Flakes of time

I imagine soft flakes of time
gently falling through the universe,
the ash of moments invisible
to the naked eye which the heart
apprehends in the darkness
that shifts into light,
in the light that shifts
into darkness.

Three years of flowers
that flourished, faded
and then died—the images
abandoned in the mirror
along with the laughter
and the love. What it meant
to be together. What it means
to be apart

2017

John Lyons


Flocons de temps

J’imagine de doux flocons
de temps tombant délicatement
à travers l’univers, la cendre d’instants
invisibles à l’œil nu que le cœur
perçoit dans l’obscurité
qui se mue en lumière,
dans la lumière qui
se mue en obscurité.

Trois années de fleurs
qui ont éclos, fané, puis péri –
les images abandonnées
dans le miroir, avec les rires
et l’amour. Ce que signifiait
être ensemble. Ce que signifie
être séparés.

Brief beyond words

Moon over the bay
    the sea still
the wind still
    the night still
the time I carry
    within me still
my heart beating
    still

2017

John Lyons


Bref instant ineffable

La lune sur la baie,
    la mer calme,
le vent calme,
    la nuit calme,
le temps qui m’habite
    immobile, mon cœur
qui bat
    encore.

A single white swan

A single white swan
on the canal
up by Harrow Road
as though it had been
waiting for me
and that I had just
to admire the purity
of its plumage
the supple elegance
of its slow-bending neck
the necessary simplicity
of its being in the world
without a care
a promise of all good
things to come
in good time

2017

John Lyons

Un cygne blanc solitaire

Un cygne blanc solitaire,
sur le canal
près de Harrow Road,
comme s’il m’attendait,
et que je devais
simplement
admirer la pureté
de son plumage,
l’élégance souple de son cou
qui se courbait lentement,
la simplicité nécessaire
de son existence
sans souci,
la promesse de tous
les bonheurs à venir
en temps voulu.

Musing on school days

This is the great conundrum
         that we are cinders
ash and dust
         from a paradise of stars

We take comfort from beauty
         but beauty passes
just as rose petals fade :
         age erupts on the skin
the muscles lose their tone
         sight grows dim
and though we struggle
         the slope slips downwards
always and away
         to the wild open sea

An old man in a tattered coat
         carries a sturdy ash cane
totters past the old schoolroom
         where first lessons were learnt
—chalk on slate
         and raffia mats

Young hearts and minds
         now fill the space
their euphoria echoes
         through the air
and in the playgrounds
         their hop and skip proclaims
the innocent assumption
         that they will live for ever

In my hand I have held
         sharp fragments of flint
and wondered at the lives of those
         who shaped these tools
The hardness of that stone
         and the softness of love
immutable stone in the warm hand
         of enduring love

2016

John Lyons


Réflexions sur les jours d’école

Voici le grand paradoxe :
nous ne sommes que cendres,
cendres et poussière,
nés d’un paradis étoilé.

Nous trouvons du réconfort
dans la beauté, mais la beauté
passe, tout comme les pétales
de rose se fanent : l’âge
se manifeste sur la peau,
les muscles se relâchent,
la vue baisse, et malgré nos efforts,
la pente s’incline toujours
vers le bas, toujours plus loin,
vers l’immensité sauvage de la mer.

Un vieil homme au manteau
en lambeaux, portant une robuste
canne en frêne, passe en titubant
devant la vieille salle de classe
où furent apprises les premières
leçons : craie sur ardoise
et des nattes de raphia.

De jeunes cœurs et esprits
emplissent désormais l’espace,
leur euphorie résonne. Dans les airs
et dans les cours de récréation,
leurs sauts et leurs bonds proclament
l’innocence de la conviction
qu’ils vivront éternellement.

Dans ma main, j’ai tenu
des fragments de silex acérés
et je me suis interrogé sur la vie
de ceux qui ont façonné ces outils.
La dureté de cette pierre et la douceur
de l’amour, pierre immuable dans la main
chaleureuse d’un amour éternel.

In the dark drift of night

In the dark drift of night
you are there beside me
we have survived the many
moon-marked phases of our love
and many a sober truth
has been told
many a subtle confidence
exchanged

not a single day
can be detained
much less a year
and we who have risen up
from the soil are bound
by its inexorable rule

and yet we lie together

adrift in the dark night
substantial in our affections
a love deeper than the silence
of winter roses and of a beauty
more enduring

2017

John Lyons


À la dérive dans la nuit noire

À la dérive dans la nuit noire,
tu es là, près de moi. Nous avons
traversé les nombreuses
phases lunaires de notre amour,
et bien des vérités
ont été dites,
bien des confidences
échangées.

Pas un seul jour
ne peut être retenu,
encore moins une année,
et nous qui avons émergé
de la terre, nous sommes
soumis à son inexorable loi.

Et pourtant, nous nous allongeons
ensemble à la dérive dans la nuit noire
substantiels dans nos affections,
un amour plus profond
que le silence des roses d’hiver,
et d’une beauté plus durable.

Optical illusion

The greatest of all illusions
is the sky : it simply doesn’t exist :
That space where it rains or snows
or blows up a storm or brings us
a wide blue summer’s day
does not exist though so often
our hopes are pinned upon it

There is light and there is dark
and there is the air and beneath it
the earth of the imagination
the very substance of our lives
that we tread daily
while raising our godforsaken eyes
up to the heavens for some sign
even though every orientation
we could ever need is always here
within the space of our hearts

John Lyons


Illusion d’optique

La plus grande de toutes les illusions
est le ciel : il n’existe tout simplement pas.
Cet espace où il pleut ou neige,
où souffle une tempête ou qui nous offre
une vaste journée bleue d’été,
n’existe pas, bien que nous fondions
si souvent nos espoirs sur lui.

Il y a la lumière et il y a l’obscurité,
et il y a l’air, et en dessous,
la terre de l’imagination,
la substance même de nos vies
que nous foulons quotidiennement
en levant nos yeux perdus vers le ciel
en quête d’un signe, alors même
que toute orientation dont nous pourrions
avoir besoin se trouve toujours ici,
dans l’espace de nos cœurs.

Venice – a draft

Sumptuous sea city
built out of nothing
it haunts the mind
Translucent waters
turned to stone
turned to energy
essence of light
refracted through glass
through sand and water
light filtering light
web of hours solidified
bedded down
on the sea floor
arrested in luminous reliefs
etched into the air
space and time
displaced
wisdom of the owl
ferocity of the lion
beauty at any price

John Lyons


Venise – une ébauche

Somptueuse
cité maritime
née du néant,
elle hante l’esprit.
Eaux translucides
muées en pierre,
puis en énergie,
essence de lumière
réfractée à travers
le verre, le sable
et l’eau, lumière
filtrante, toile d’heures
solidifiée, déposée
sur le fond marin,
figée en relief
lumineux, inscrite
dans l’espace aérien
et temporel, sagesse
déplacée du hibou,
férocité du lion,
beauté à tout prix.

Cosmic dust drifting

Cosmic dust drifting
           through the universe
particulate matter
           driven by stellar winds
It derives from red giants,
           from supernova explosions,
and the debris from colliding
           asteroids and comets.

And that special light in Venice
           in which the artists
rendered a glimpse of heaven
           a composite of glorious colour
every square inch adorned
           and the word that endures
: layer upon layer of faith
           in the promise of rewards
to come and every confection
           a bulwark against
falsehood and betrayal
           truth cut into stone
or worked into precious metal
           honesty of the artist
Acts of love honoured in all ways
           valued for all time

John Lyons


La poussière cosmique 

La poussière cosmique
           qui dérive à travers l’univers,
une matière particulaire entraînée
           par les vents stellaires,
qui provient des géantes rouges,
           des explosions de supernovae
et des débris issus de la collision
           d’astéroïdes et de comètes.

Et cette lumière si particulière à Venise,
           où les artistes ont offert un aperçu
du paradis, une composition de couleurs
           éclatantes, chaque centimètre carré
orné, et la parole qui demeure : strate
           après strate de foi, dans la promesse
des récompenses à venir,
           et chaque création, un rempart
contre le mensonge et la trahison,
           la vérité gravée dans la pierre
ou travaillée dans des métaux précieux,
           l’honnêteté de l’artiste, les actes
d’amour honorés de toutes les manières,
           à jamais valorisé

At the Pont du Gard

Remember when the crickets
sang as we made our way
along the dusty path that leads
to the Pont du Gard where we
paid tribute to the ingenuity
of the Roman engineers
who ferried the waters of life
to the city of Nîmes? There is
no nothing out in the fields
of Provence nor anywhere else

Time is a human construct
that we impose upon the natural
world  The robin and the sparrow
know nothing of our world
which exists purely and simply
in the mind  Likewise the rose
lives in the eternal bloom
of its beauty Perhaps only love
is the true test of time
the venerable heart that is
the source of all poetry

John Lyons


Au Pont du Gard

Te souviens-tu du chant des grillons
tandis que nous cheminions
sur le sentier poussiéreux
jusqu’au Pont du Gard,
où nous rendions hommage
à l’ingéniosité des ingénieurs romains
qui avaient amené l’eau potable à Nîmes ?
Il n’y a rien de néant dans les champs
de Provence, ni nulle part ailleurs.

Le temps est une construction humaine
que nous imposons au monde naturel.
Le rouge-gorge et le moineau
ignorent tout de notre monde,
qui existe purement et simplement
dans l’esprit ; de même, la rose vit
dans l’éternelle floraison de sa beauté.
Peut-être seul l’amour est-il
la véritable épreuve du temps,
ce cœur vénérable qui est
la source de toute poésie. 

I too have lain under trees

It’s our duty
      to be attentive
—consciousness
      that sets us apart
that brings us
      together
not just in times
      of emergency
but as we gaze
      into a pair
of pale blue or green 
      or hazel eyes
and whisper
      words of love

Where would
      the universe be
without us ?

John Lyons


Moi aussi, je me suis allongé sous les arbres

Il est de notre devoir
      d’être attentifs
– cette conscience
      qui nous distingue
et nous rassemble,
      non seulement en cas
d’urgence, mais aussi
      lorsque nous plongeons
notre regard dans des yeux
      bleu pâle, verts ou noisette
et que nous murmurons
      des mots d’amour.

Où serait l’univers
      sans nous ?