
des bombes et des sirènes. Mais
ce n’est pas la guerre de Troie.
Dans l’obscurité, vous devenez
un alphabet et vous parcourez les lettres.
Quand elles sont épuisées, vous vous tournez
vers le réconfort des chiffres. Tôt ou tard,
des énigmes géométriques vous viennent
à l’esprit et vous tentez de les résoudre.
Euclide serait si fier s’il pouvait vous voir.
Vous êtes sous terre, dans la cave ou
dans un abri anti-bombes. Des enfants
pleurent, des mères allaitent leurs bébés
et des générations de larmes coulent
sur les joues des anciens qui ont tout vu,
qui savent où tout cela va les mener
et qui sont las des mêmes vieilles questions
et des mêmes vieilles réponses.
Et un coup de sifflet retentit, et
ils se souviennent d’un vieux train
à vapeur qui, ils l’avaient espéré,
les emmènerait loin, vers une nouvelle vie
où il n’y aurait plus de guerre.
Enigmatic light
How can there be darkness
in a universe made of light
how can extreme cold exist
in this cauldron of fire –
and unkindness and a lack
of love in a world where
sparrows and foxes come
and go with no agenda
other than to live to the full
where trees blossom
and bear fruit where
every living creature
has its hour of glory
and greed and envy
and anger and deceit
are quite unknown
John Lyons
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Lumière énigmatique
Comment peut-il y avoir des ténèbres
dans un univers fait de lumière ?
Comment un froid extrême peut-il
exister dans ce chaudron de feu ?
Et la méchanceté et le manque
d’amour dans un monde où
les moineaux et les renards vont
et viennent sans autre but
que de vivre pleinement, où les arbres
fleurissent et portent leurs fruits,
où chaque créature vivante
a son heure de gloire et l’avidité,
l’envie, la colère et la tromperie
y sont totalement inconnues ?
A clear day and no memories
A clear day and no memories
I sip coffee at daybreak and
stare out at the ragged horizon
drawn by the ancient woodland
Overnight it rained gently
but enough to subdue
the giving earth—
summer is its busy season
so much bloom and blossom
so much fruit on the vine
so many nests to find
for new arrivals
from distant lands
I hear the constant coo
of pigeons and the thin
trill of the dawn chorus
as nature stakes its claim
to a life of peace
Wherever
there is war in this world
the birds will always
rise above it
John Lyons
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Une journée claire, sans souvenirs
Une journée claire, sans souvenirs.
Je sirote mon café à l’aube et contemple
l’horizon déchiqueté dessiné
par la forêt ancestrale.
La nuit dernière, il a plu doucement,
mais suffisamment pour apaiser
la terre généreuse. L’été est
sa saison intense : tant de floraisons,
tant de fruits sur les vignes,
tant de nids à trouver
pour les nouveaux arrivants
venus de contrées lointaines.
J’entends le roucoulement incessant
des pigeons et le léger chant
du chœur des oiseaux à l’aube.
La nature revendique une vie de paix.
Partout
où règne la guerre en ce monde,
les oiseaux s’élèveront
toujours au-dessus.
Perros-Guirec, 1966
And so the remains of memory
the rabbits fed on wheat husks
mackerel fished
throughout the summer
to provide for the winter
paddling out to the island
in the kayak
we had built in the garage
soaking up the sun
on those endless innocent days
the first taste of conger eel
the first taste of wine
the first taste of a girl’s lips
an inkling of what love might be
in the years to come
the pleasure and the pain
John Lyons
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Perros-Guirec, 1966
Et alors, les restes de la mémoire,
les lapins nourris avec des balles
de blé, les maquereaux pêchés
tout l’été pour subvenir aux besoins
de l’hiver, pagayer jusqu’à l’île
dans le kayak que nous avions
construit dans le garage,
profiter du soleil pendant ces jours
innocents sans fin, le premier
avant-goût du congre,
le premier avant-goût du vin,
le premier avant-goût des lèvres
d’une jeune fille, une idée
de ce que pourrait être l’amour
dans les années à venir,
le plaisir et la douleur.
2019
My heart laid bare

Let’s call it songrise
when the light breaks
across the horizon
and sparrows come
to sing at my window
Hers was a face made
before the world was born
formed from the energy
of dark drifting stars
her hair spun from silence
Here let my heart be laid bare
muscular intuitions shaped
in the vanity of words
All things may be numbered
days years and the hours
in which love multiplies
in endless invention
How many times did I kiss
those scarlet lips and look
into those soft tempting eyes
2021
John Lyons
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Mon cœur mis à nu
Appelons cela le chant du lever,
quand la lumière perce l’horizon
et que les moineaux viennent
chanter à ma fenêtre.
Son visage était fait avant
la naissance du monde,
formé de l’énergie des étoiles
sombres et errantes, ses cheveux
tissés du silence.
Ici, que mon cœur soit mis à nu,
des intuitions puissantes façonnées
par la vanité des mots. Tout
peut être compté : les jours,
les années et les heures
dans lesquelles l’amour se multiplie
en une invention sans fin. Combien
de fois ai-je embrassé ces lèvres écarlates
et plongé mon regard dans
ces yeux doux et tentateurs ?
The early morning air in Shoreditch
I love the early morning air
the way it hits the lungs
and tells me how good it is
to be alive and to be walking
the streets around Shoreditch
where Shakespeare once performed
in the early hours
just before the offices open
It’s one of the most alive places
on the planet
full of the real buzz of life
people who have come
from their beds
with fresh energy
ready to engage with the day
with the win-some lose-some
open mind you get
from a good night’s sleep
I love the bustle and the jostle
of people prepared
to make a go of it
I love the sound of friendship
in the air as people greet or part
and go on their way to work
I love the simple affections
that bind us all together
and the deep love
in my heart
2019
John Lyons
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L’air du petit matin à Shoreditch
J’adore l’air du petit matin,
la façon dont il emplit mes poumons
et me confirme combien
il est bon d’être en vie et de flâner
dans les rues de Shoreditch,
où Shakespeare jouait autrefois,
aux aurores, juste avant l’ouverture
des bureaux. C’est l’un des endroits
les plus vivants de la planète,
vibrant de l’énergie du quotidien,
avec des gens qui se lèvent
avec une énergie fraîche,
prêts à affronter la journée avec
cette ouverture d’esprit que procure
une bonne nuit de sommeil,
ce sentiment d’imprévisibilité
propre aux aléas de la vie.
J’aime l’effervescence
et la cohue des gens,
prêts à se lancer. J’aime
entendre les salutations amicales,
les adieux, et la hâte de se rendre au travail.
J’aime les simples marques d’affection
qui nous unissent et l’amour profond
qui remplit mon cœur.
The first duty
The first duty
is to honour
the love we share
to kiss and make up
to make amends
for words unsaid
for deeds undone
and hurt unmeant
Eternity condenses
into kisses into smiles
into songs of innocence
and experience
The first duty
is to put the past
to bed
to rise
with the lark
to step away
from blindness
and raise a glass
to trust
in love
2019
John Lyons
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Le premier devoir
Le premier devoir
est d’honorer l’amour
que nous partageons,
de se réconcilier,
de faire amende honorable
pour les mots non dits,
les actes non accomplis
et les blessures involontaires.
L’éternité se condense
en baisers, en sourires,
en chants d’innocence
et d’expérience.
Le premier devoir est
de laisser le passé
derrière soi,
de se lever avec l’alouette,
de sortir de l’aveuglement
et de lever son verre
et de faire confiance
et trinquer à l’amour
Down by Putney Bridge

Down by Putney Bridge
slow day descending
into darkness –
river high
but not unduly
temperature falling
but not that cold –
late joggers
back and forth
ducks and geese
on the causeway –
first lights of evening
I watch the waters flow
I think of you
your one betrayal
after another
2020
John Lyons
___________________________________
Près du pont de Putney
Près du pont de Putney,
la journée s’étire lentement
vers la nuit –
la rivière est haute
mais pas excessivement,
la température baisse
mais il ne fait pas si froid –
des joggeurs tardifs
Des canards et des oies
vont et viennent sur la chaussée –
premières lueurs du soir
Je regarde l’eau couler
Je pense à toi
tes trahisons successives
Generations of stars
Generations of leaves
have fallen
will fall
She leaves in winter
and returns in the fall
hopefully
Generations of lovers
have filled
will fill the earth
with their joy
My love left
without so much
as a by your leave
Blue sky today
effortless
I read
turn over a new leaf
We live in the light
Generations of stars
have taught us
that time withers
on the oak branch
that fruit falls
and flesh perishes
but life rises up
out of the dust
that stars age into
immortality
2020
John Lyons
_______________________
Des générations d’étoiles
Des générations de feuilles
sont tombées,
tomberont encore.
Elle part en hiver
et revient à l’automne,
espérons-le.
Des générations d’amoureux
ont rempli, rempliront
encore la terre
de leur joie.
Mon amour est parti
sans même un « au revoir
Ciel bleu aujourd’hui,
sans effort.
Je lis, je tourne
une nouvelle page.
Nous vivons dans la lumière.
Des générations d’étoiles
nous ont appris que le temps
se flétrit sur la branche du chêne,
que les fruits tombent
et que la chair périt,
mais que la vie renaît
de la poussière,
que les étoiles vieillissent
jusqu’à l’immortalité.
Plain sense
The plain sense of things
the end of the imagination ?
I don’t think so— and certainly
not for a fallen leaf
We imagine all our lives
we envisage and plan and hope
and sometimes pray
and whether we gamble or not
we are always calculating odds
she loves me she loves me not
Stare out from the train
as it passes Deptford Green
where children still skateboard
within office hours
where the ornamental pond
is covered in thick green slime
the trees bare these winter days
and all the time I’m imagining
what will happen next
and where will it end
and I think of all those
I have loved and love still
and wonder what they’re about
imagining all the time so that
nothing inanimate or inert
will ever lay down the law
and condemn me to silence
Thoughts and feelings are
expressions sometimes
voiced sometimes not
and our world a construct
of collective consciousness
so fragile it could pass
in the blink of an eye
2017
John Lyons
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Le sens simple
Le sens simple des choses,
la fin de l’imagination ?
Je ne le crois pas – et certainement
pas pour une feuille morte.
Nous imaginons toute notre vie,
nous envisageons, planifions, espérons,
et parfois prions. Que nous prenions
des risques ou non, nous calculons
sans cesse les probabilités :
elle m’aime, elle ne m’aime pas.
Je regarde par la fenêtre du train
qui passe devant Deptford Green,
où les enfants font encore du skate
pendant les heures de bureau,
où le bassin ornemental est recouvert
d’une épaisse vase verte, où les arbres
sont nus en ces jours d’hiver.
Et pendant tout ce temps,
j’imagine ce qui va se passer ensuite,
où cela va finir. Je pense à tous ceux
que j’ai aimés et que j’aime encore,
et je me demande ce qu’ils deviennent.
J’imagine sans cesse, pour que rien
d’inanimé ou d’inerte ne puisse jamais
me dicter ma loi et me condamner au silence.
Les pensées et les sentiments
sont des expressions, parfois exprimées,
parfois non, et notre monde, une construction
de conscience collective si fragile
qu’il pourrait disparaître en un clin d’œil.