Light that reaches back
to the origin of light
the original species
of light from which
all emanates
Has time ever stood still ?
Has movement ever ceased ?
The universe that expands
within our minds
within our hearts
all energy recycled
all growth turned
to advantage
So too love
in all its leisure
and our internal life
governed by purpose
and by attraction
by what we call desire
the passion that fires up
the humbled penitent soul
to action
Love that reaches back
into all our yesterdays
Love that sets the path
for all our days to come
2016
John Lyons
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L’amour qui trace le chemin,
La lumière qui remonte
à l’origine même de la lumière,
à l’espèce originelle
d’où tout émane.
Le temps s’est-il jamais arrêté ?
Le mouvement a-t-il jamais cessé ?
L’univers qui s’étend dans nos esprits,
dans nos cœurs, toute énergie recyclée,
toute croissance mise à profit.
Ainsi en est-il de l’amour
dans toute sa quiétude,
et de notre vie intérieure,
gouvernée par le dessein
et par l’attraction, par ce que
nous appelons désir, la passion
qui enflamme l’âme humble
et repentante, l’incitant à l’action.
L’amour qui remonte
à tous nos passés,
l’amour qui trace le chemin
de tous nos jours à venir.
Love thicker than blood
Love thicker than blood
deeper than any sea
freer than any air
an incandescent fire
sky cannot shelter it
nor the moon illuminate
its furthest actions or
its deeper recesses
love longer than time
more encompassing
than any space
more succinct
than any word
No battle can ever
defeat it no betrayal
ever taint it
Love thicker than blood
more compelling
than any kiss
love is what it is
John Lyons
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Un amour plus dense que le sang
Un amour plus dense que le sang
plus profond que toute mer
plus libre que tout air
un feu incandescent
le ciel ne peut l’abriter
ni la lune éclairer
ses actes les plus lointains ou
ses recoins les plus profonds
un amour plus long que le temps
plus vaste
que tout espace
plus concis
que tout mot
Aucune bataille ne saurait
le vaincre, aucune trahison
jamais le souiller
Un amour plus dense que le sang
plus irrésistible
que tout baiser
l’amour est ce qu’il est
Love in Sète
The undoing of distance
poetry that unpicks time
that puts two and two together
though in this case one
High on a hill
overlooking the harbour
we celebrated Easter
and after ate bouillabaisse
as the dusk gathered
in alleys and street corners
and bathed the dust
in darkness
Above us
the cemetery sky
filled with inevitable stars
and that night her kiss
sent a shiver down my spine
life and death tasted
on the same tongue
I remembered an owl
crying in the wind
I remembered the rafters
where spiders prowled
in the early hours
before dawn
I remembered that age
was rendered meaningless
in a universe of decrepit light
and that the pain of pleasure
was the certainty of loss
What could I possibly
have known of love
all those years ago
and what could I possibly
tell you now
and why should you care?
2016
John Lyons
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L’amour à Sète
La poésie qui défait la distance,
qui défait le temps,
qui relie deux et deux,
même si dans ce cas,
il n’y en a qu’un.
Sur une colline dominant le port,
nous avons fêté Pâques et ensuite
mangé de la bouillabaisse
tandis que le crépuscule s’installait
dans les ruelles et aux coins des rues
et baignait la poussière dans l’obscurité.
Au-dessus de nous, le ciel du cimetière
était rempli d’étoiles inévitables
et cette nuit-là, son baiser m’a fait frissonner.
La vie et la mort avaient le même goût
sur la même langue.
Je me suis souvenu d’un hibou
qui hululait dans le vent.
Je me suis souvenu des poutres
où les araignées rôdaient
aux premières heures avant l’aube.
Je me suis souvenu que les âges
étaient rendus insignifiants dans
un univers de lumière décrépite
et que la douleur du plaisir
était la certitude de la perte.
Que pouvais-je bien savoir de l’amour
il y a toutes ces années et que pourrais-je
bien te dire maintenant et pourquoi
devrais-tu t’en soucier ?
Nothing ever ends
Nothing ever ends
nothing is ever finished –
a portrait, a poem, nothing
is ever complete
And so a day a week a year
a lifetime : how could love
ever be exhausted
A cluster of actions condensed around
a burning star, ash of our hours
in which the kiss is mightier
than the sword
In Margravine we sat
and consumed our love as squirrels
played among the headstones
and we were driven by the wisdom
of our feelings
Bluebells grew in the shadow
of the cemetery wall, and here and there
crocuses and daffodils
There is no reason
for love : it simply is
of necessity and brooks
no denial So too poetry
the passion according
to my heart
2016
John Lyons
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Rien ne finit jamais
Rien ne finit jamais,
ni rien ne s’achève –
un portrait, un poème,
rien n’est jamais complet.
Ainsi, un jour, une semaine,
une année, une vie entière :
comment l’amour pourrait-il
jamais s’épuiser ?
Un amas d’actions condensées
autour d’une étoile ardente,
cendres de nos heures où le baiser
est plus puissant que l’épée.
À Margravine, nous nous sommes assis
à consumer notre amour, tandis que
des écureuils jouaient parmi
les pierres tombales, guidés
par la sagesse de nos sentiments.
Des jacinthes des bois poussaient
à l’ombre du mur du cimetière,
et çà et là des crocus et des jonquilles.
L’amour n’a pas de raison d’être :
il est simplement une nécessité
et ne souffre d’aucune négation.
Ainsi en est-il de la poésie,
la passion selon mon cœur.
A kiss out of kindness
A kiss out of kindness
red lips and a scarlet coat
and a blue sky and green leaves
and a long walk at a healthy pace
and a breathless arrival
sweetness and light, the fingers are short
the nails trim and with the markings
that belie her age
the eyes are sandy brown
and they dart from side to side
restless and enquiring
And a kiss out of kindness
and the river flows
and the swans ride it
and the ducks come and go as if
owning the place
and the wind lifts her hair
and she talks a good talk
says that roses are elegant
but violets are true
that she will light a candle
so that our love will prosper
and the ivy clings
to the old college walls
and he holds her hand tightly
pressing the warm flesh
And she smiles at the shadows
and lowers her voice
makes the train feel at home
and says love be not shy
love be ever so bold
and the streets hear her coming
her heels on the stones
there are two on the table
and dust on the floor
they could make love forever
and always want more
2016
John Lyons
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Un baiser par pure gentillesse
Un baiser par pure gentillesse,
des lèvres rouges, manteau écarlate,
ciel bleu, et des feuilles vertes,
une longue marche à un pas solide,
une arrivée à couper le souffle,
douceur et légèreté, les doigts courts,
les ongles taillés, avec des marques
qui ne trahissent pas son âge
les yeux brun sable, vifs et curieux.
Et un baiser par pure gentillesse,
la rivière coule, les cygnes la chevauchent,
les canards vont et viennent
comme chez eux, le vent soulève
ses cheveux, elle parle longuement,
dit que les roses sont élégantes
mais les violettes sont sincères,
qu’elle allumera une bougie
pour que leur amour prospère,
le lierre s’accroche aux murs
du vieux collège, il lui serre la main,
pressant sa chair chaude.
Et elle sourit aux ombres,
et baisse la voix, rend le train familier,
dit : « Amour, ne sois pas timide,
sois toujours audacieux, amour. »
Les rues l’entendent arriver,
ses talons sur les pavés.
iI y en a deux sur la table,
de la poussière sur le sol,
ils pourraient faire l’amour
pour toujours et toujours
en vouloir plus.
Love story – chapter eleven laid bare
Mousy brown hair
neither short nor long
thin frame thin legs
a pretty face
lips thin ears unseen
modesty prevailed
A fast walker
a fast talker
an inquisitive mind
but softly spoken
Did he hear what she wanted
or did she want what she heard ?
Was there ice on the road perhaps
a quick flurry of snow
just not enough to get excited ?
Did he kiss or she kiss him
or did they not kiss at all
or did they hug or embrace
or the arms merely entwine
or did they part with no word
at all ?
And
Did she care if he cared
or even know
what he might feel
and if she did
did she care really care
I mean
at all ?
2016
John Lyons
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Histoire d’amour – chapitre onze dévoilé
Cheveux châtain clair,
ni courts ni longs,
silhouette fine, jambes fines,
joli visage,
lèvres fines, oreilles fines,
la pudeur régnait.
Une personne d’un pas rapide,
à la parole rapide,
à l’esprit curieux,
mais à la voix douce.
A-t-il entendu ce qu’elle désirait,
ou désirait-elle ce qu’elle entendait ?
Y avait-il du verglas sur la route, peut-être
une brève averse de neige,
juste assez pour ne pas s’emballer ?
L’a-t-il embrassée, ou elle lui,
ou se sont-ils pas embrassés du tout
ou simplement se sont-ils enlacés les bras ?
Et
Cela avait-il de l’importance pour elle —
si tant est que cela en eût pour lui —
ou même savait ce qu’il pouvait ressentir ?
Et si elle le savait,
est-ce que cela vraiment
comptait pour elle ?
Schumann plays Martha Argerich
There she sits at the piano
surrounded by the orchestra
biding her time
awaiting instructions
and what is surprising
is the simplicity of the scene
her hair is long and entirely grey
her clothes not in the least distracting
and she appears to be without makeup
without the slightest artifice
sitting there delicately poised
awaiting the command to perform
and so it begins allegro affettuoso
as Charles Dutoit strikes up the orchestra
and Martha engages with the instrument
but at times the piano is silent
and her body gently rocks
from side to side following the rhythm
but still biding her time
or should I say his time
because through her
we feel the presence of Schumann
because she has embodied his score
she has taken it into the depths
of her sensibility so that her hands
have become Schumann’s hands
her mind and all her emotions
suffused with the ardour of the notes
first played by Clara in representation
of the composer’s marriage
And what we hear is indeed a marriage
between the conductor and soloist
between both of them and the orchestra
because the performance
has indeed been fully orchestrated
a melodic time capsule of emotions
in which years count for nothing
as each note leaves its signature
on all who are present
the great collective within the confines
of the great concert hall
Martha the survivor
in a world of survivors
alive in the music that never dies
John Lyons
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Schumann joue Martha Argerich
La voici assise au piano, entourée de l’orchestre
attendant son heure, guettant le signal
et ce qui surprend c’est la simplicité de la scène.
Ses cheveux sont longs et tout à fait gris.
Sa tenue ne distrait en rien le regard,
et elle semble sans maquillage,
dépourvue du moindre artifice,
assise là, dans une posture délicate
attendant
l’ordre de jouer.
Et tout commence alors, allegro affettuoso
tandis que Charles Dutoit lance l’orchestre
et que Martha entre en dialogue avec l’instrument.
Mais parfois le piano se tait
et son corps se balance doucement
de gauche à droite, au gré du rythme,
tout en attendant encore son heure
ou devrais-je dire son heure à lui
car à travers elle nous sentons
la présence de Schumann
puisqu’elle a fait corps avec sa partition
elle l’a accueillie au plus profond
de sa sensibilité, si bien que ses mains
sont devenues les mains de Schumann
son esprit et toutes ses émotions
imprégnés de l’ardeur des notes
jouées jadis par Clara pour évoquer
le mariage du compositeur
Et ce que nous entendons est bel et bien
une union entre le chef d’orchestre
et le soliste, entre eux deux et l’orchestre
car l’interprétation a été véritablement orchestrée
une capsule temporelle mélodique d’émotions
où les années ne comptent pas,
chaque note laissant son empreinte
sur tous les présents, dans l’enceinte
de la grande salle de concert, Martha,
la survivante dans un monde de survivants
vivante dans la musique
qui ne meurt jamais.
Beauty is not fragile
Beauty is not fragile
it’s what persists
despite adversity
despite pain and loss
for example the rose
that returns season
after season its dignity
unabashed by icy storms
and as one year’s petals
wither and die new buds
are forming deep within
awaiting their moment
or the beauty of oaks
centuries old bastions
of ancient woodlands
and wide open meadows
custodians of time
and of the earth
and the eternal cycle
of life and death
John Lyons
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La beauté n’est pas fragile
La beauté n’est pas fragile
elle est ce qui perdure
malgré l’adversité
malgré la douleur et la perte.
Comme la rose, par exemple
qui retrouve, saison
après saison, sa dignité
sans se laisser abattre
par les tempêtes glaciales.
Et tandis que les pétales d’une année
flétrissent et meurent,
de nouveaux bourgeons
se forment au plus profond
attendant leur heure.
Ou la beauté des chênes,
bastions séculaires
des forêts ancestrales
et des vastes prairies,
gardiens du temps
et de la terre
et du cycle éternel
de la vie et de la mort
Awesome beauty
That sense of wonderment
when the mind not to say the body
is blown away by beauty
That she is rose and flesh
all woven from light
Here in the place of birth
her hair tangled by the brisk breeze
her eyes damp with remembrance
with loss
At night she grinds her teeth
the lost innocence
the years misspent
in pointless pursuits
The child in her – a figment
of the imagination
She who was once rose
now on the threshold of dust
at the dissolution of time
where the sea thrashes
the ocean’s edge and peace alone
comes to creatures that swim
with the tide
2015
John Lyons
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Une beauté saisissante
Ce sentiment d’émerveillement
quand l’esprit, pour ne pas dire le corps,
est bouleversé par la beauté.
Elle qui est rose et chair
tissée tout entière de lumière.
Ici, sur le lieu de sa naissance
ses cheveux emmêlés par la brise vive,
ses yeux humides de souvenirs
et de perte.
La nuit, elle grince des dents,
l’innocence perdue,
les années gâchées
dans des quêtes vaines.
L’enfant en elle — une pure
invention de l’imagination.
Elle, qui fut jadis rose, se trouve
désormais au seuil de la poussière
à la dissolution du temps
là où la mer se déchaîne
au bord de l’océan,
et où la paix n’est donnée
qu’aux créatures qui nagent
au gré de la marée
The past of rich remembrance
The past of rich remembrance
the smell of it under blue skies
the taste and touch of it
endless hope stretching out
beyond days beyond years
lounging on summer lawns
or under the innocent shade of trees
there where in her eyes I once saw
there is such a thing as heaven
somewhere I so longed to be
2015
John Lyons
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Ce passé aux riches souvenirs
Ce passé aux riches souvenirs,
son parfum sous un ciel bleu
Sa saveur et son toucher
Un espoir infini qui se déploie
Au-delà des jours, au-delà des années
À flâner sur les pelouses d’été
Ou sous l’ombre innocente des arbres
Là où, dans ses yeux, j’ai vu jadis
Que le paradis existe bel et bien
Un lieu où je désirais tant être