Love is not over love that comes with soft touch and gentle words love is not over
The eyes search and the hands reach and all the senses are alive in expectation
Love’s sweet perfume fills the air thrills the heart is there in the memory of what will always be wholesome love that delights in the pleasure of another
The simplicity of love surpasses the convoluted beauty of roses the levity of butterflies it is the life-breath of stars : No — love is not over
2018
John Lyons ____________________________
Souffle d’étoile
L’amour n’est pas fini — cet amour qui vient avec une caresse douce et des mots tendres, l’amour n’est pas fini.
Les yeux cherchent, les mains se tendent, et tous les sens s’éveillent dans l’attente.
Le doux parfum de l’amour emplit l’air, fait vibrer le cœur, demeure dans le souvenir de ce qui sera toujours : un amour sain qui trouve sa joie dans le plaisir d’un autre.
La simplicité de l’amour surpasse la beauté complexe des roses, la légèreté des papillons : c’est le souffle vital des étoiles : Non — l’amour n’est pas fini.
At Cristo Rei we sat on the volcanic shore watched the cool blue sea turn over and over felt the sun fierce on our flesh saw the children cavorting in the warm water
Nature has its own passion it shapes the land and offers us a compendium of time and space and energy We who are part of it can become lost in it We who so long for love and so easily lose it
2020
John Lyons ____________________________________
L’amour au bord de l’océan
À Cristo Rei nous nous sommes assis sur le rivage volcanique à regarder la mer d’un bleu frais rouler et se briser sans fin, à sentir le soleil ardent sur notre peau, à voir les enfants s’ébattre dans l’eau tiède.
La nature possède sa propre passion ; elle façonne la terre et nous offre une synthèse de temps, d’espace et d’énergie. Nous qui en faisons partie pouvons nous y perdre ; nous qui aspirons tant à l’amour et le perdons si facilement.
How constant this ocean gnawing day in day out at the rock face : at night clouds move across the sky their progress tracked by whales who keep to the shadows cast by the moonlight
Blue waters by day time barely ruffled in the breeze curls of light finely shaved a virtuoso performance in which we are all the players the crash of cymbals and the roar of horns here at our birthplace
Think of Wallace Stevens his obsession with melody and with number his mother’s fingers on the keyboard the silence of his bass voice as he composed his poetry delving deep into his emotions remembering the blue silk the clear warm evenings the homeliness of life the beauty behind every breath whispers of immortality in the mute nights fitful tracings overlaid with love
John Lyons ___________________________________
Le mélodéon du poète
Comme il est constant, cet océan qui ronge, jour après jour, la paroi rocheuse : la nuit, les nuages traversent le ciel, leur course suivie par des baleines qui se tiennent dans les ombres projetées par le clair de lune
Eaux bleues le jour, le temps à peine frémi par la brise, volutes de lumière finement ciselées, une performance de virtuose dont nous sommes tous les acteurs, le fracas des cymbales et le rugissement des cuivres, ici, sur notre terre natale
Songez à Wallace Stevens, à son obsession de la mélodie et du nombre, aux doigts de sa mère sur le clavier, au silence de sa voix de basse tandis qu’il composait sa poésie, puisant au plus profond de ses émotions, se souvenant de la soie bleue, des soirées claires et douces, de la simplicité familière de la vie, de la beauté derrière chaque souffle, des murmures d’immortalité dans les nuits silencieuses, tracés incertains recouverts d’amour
Of course I take it personally whether you love me or not whether you betray me or not whether you fail me or fail to understand me or not I bear the soul of a private man ploughing by day the furrows of city streets in which foxes run rampant and gold is amassed in steely towers of greed
So I live and die for words for unsolicited acts of tenderness for the beauty of light on water for the delicacy of moonlight that pierces the night sky Of course I take our lives seriously your life and mine : and tell me why would I not ?
John Lyons ________________________________________
Pourquoi ne le ferais-je pas ?
Bien sûr que je le prends personnellement, que tu m’aimes ou non, que tu me trahisses ou non, que tu me déçoives, que tu ne parviennes à me comprendre ou non, je porte l’âme d’un homme secret qui trace le jour les sillons des rues urbaines où les renards pullulent et l’or s’amoncelle dans des tours d’acier avides.
Ainsi je vis et je meurs pour les mots, pour les gestes de tendresse spontanés, pour la beauté de la lumière sur l’eau, pour la délicatesse du clair de lune qui perce le ciel nocturne. Bien sûr que je prends nos vies au sérieux, la tienne et la mienne : et dis-moi, pourquoi ne le ferais-je pas ?
Think of the earth as a body out of which all bodies arise
Think of the earth as the life of life of the origin of all species
Think of the earth as a space in which all movements are defined the motion of words as much as sparrows of angels as much as the easterly wind
Think of the earth as time and consequence all rolled into one inseparable existence
Think of the earth as our home from home as the ultimate alma mater
Think of the earth of a place to love and to be loved or be damned
Out of friable soil the red rose and the beauty of poetry
John Lyons _______________________________
Pensez à la terre
Pensez à la terre comme à un corps dont naissent tous les corps
Pensez à la terre comme à la vie de la vie à l’origine de toutes les espèces
Pensez à la terre comme à un espace où tous les mouvements se définissent le mouvement des mots autant que celui des moineaux celui des anges autant que celui du vent d’est
Pensez à la terre comme au temps et à la conséquence fondus en un tout dans une existence indissociable
Pensez à la terre comme à notre foyer comme à l’ultime alma mater
Pensez à la terre comme à un lieu pour aimer et pour être aimé ou pour être damné
D’une terre friable naissent la rose rouge et la beauté de la poésie
So I go and sit with my soul watch the clouds head east see a flurry of white gulls begging for bread from a lady who’s crumbling a loaf in a plastic bag before hurling the pieces over the railings
All the while the river has its silence and I have mine I note that the beauty of autumn rivals that of spring the trees awash with radiant hues of copper and gold and I nurse the notion of changing seasons praying only that the season of love will soon return
John Lyons ___________________________
Sur le quai d’Erith
Alors je m’assieds et contemple, l’âme en éveil, les nuages filant vers l’est. J’aperçois une nuée de goélands blancs quémandant du pain à une dame qui émiette une miche dans un sac plastique avant d’en jeter les morceaux par-dessus la rambarde.
Tandis que le fleuve et moi, nous restons silencieux. Je remarque que la beauté de l’automne rivalise avec celle du printemps, les arbres baignés de teintes éclatantes de cuivre et d’or. Et je nourris l’idée du changement de saison, espérant seulement que la saison de l’amour reviendra bientôt.
The high cheekbones the shape of the eyes the thin smile the unobtrusive ears the slender neck her supple feet
The feet of a dancer trained to pace the floor with dignity and poise A frame upon which fabrics sat elegantly could bear the weight of primary colours
Had she found someone to love she might have loved forever dearly deeply
John Lyons _____________________________
Une danseuse pour toujours
Ses pommettes hautes, la forme de ses yeux, son sourire fin, ses oreilles discrètes, son cou élancé, ses pieds souples.
Les pieds d’une danseuse entraînée à arpenter la piste avec dignité et grâce, Une silhouette sur laquelle les étoffes se posaient avec élégance, capable de supporter le poids des couleurs primaires.
Si elle avait trouvé l’amour, elle aurait pu l’aimer, tendrement, profondément, pour toujours.
The living dance upon dead minds believe in moon magic threaten to destroy the earth with misplaced enthusiasms and dreams
Time is no refuge and no doors can remain bolted forever Pick up your spoons and dig into the daily gruel and accept the cards you have been dealt
The only splendour here below is love but remember it cannot be put into words nor can it be photographed Disdain all those who would betray it they are not worth the soil in which they are buried
John Lyons _____________________________________
Les vivants dansent sur des esprits morts
Les vivants dansent sur des esprits morts, croient à la magie lunaire et menacent de détruire la Terre par leurs enthousiasmes et leurs rêves déplacés.
Le temps n’est pas un refuge, et aucune porte ne peut rester verrouillée éternellement. Prenez vos cuillères, plongez dans la bouillie quotidienne et acceptez votre sort.
La seule splendeur ici-bas est l’amour, mais souvenez-vous qu’il ne peut être exprimé par des mots ni photographié. Méprisez ceux qui voudraient le trahir ; ils ne valent pas la terre où ils sont enterrés.