After the snow

After the snow the snow drops
and the first sight of crocuses
yet to flower  The never-ending
thread of new life – of renewal
of the face of the earth – and hope
The faith we place in love
and its redemptive power
Desire set deep in our eyes
longing to possess and to be
possessed  I met you
on the eve of spring
and together we fell into
a way of life that I thought
would last forever  You and I
But the subtle savageries
of daily life tore us apart
Blue tits are playing in the trees
they come and go and come
again You came and went
but you never ever returned

John Lyons


Après la neige

Après la neige, les perce-neige
et les premiers crocus qui n’ont
pas encore fleuri, le fil infini
de la vie nouvelle, du renouveau
de la terre, et de l’espoir.
La foi que nous plaçons en l’amour
et son pouvoir rédempteur,
le désir profondément ancré
dans nos yeux, aspirant à posséder
et à être possédé. Je t’ai rencontré
à la veille du printemps et ensemble,
nous avons adopté un mode de vie
que je croyais éternel. Toi et moi.
Mais les cruautés insidieuses
du quotidien nous ont séparés.
Les mésanges bleues jouent
dans les arbres. Elles viennent puis
s’en vont puis reviennent encore.
Tu es venue, tu es parti mais
tu n’es plus jamais revenue.

Where the river sleeps

This is where the river sleeps
so wide and deep you could
almost believe it is a lake : but
it is not  This is where the wide
river works during the day and
some of the night – It is a working
river and has been for centuries
In its time it has carried coal
to power stations and factories
or to wharfs where it would be
distributed to homes and hotels
and to the prison beside
Wormwood Scrubs – the park
I mean – where our children played
when they were younger  Today
at dawn I watch the first ship
heading down to Dagenham
a huge metallic silhouette moving
at such a pace – I wonder what is
the urgency when half the world
is still asleep and the robin is
yet to sing its first sweet song

John Lyons


Là où la rivière dort

C’est ici que la rivière dort,
si large et si profonde qu’on
pourrait presque la prendre pour
un lac : mais elle n’en est pas.
C’est ici que la rivière travaille
le jour et une partie de la nuit.
C’est une rivière active depuis
des siècles. Jadis, elle transportait
du charbon vers les centrales électriques
et les usines, ou vers les quais d’où
il était distribué aux foyers et aux hôtels,
et même à la prison près de
Wormwood Scrubs – le parc, je veux dire –
où nos enfants jouaient quand
ils étaient petits. Aujourd’hui,
à l’aube, j’observe le premier navire 
descendre vers Dagenham, une immense
silhouette métallique se déplaçant
à une vitesse folle. Je me demande
quelle est cette urgence alors que
la moitié du monde dort encore
et que le rouge-gorge n’a pas encore
chanté son premier chant mélodieux.

The wide silver river

One day my heart will cease to beat
the blood will cease to flow through
my veins – my breath will cool
and my eyes will close forever
and all the memories of you –
my memories – will be lost
But the moon and the stars
will remain and the wide silver
river will continue to flow
out to sea – the river where
we so often walked alongside
and held hands and made our
vows in words that bound us
to our mutual dream One day
even the owls in the ancient
woodlands will fall silent
and the mourning dove will
cease to sing its sad song
But until that time let us
cherish the love we share
now and forever

John Lyons


La large rivière argentée

Un jour, mon cœur cessera de battre,
le sang cessera de couler
dans mes veines, mon souffle
s’éteindra, mes yeux se fermeront
à jamais et tous les souvenirs de toi,
mes souvenirs, seront perdus.
Mais la lune et les étoiles demeureront,
et la large rivière argentée
continuera de couler vers la mer,
cette rivière le long de laquelle
nous avons si souvent marché,
nous tenant la main et prononçant
nos vœux, ces mots qui nous unissaient
à notre rêve commun. Un jour,
même les hiboux des forêts ancestrales
se tairont et la tourterelle triste
cessera de chanter son chant
mélancolique. Mais d’ici là, chérissons
l’amour que nous partageons,
aujourd’hui et pour toujours.

The endlessness of love

We do not deserve another soulful
day in which every hour empties into
emptiness : a day in which every familiar
thing appears to have lost its edge
and the timbre of birdsong is dulled
by the prevailing mist and the river
lies sluggish in its unfathomable bed
Enough I say Bring on the spring
Bring on renewal with daffodils
and crocuses on every lawn and
blushing roses warmed by a balmy
breeze from the warm south so that
we may measure the endlessness
of love against the deathlessness
of life beneath the uncountable stars

John Lyons


L’infini de l’amour

Nous ne méritons pas un autre jour
mélancolique où chaque heure se perd
dans le vide : un jour où toute chose
familière semble avoir perdu de son éclat,
où le chant des oiseaux est étouffé
par la brume et où la rivière gît
paresseusement dans son insondable lit.
Assez ! Vive le printemps ! Vive le renouveau
avec ses jonquilles et ses crocus
sur chaque pelouse, ses roses rougissantes
réchauffées par une douce brise du sud,
afin que nous puissions mesurer l’infini
de l’amour à l’immortalité de la vie
sous les innombrables étoiles.

Taking the riverside path

Yesterday we walked along
the riverside path muddied
with the mulch of decaying
leaves  The tide was out
and the mudflats were
covered by a multitude
of white gulls sitting
or pecking at the surface
in a frenzy of feeding

Today shrouded in mist
the river rose and sank
in silence – its waters
undisturbed by dredgers
or by the black barges
carrying raw materials
to the Erith asphalt plant

Tonight no stars – merely
a dense opaque darkness
in which knowledge is
diminished So we take
comfort where we can
trusting that nothing ever
changes and certain that
nothing lasts forever

John Lyons


Promenade au bord de la rivière

Hier, nous avons longé
le sentier au bord de la rivière,
boueux à cause du paillis
de feuilles mortes. La marée
était basse et les vasières étaient
couvertes d’une multitude
de goélands blancs, perchés
ou picorant la surface dans
une frénésie alimentaire.

Aujourd’hui, enveloppée de brume,
la rivière est montée et descendue en silence,
ses eaux non perturbées par les dragues
ni par les barges noires transportant
des matières premières
vers l’usine d’asphalte d’Erith.

Ce soir, pas d’étoiles, seulement
une obscurité dense et opaque
où la connaissance s’estompe.
Ainsi nous trouvons du réconfort
là où nous le pouvons, confiants
que rien ne change jamais et certains
que rien ne dure éternellement.

I warned you

I warned you
that if you made me
fall in love with you
(are you listening?)
that you would never
hear the end of it

That night as we walked
across the bridge
I said what I meant
and I meant what I said
Don’t trifle with me
Don’t offer me your lips
and then pull away

You used every trick
in the book and now
I’m irredeemably hooked
If I could live without
your love I would but
I can’t – I did warn you

John Lyons


Je t’avais prévenu

je t’avais prévenu que
si tu me faisais tomber
amoureux de toi
(tu m’écoutes ?),
tu n’en entendrais
jamais la fin.

Ce soir-là, alors que
nous traversions le pont,
j’ai dit ce que je pensais
et je le pensais vraiment.
Ne joue pas avec moi,
ne m’offre pas tes lèvres
pour ensuite te retirer.

Tu as utilisé toutes les ruses
possibles et imaginables,
et maintenant je suis
irrémédiablement accro.
Si je pouvais vivre sans
ton amour, je le ferais,
mais je ne peux pas –
je t’avais prévenu.

A universe with a light touch

A universe with a light touch
all that power all that energy

and still the lightest of touches
time and distance and light

and temperature and in the midst
a light touch gentle and delicate

lips that brush a forehead
or a finger that caresses a cheek

fire and destruction and fault lines
that tear the earth apart and

all the time birth to replace death
and love that binds hearts forever

John Lyons


Un univers tout en douceur

Un univers tout en douceur,
toute cette puissance, toute cette énergie,

et pourtant une caresse infinie.
Le temps, la distance, la lumière,

la température. . .et au cœur de tout cela,
une caresse légère, des lèvres douces

et délicates qui effleurent un front,
un doigt qui caresse une joue…

Le feu, la destruction, les failles
qui déchirent la terre. . .et sans cesse,

la naissance pour remplacer la mort,
et l’amour qui unit les cœurs à jamais.

Entangled particles of beauty

From time to time a robin
the minstrel of ancient woodlands
and back gardens perched on high
filling the air with its beautiful clear
warbling sound with whistles
and pauses and perfectly pitched
notes that slowly fade
in the distance

I’ve known its soothing song
ever since my infancy : I’ve known it
when snow was falling
I’ve known it when the hawthorn
was in bloom and when swifts
and swallows paid their dutiful
summer calls   I’ve known it
all my life  No other bird brings
such simple solace 

John Lyons


Des particules de beauté enchevêtrés

De temps à autre, un rouge-gorge,
le ménestrel des forêts anciennes et
des jardins urbains, perché en hauteur,
emplit l’air de son beau chant clair
et mélodieux, fait de sifflements, de pauses
et de notes parfaitement justes
qui s’estompent lentement au loin.

J’ai connu son chant apaisant depuis
mon enfance : je l’ai connu quand
la neige tombait. Je l’ai connu quand
l’aubépine était en fleurs et quand
les martinets et les hirondelles faisaient
leurs habituelles visites estivales  Je l’ai connu
toute ma vie.  Aucun autre oiseau
n’apporte un réconfort aussi simple.

 

We live among born things

We live among born things
among rocks and stones and trees
among the flowers in the field
among the birds in the air
among every known species
under the sun

When I close my eyes
I take a world with me
into my dreams
into my secret self
and I take you
and my memories of you
and my love for you
and all that we have ever
lived together   I take the light
and the darkness
and the promises we have made
in sickness and in health
till death shall us part
and beyond

John Lyons


Nous vivons parmi les choses vivantes

Nous vivons parmi les choses vivantes,
parmi les rochers, les pierres et les arbres,
parmi les fleurs des champs,
parmi les oiseaux du ciel,
parmi toutes les espèces
connues sous le soleil.

Quand je ferme les yeux,
j’emporte un monde avec moi,
dans mes rêves, au plus secret
de mon être. Et je t’emporte
avec mes souvenirs de toi,
et mon amour pour toi,
et tout ce que nous avons vécu
ensemble. J’emporte la lumière
et l’obscurité, et les promesses
que nous nous sommes faites,
dans la maladie comme dans la santé,
jusqu’à ce que la mort nous sépare,

et au-delà.