Stéphane Mallarmé – the sapphire of silence

Poorly equipped
defenceless
the poet enters
the world
rides a wooden
rocking-horse

an all-weather
walker he explores
ancient woodlands
and hikes across
endless fields

the stars render
time meaningless
just the beat
of his heart
and the pace
of his footfall

his ancestors
are words
words and music
and his home
is the sapphire
of silence
in which his soul
savours love

life is light
and colour
and all the world
feeds on life
patience is
a natural virtue
which the poet
cultivates
along with sparrows
along with magpies
he admires
their point of view
the purity
of their speech

spiders play
on strings
melodies rich
to the poet’s ear
crude vowels
and consonants
struggle to express
the beauty around us

John Lyons
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Stéphane Mallarmé – Le saphir du silence

Mal équipé,
sans défense,
le poète entre
dans le monde,
chevauchant
un cheval à bascule
en bois.

Marcheur tout temps,
il explore des forêts ancestrales
et parcourt des champs
infinis.

Les étoiles rendent
le temps insignifiant,
seulement le battement
de son cœur et le rythme
de ses pas.

Ses ancêtres sont les mots,
les paroles et la musique,
et sa demeure est
le saphir du silence
où son âme savoure
l’amour.

La vie est lumière
et couleur,
et le monde entier
se nourrit de vie.
La patience est une vertu
naturelle que le poète cultive
avec les moineaux,
avec les pies.
Il admire leur point de vue,
la pureté de leur langage.

Les araignées jouent
sur des cordes,
riches en mélodies
pour l’oreille du poète.
Voyelles
et consonnes brutes
peinent à exprimer
la beauté qui nous entoure.

Silence

After all the noise
         the fret of the world
with all its tantrums
         and constant demands
silence
         pure silence
not a sound
         not a word
not a murmur
         silence
pure and simple
         24 carat

2016

John Lyons
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Silence

Après tout ce bruit,
         les agitations du monde,
ses caprices et
         ses exigences incessantes,
le silence,
         le silence absolu,
pas un son, pas un mot,
         pas un murmure,
le silence pur et simple,
         24 carats

Through the velvet leaves 

Through the velvet leaves the wind
Blossom falling falling falling

Sunlight and dust – the wide river
in the distance – tiny bluebirds

hopping from branch to branch
squirrels chasing their tails –

The rough and tumble of nature
Food for all and a place to live

Each species has its song and dance
Many mate for life – humanity is

the only weapon of mass destruction
Let’s learn and call an end to war

John Lyons
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À travers le feuillage velouté

À travers le feuillage velouté, le vent.
Fleurs qui tombent, tombent, tombent.

Du soleil et de la poussière – le large
fleuve au loin – des merles bleus butinent

de branche en branche,
des écureuils se poursuivent.

Le tumulte de la nature. De la nourriture
pour tous et un lieu où vivre.

Chaque espèce a son chant et sa danse.
Beaucoup s’accouplent pour la vie – l’humanité

est la seule arme de destruction massive.
Apprenons et mettons fin à la guerre.

The dilemma of flutes

“in thy beauty is the dilemma of flutes”
                             e e cummings

The wOrds saD and beauty, the
woRds thORN and desIRe;that si-
lence that is anathemA to musicke, you-
r loVer torn betwEEn a rock and a
hard place;body of love laid snug
to rest;inTemPerate riSe and faLL
of quickSilver.Stay A while and I
will take your baroMetriC press-
ure;a feBrile finGer strays upon y-
our impulse.O lord, lead us into temp-
tation,bEforE it is tOO late.But for
the worDs,beTimes, all is dusT.

2005

John Lyons
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Le dilemme des flûtes

« Dans ta beauté réside le dilemme des flûtes »
                                         e e cummings

Les mOts tristessE et beAuté,
les moTs épiNe et désiR ; ce silence
qui est un anathÈme à la musiQue,
ton aMant déchiré eNtre le roc et l’encLume ;
le corps de l’amOUr reposant paisiblement
dans le flUx et reflux tempéré du vif-arGent.
Reste un instant et je Prendrai
ta preSSion barométriQUE ;
un doiGt tremblant s’avenTure sur ton
impulsion. Ô SeiGNeur,
conduis-nous à la teNtation,
avant qu’il ne soit trop tard. Sans les
mOts, les temps, tOUt n’est que pOUssière.

L’amour dans l’air

Voilà le rappel
que les choses changent
que tout est en mouvement 
perpétuel

Pas une seule étoile
n’est fixe et immobile
dans le ciel et le ciel
lui-même n’existe pas
en tant que tel

Nos vies sont une balle courbe
lancée par qui sait qui
et chaque instant est une lutte
entre la rétention et la perte

Aujourd’hui pluie
demain soleil, l’herbe
plus verte, le chant
des oiseaux plus doux
et l’amour dans l’air

John Lyons

Flowers

The bouquet that you brought me
the beautiful tulips and sunflowers

have wilted and collapsed
scattering a fine dusting of pollen

over the table where they stood
: the water in the crystal vase

has turned cloudy
the stems are now nothing more

than a spineless mush
The soft velvet petals

curled and wrinkled with age
have entirely lost their allure

They were a gesture in a moment
for a moment that could not last

and yet in time beyond time
our affections are untouched

and the kiss that they inspired
will outlive the driest dust

2017

John Lyons

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Fleurs

Le bouquet que tu m’as offert,
ces magnifiques tulipes et tournesols,

se sont fanés et ont affaissé,
dispersant un fin voile de pollen,

sur la table où ils se trouvaient.
L’eau du vase en cristal,

est devenue trouble, les tiges
ne sont plus qu’une masse molle

et sans épines. Les doux pétales
de velours, recroquevillés

et ridés par le temps,
ont perdu tout leur charme.

Ils étaient un geste éphémère,
un instant fugace, et pourtant,

à travers le temps, nos sentiments
restent intacts,et le baiser

qu’ils ont inspiré survivra
à la poussière la plus aride.

Seed the dust of the earth

Seed the dust of the earth
bring water and permit
the wheat to rise proudly
on tall stems so that in turn
its seeds will feed the earth

Invoke the angels in your prayers
and cast out the devils that
seek only death and destruction
We are all in this together
and we are all primed to go

Share and share alike
Lovers kiss beneath the full moon
Nobody has ever met a stranger
When I was a boy I dreamt
that I would one day be a man
that I would work to put food
on the plates of others and
that I would never be alone

John Lyons
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Semez la poussière de la terre

Semez la poussière de la terre,
apportez l’eau et laissez le blé
croître fièrement sur de hautes tiges
afin que ses graines nourrissent la terre.

Invoquez les anges dans vos prières
et chassez les démons qui ne cherchent
que la mort et la destruction.
Nous sommes tous unis dans cette aventure
et prêts à partir.

Partagez, partagez équitablement.
Les amoureux s’embrassent sous la pleine lune.
Nul n’a jamais rencontré d’étranger.
Enfant, je rêvais qu’un jour
je serais un homme, que je travaillerais
pour nourrir les autres et
que je ne serais jamais seul.

Einstein’s equation

And then after the rain
a stillness settles
mid-afternoon;

the white sail
cutting a straight line
through the placid river;

sun on the fresh green leaves
of the ash and the sycamore
ruffled in the gentle breeze

Artless time
and the lives shaped
by human breath

Evening primrose
satin flower
the beauty of her soft cheeks

forged in the sun
Einstein’s equation
made flesh

John Lyons
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L’équation d’Einstein

Et puis, après la pluie,
le calme s’installe
en milieu d’après-midi ;

la voile blanche
fend l’eau
en ligne droite ;

le soleil sur les jeunes feuilles
vertes du frêne et du sycomore,
frémissantes dans la douce brise.

Le temps sans artifice
et les vies façonnées
par le souffle humain.

Primevère du soir,
fleur de satin,
la beauté de ses joues tendres,

forgée au soleil.
L’équation d’Einstein
incarnée.


Words are not love

John Lyons
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Les mots ne sont pas l’amour

Les mots ne sont pas l’amour
comme les feuilles
ne sont pas l’automne

gestes dédaigneux
et sourires vides
tandis que les questions
s’abattent une à une

Entre ton monde
et le mien
il y a un monde
de différence

Moi aussi, j’ai traversé
le pont de Brooklyn
sous la chaleur torride
d’un été lointain

de la poussière sur mes chaussures
et de la crasse urbaine
incrustée dans mon col

Tu étais une forme autrefois
tu étais un sens
tu étais une direction
pleine de promesses

Maintenant, il ne reste que des mots
des sons emprisonnés
dans une grille insignifiante
d’ambition pétrifiée

Washington Roebling –  builder of Brooklyn Bridge

From his window
         stubble on unshaven cheeks
the crippled engineer
         looks out over the harbour
as day by day
         the towers rise up and cables
are spliced and strung
         A proposition that has come
to be an obsession
         and an act of love
the binding of two parts,
         his life transformed
into landscape
         indelible on the skyline
A place of congregation
         and disparate communion
a paradigm
         a passageway for the living
and for the dead
         they carry in their hearts,
a filter of dreams
         and despairing moments
an affirmation that feeds
         the lone eye
Birth of a view
         among the spiders
so it soars,
         arpeggios of light
rippling in the shifting
         waters below,
the structure stirs and is alive,
         an impulse of beauty
caught in the curve
         of memory


2015

John Lyons

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Washington Roebling – constructeur du Brooklyn Bridge

De sa fenêtre, barbe naissante sur joues
         non rasées, l’ingénieur infirme
contemple le port
         tandis que jour après jour,
les tours s’élèvent et que les câbles
         sont épissés et tendus,
une proposition devenue obsession,
         et un acte d’amour,
l’union de deux parties,
         sa vie transformée en paysage,
indélébile sur l’horizon,
         un lieu de rassemblement
et de communion disparate, un paradigme,
         un passage pour les vivants
et pour les morts,
         ils portent dans leurs cœurs
un filtre de rêves et de moments
         de désespoir, une affirmation
qui nourrit l’œil solitaire,
         la naissance d’une vue,
parmi les araignées, elle plane,
         des arpèges de lumière ondulant
dans les eaux changeantes en contrebas,
         la structure s’anime et prend vie,
une impulsion de beauté capturée
         dans la courbe de la mémoire