Matter in motion
the dance of matter
that’s what matters
Circles and spirals
round and round
a rhythm that radiates
planet mamba
galactic polka
Nothing still
We live and die
in a heart beat
Hatred is misplaced
energy : it’s easier
to love and be loved
The universe will hold
us accountable
for everything we do
or don’t do
The arc of a rainbow
above the mighty river
it brings both sides
together : shake a leg
the world calls you
to action : don’t be late
John Lyons
______________________________
La Terre a besoin de vous
Matière en mouvement,
danse de la matière,
c’est ce qui compte.
Cercles et spirales,
un rythme qui rayonne,
planète mamba,
polka galactique.
Rien n’est immobile.
Nous vivons et mourons
dans un battement de cœur.
La haine est l’énergie déplacée :
il est plus facile d’aimer et d’être aimé.
L’univers nous tiendra
responsables de tout ce que
nous faisons ou ne faisons pas
L’arc-en-ciel au-dessus
du fleuve puissant,
il rassemble les deux rives :
dansez ! Le monde vous appelle
à l’action : n’attendez pas.
Black night of the soul
Black night of the soul
whitewash hogwash
History is the clock’s
confession : a romancing
of the past
Who controls it
Who writes it?
A cross we all have to bear
Will peace ever obliterate
this war world?
Blessed are those who stray
from the garden path
Sisyphus ascends
the holy mountain
Has anybody seen my love?
The twin towers of power
and money
Indentured servitude
How they colonise the soul
Eyes gouged out : all the better
to see who cracks the whip
Black night of the soul
Has anybody seen my love?
In my self I no longer live
The pure crystalline stream
that flows from the fountain
Bread of life in the black night
The word is poetry Poetry is
the light of the world
John Lyons
_________________________________
Nuit noire de l’âme
Nuit noire de l’âme
blanchiment – désinformation
L’histoire est la confession
de l’horloge : une romance
du passé
Qui la contrôle ?
Qui l’écrit ?
Une croix que nous devons
tous porter La paix
effacera-t-elle jamais
ce monde de guerre ?
Heureux ceux qui s’égarent
du chemin du jardin
Sisyphe gravit la montagne sainte
Quelqu’un a-t-il vu mon amour ?
Les tours jumelles du pouvoir
et de l’argent
Servitude sous contrat
Comment ils colonisent l’âme
Yeux arrachés : pour mieux voir
qui fait claquer le fouet
Nuit noire de l’âme
Quelqu’un a-t-il vu mon amour ?
En moi-même je ne vis plus
Le pur ruisseau cristallin
qui coule de la fontaine
Pain de vie dans la nuit noire
La parole est poésie La poésie
est la lumière du monde
Death lives in the sea
It is a working river
that never tires:
boats and ships
back and forth
all day long and long
into the night
under the stars
Today as flat
and translucent
as polished glass
Day and night
it carries lives
out into the sea
where death lives
Love lives on dry land
under all weathers
it flourishes beside
the rivers that run
down to the sea
We are born free but
everywhere in chains
in neoliberal structures
that sell our souls back
to us at a price : and so
it will remain until we
manage to overthrow
ground control
How sweetly the linnet sings
sitting in the sycamore
John Lyons
____________________________________
La mort vit dans la mer
C’est une rivière infatigable :
bateaux et navires
vont et viennent,
jour et nuit,
sous les étoiles.
Aujourd’hui, plate
et translucide comme
du verre poli.
Jour et nuit
elle emporte des vies
vers la mer où
règne la mort.
L’amour vit sur la terre ferme,
par tous les temps,
il prospère au bord des fleuves
qui se jettent dans la mer.
Nous naissons libres,
mais partout nous sommes enchaînés
par des structures néolibérales
qui nous revendent nos âmes à prix d’or :
et il en sera ainsi jusqu’à ce que
nous parvenions à renverser
le centre de contrôle.
Comme le linot chante doucement,
perché dans le sycomore !
Shared hours
The mineral voice of the earth
the breeze that moves
through the fresh
green leaves of summer,
leaves that sustain
the patter of rainfall
and are soon dry
once the sun appears
And how her mood changed
how her body grew lighter :
the step of a dancer
as she made her way
through the warmer days
clear days with no memory
other than the pattern of love
drawn across shared hours
John Lyons
_______________________________
Heures partagées
La voix minérale de la terre,
la brise qui caresse
les jeunes feuilles d’été,
ces feuilles qui nourrissent
le clapotis de la pluie
et sèchent aussitôt
que le soleil apparaît.
Et comme son humeur changeait,
comme son corps s’allégeait :
le pas d’une danseuse,
tandis qu’elle traversait
les jours chauds et clairs,
sans autre souvenir
que le motif de l’amour,
dessiné au fil
des heures partagées.
Vincent in Arles

Under the scorching sun
in Arles Vincent painted
fields of ripe wheat
before the harvest
Wheat he discovered
is the very same colour
as the sunlight
whence it comes
confirming
that the sun is
a deep-hued
cadmium yellow
John Lyons
_______________________
Vincent à Arles
Sous le soleil de plomb
d’Arles, Vincent peignait
des champs de blé mûr
avant la moisson.
Il découvrit que le blé avait
exactement la même couleur
que la lumière du soleil,
confirmant ainsi que celle-ci
était d’un jaune cadmium
profond.
Bound for glory
That we are made of light
this explains your beauty
your rich red handsome blood
housed in the flesh
turns of phrase on the tongue
words of love
and the delight in your eyes
nothing more naked
more wholesome nor
more complete than love
It’s in our nature
to shine
to glow
to tremble with excitement
to be among all other things
tender and warm
and clear and unwavering
in our heart’s purpose
scrupulous with every kiss
our bones bound for glory
John Lyons
___________________________
Destinés à la gloire
Que nous soyons faits
de lumière explique ta beauté :
ton sang rouge et précieux,
logé dans ta chair, les tournures
de phrase sur ta langue, les mots
d’amour et la joie dans tes yeux.
Rien n’est plus nu, plus sain,
ni plus complet que l’amour.
Il est dans notre nature
de briller, d’éclater,
de trembler d’excitation,
d’être parmi toutes choses,
tendres, chaleureux, clairs
et inébranlables dans les desseins
de notre cœur, scrupuleux
à chaque baiser, nos os,
destinés à la gloire.
Bones of the earth

That constant urge
to create—to re-present
the world around us
upon stretched cloth
that grows in the fields
daubed with silica and clay
with manganese
and hydrated iron oxide
We carry these pigments
in our bones
we who have sprung
from the very bones
of the earth
all the hardness
and the softness
of our bodies
And our eyes
devouring everything
we see
shape and colour
texture and weight
our lives a constant
interpretation
of what it means
to be and to live
and to love
John Lyons
_______________________________
Les os de la terre
Ce besoin constant
de créer — de re-présenter
le monde qui nous entoure
sur une étoffe tendue
qui pousse dans les champs
teintée de silice et d’argile
de manganèse
et d’oxyde de fer hydraté.
Nous portons ces pigments
dans nos os,
nous qui avons jailli
des os mêmes
de la terre,
toute la dureté
et la douceur
de nos corps
Et nos yeux
dévorant tout,
nous voyons
forme et couleur
texture et poids,
nos vies une constante
interprétation
de ce que signifie
être et vivre
et aimer
Stéphane Mallarmé – the sapphire of silence
Poorly equipped
defenceless
the poet enters
the world
rides a wooden
rocking-horse
an all-weather
walker he explores
ancient woodlands
and hikes across
endless fields
the stars render
time meaningless
just the beat
of his heart
and the pace
of his footfall
his ancestors
are words
words and music
and his home
is the sapphire
of silence
in which his soul
savours love
life is light
and colour
and all the world
feeds on life
patience is
a natural virtue
which the poet
cultivates
along with sparrows
along with magpies
he admires
their point of view
the purity
of their speech
spiders play
on strings
melodies rich
to the poet’s ear
crude vowels
and consonants
struggle to express
the beauty around us
John Lyons
___________________________________
Stéphane Mallarmé – Le saphir du silence
Mal équipé,
sans défense,
le poète entre
dans le monde,
chevauchant
un cheval à bascule
en bois.
Marcheur tout temps,
il explore des forêts ancestrales
et parcourt des champs
infinis.
Les étoiles rendent
le temps insignifiant,
seulement le battement
de son cœur et le rythme
de ses pas.
Ses ancêtres sont les mots,
les paroles et la musique,
et sa demeure est
le saphir du silence
où son âme savoure
l’amour.
La vie est lumière
et couleur,
et le monde entier
se nourrit de vie.
La patience est une vertu
naturelle que le poète cultive
avec les moineaux,
avec les pies.
Il admire leur point de vue,
la pureté de leur langage.
Les araignées jouent
sur des cordes,
riches en mélodies
pour l’oreille du poète.
Voyelles
et consonnes brutes
peinent à exprimer
la beauté qui nous entoure.
Silence
After all the noise
the fret of the world
with all its tantrums
and constant demands
silence
pure silence
not a sound
not a word
not a murmur
silence
pure and simple
24 carat
2016
John Lyons
________________________
Silence
Après tout ce bruit,
les agitations du monde,
ses caprices et
ses exigences incessantes,
le silence,
le silence absolu,
pas un son, pas un mot,
pas un murmure,
le silence pur et simple,
24 carats
Through the velvet leaves
Through the velvet leaves the wind
Blossom falling falling falling
Sunlight and dust – the wide river
in the distance – tiny bluebirds
hopping from branch to branch
squirrels chasing their tails –
The rough and tumble of nature
Food for all and a place to live
Each species has its song and dance
Many mate for life – humanity is
the only weapon of mass destruction
Let’s learn and call an end to war
John Lyons
_______________________________________
À travers le feuillage velouté
À travers le feuillage velouté, le vent.
Fleurs qui tombent, tombent, tombent.
Du soleil et de la poussière – le large
fleuve au loin – des merles bleus butinent
de branche en branche,
des écureuils se poursuivent.
Le tumulte de la nature. De la nourriture
pour tous et un lieu où vivre.
Chaque espèce a son chant et sa danse.
Beaucoup s’accouplent pour la vie – l’humanité
est la seule arme de destruction massive.
Apprenons et mettons fin à la guerre.