Death lives in the sea

It is a working river
that never tires:
boats and ships
back and forth
all day long and long
into the night
under the stars

Today as flat
and translucent
as polished glass

Day and night
it carries lives
out into the sea
where death lives

Love lives on dry land
under all weathers
it flourishes beside
the rivers that run
down to the sea

We are born free but
everywhere in chains
in neoliberal structures
that sell our souls back
to us at a price : and so
it will remain until we
manage to overthrow
ground control

How sweetly the linnet sings
sitting in the sycamore

John Lyons
____________________________________

La mort vit dans la mer

C’est une rivière infatigable :
bateaux et navires
vont et viennent,
jour et nuit,
sous les étoiles.

Aujourd’hui, plate
et translucide comme
du verre poli.

Jour et nuit
elle emporte des vies
vers la mer où
règne la mort.

L’amour vit sur la terre ferme,
par tous les temps,
il prospère au bord des fleuves
qui se jettent dans la mer.

Nous naissons libres,
mais partout nous sommes enchaînés
par des structures néolibérales
qui nous revendent nos âmes à prix d’or :
et il en sera ainsi jusqu’à ce que
nous parvenions à renverser
le centre de contrôle.

Comme le linot chante doucement,
perché dans le sycomore !

Shared hours

The mineral voice of the earth
the breeze that moves
through the fresh
green leaves of summer,
leaves that sustain
the patter of rainfall
and are soon dry
once the sun appears

And how her mood changed
how her body grew lighter :
the step of a dancer
as she made her way
through the warmer days
clear days with no memory
other than the pattern of love
drawn across shared hours

John Lyons
_______________________________

Heures partagées

La voix minérale de la terre,
la brise qui caresse
les jeunes feuilles d’été,
ces feuilles qui nourrissent
le clapotis de la pluie
et sèchent aussitôt
que le soleil apparaît.

Et comme son humeur changeait,
comme son corps s’allégeait :
le pas d’une danseuse,
tandis qu’elle traversait
les jours chauds et clairs,
sans autre souvenir
que le motif de l’amour,
dessiné au fil
des heures partagées.

Vincent in Arles

Under the scorching sun
           in Arles Vincent painted
fields of ripe wheat
           before the harvest

Wheat he discovered
           is the very same colour
as the sunlight
            whence it comes
confirming
           that the sun is
a deep-hued
           cadmium yellow

John Lyons
_______________________

Vincent à Arles

Sous le soleil de plomb
            d’Arles, Vincent peignait
des champs de blé mûr
            avant la moisson.

Il découvrit que le blé avait
            exactement la même couleur
que la lumière du soleil,
            confirmant ainsi que celle-ci
était d’un jaune cadmium
            profond.

Bound for glory

That we are made of light
           this explains your beauty
your rich red handsome blood
           housed in the flesh
turns of phrase on the tongue
           words of love
and the delight in your eyes
           nothing more naked
more wholesome nor
           more complete than love

It’s in our nature
           to shine
to glow
           to tremble with excitement
to be among all other things
           tender and warm
and clear and unwavering
           in our heart’s purpose
scrupulous with every kiss
           our bones bound for glory

John Lyons
___________________________

Destinés à la gloire

Que nous soyons faits
de lumière explique ta beauté :
ton sang rouge et précieux,
logé dans ta chair, les tournures
de phrase sur ta langue, les mots
d’amour et la joie dans tes yeux.
Rien n’est plus nu, plus sain,
ni plus complet que l’amour.

Il est dans notre nature
de briller, d’éclater,
de trembler d’excitation,
d’être parmi toutes choses,
tendres, chaleureux, clairs
et inébranlables dans les desseins
de notre cœur, scrupuleux
à chaque baiser, nos os,
destinés à la gloire.

Bones of the earth



That constant urge
to create—to re-present
the world around us
upon stretched cloth
that grows in the fields
daubed with silica and clay
with manganese
and hydrated iron oxide

We carry these pigments
in our bones
we who have sprung
from the very bones
of the earth
all the hardness
and the softness
of our bodies

And our eyes
devouring everything
we see
shape and colour
texture and weight
our lives a constant
interpretation
of what it means
to be and to live
and to love


John Lyons
_______________________________

Les os de la terre

Ce besoin constant
de créer — de re-présenter
le monde qui nous entoure
sur une étoffe tendue
qui pousse dans les champs
teintée de silice et d’argile
de manganèse
et d’oxyde de fer hydraté.

Nous portons ces pigments
dans nos os,
nous qui avons jailli
des os mêmes
de la terre,
toute la dureté
et la douceur
de nos corps

Et nos yeux
dévorant tout,
nous voyons
forme et couleur
texture et poids,
nos vies une constante
interprétation
de ce que signifie
être et vivre
et aimer

Stéphane Mallarmé – the sapphire of silence

Poorly equipped
defenceless
the poet enters
the world
rides a wooden
rocking-horse

an all-weather
walker he explores
ancient woodlands
and hikes across
endless fields

the stars render
time meaningless
just the beat
of his heart
and the pace
of his footfall

his ancestors
are words
words and music
and his home
is the sapphire
of silence
in which his soul
savours love

life is light
and colour
and all the world
feeds on life
patience is
a natural virtue
which the poet
cultivates
along with sparrows
along with magpies
he admires
their point of view
the purity
of their speech

spiders play
on strings
melodies rich
to the poet’s ear
crude vowels
and consonants
struggle to express
the beauty around us

John Lyons
___________________________________

Stéphane Mallarmé – Le saphir du silence

Mal équipé,
sans défense,
le poète entre
dans le monde,
chevauchant
un cheval à bascule
en bois.

Marcheur tout temps,
il explore des forêts ancestrales
et parcourt des champs
infinis.

Les étoiles rendent
le temps insignifiant,
seulement le battement
de son cœur et le rythme
de ses pas.

Ses ancêtres sont les mots,
les paroles et la musique,
et sa demeure est
le saphir du silence
où son âme savoure
l’amour.

La vie est lumière
et couleur,
et le monde entier
se nourrit de vie.
La patience est une vertu
naturelle que le poète cultive
avec les moineaux,
avec les pies.
Il admire leur point de vue,
la pureté de leur langage.

Les araignées jouent
sur des cordes,
riches en mélodies
pour l’oreille du poète.
Voyelles
et consonnes brutes
peinent à exprimer
la beauté qui nous entoure.

Silence

After all the noise
         the fret of the world
with all its tantrums
         and constant demands
silence
         pure silence
not a sound
         not a word
not a murmur
         silence
pure and simple
         24 carat

2016

John Lyons
________________________

Silence

Après tout ce bruit,
         les agitations du monde,
ses caprices et
         ses exigences incessantes,
le silence,
         le silence absolu,
pas un son, pas un mot,
         pas un murmure,
le silence pur et simple,
         24 carats

Through the velvet leaves 

Through the velvet leaves the wind
Blossom falling falling falling

Sunlight and dust – the wide river
in the distance – tiny bluebirds

hopping from branch to branch
squirrels chasing their tails –

The rough and tumble of nature
Food for all and a place to live

Each species has its song and dance
Many mate for life – humanity is

the only weapon of mass destruction
Let’s learn and call an end to war

John Lyons
_______________________________________

À travers le feuillage velouté

À travers le feuillage velouté, le vent.
Fleurs qui tombent, tombent, tombent.

Du soleil et de la poussière – le large
fleuve au loin – des merles bleus butinent

de branche en branche,
des écureuils se poursuivent.

Le tumulte de la nature. De la nourriture
pour tous et un lieu où vivre.

Chaque espèce a son chant et sa danse.
Beaucoup s’accouplent pour la vie – l’humanité

est la seule arme de destruction massive.
Apprenons et mettons fin à la guerre.

The dilemma of flutes

“in thy beauty is the dilemma of flutes”
                             e e cummings

The wOrds saD and beauty, the
woRds thORN and desIRe;that si-
lence that is anathemA to musicke, you-
r loVer torn betwEEn a rock and a
hard place;body of love laid snug
to rest;inTemPerate riSe and faLL
of quickSilver.Stay A while and I
will take your baroMetriC press-
ure;a feBrile finGer strays upon y-
our impulse.O lord, lead us into temp-
tation,bEforE it is tOO late.But for
the worDs,beTimes, all is dusT.

2005

John Lyons
_________________________________

Le dilemme des flûtes

« Dans ta beauté réside le dilemme des flûtes »
                                         e e cummings

Les mOts tristessE et beAuté,
les moTs épiNe et désiR ; ce silence
qui est un anathÈme à la musiQue,
ton aMant déchiré eNtre le roc et l’encLume ;
le corps de l’amOUr reposant paisiblement
dans le flUx et reflux tempéré du vif-arGent.
Reste un instant et je Prendrai
ta preSSion barométriQUE ;
un doiGt tremblant s’avenTure sur ton
impulsion. Ô SeiGNeur,
conduis-nous à la teNtation,
avant qu’il ne soit trop tard. Sans les
mOts, les temps, tOUt n’est que pOUssière.

L’amour dans l’air

Voilà le rappel
que les choses changent
que tout est en mouvement 
perpétuel

Pas une seule étoile
n’est fixe et immobile
dans le ciel et le ciel
lui-même n’existe pas
en tant que tel

Nos vies sont une balle courbe
lancée par qui sait qui
et chaque instant est une lutte
entre la rétention et la perte

Aujourd’hui pluie
demain soleil, l’herbe
plus verte, le chant
des oiseaux plus doux
et l’amour dans l’air

John Lyons