Our brief life together

The ancient woodlands
the green open fields
where dogs romp
and children skip on their way
to school  The deep silence
filled only by the wrens and robins
the sparrows and the magpies
marking the dawn with their song
The river that never ceases
to flow through my life
The black barges that bob gently
midstream where the cormorants
perch after sunrise
Places I knew long before
I ever met you
Places that have remained
with me all my life Places
that you knew fleetingly
in our brief life together

John Lyons


Notre brève vie ensemble

Les forêts anciennes
Les champs verdoyants
où les chiens gambadent
et les enfants sautillent
sur le chemin de l’école
Le silence profond rempli
seulement par les troglodytes
et les rouges-gorges
les moineaux et les pies
marquant l’aube de leur chant
La rivière qui ne cesse de couler
à travers ma vie Les barges noires
qui tanguent doucement
au milieu du courant
où les cormorans se perchent
après le lever du soleil
Les endroits que je connaissais
bien avant de te rencontrer
Les endroits qui sont restés
avec moi toute ma vie Les endroits
que tu as connus fugitivement
dans notre brève vie ensemble

Amorous dunes

In terms of place
there was always water
a river dissecting the city
a bridge by a Norman tower
Or in times of place
the ebb and flow of love
the pace of passion
the irresistible rush headlong
into palpable life

Always water :
a seashore of white sand
scattered with the debris
of palm and coconut shells
a scorching sun and frigate birds
skimming the waves

And at night the emergence
of sea turtles there to lay
their soft white eggs
in the amorous dunes
Was I really ever there
at the time?
And you?

John Lyons


Dunes amoureuses

En termes de lieu,
il y avait toujours de l’eau,
une rivière coupant la ville en deux,
un pont près d’une tour normande,
ou encore, à certaines époques,
le flux et le reflux de l’amour,
le rythme de la passion,
la ruée irrésistible vers
la vie palpable.

Toujours de l’eau :
un rivage de sable blanc
parsemé de débris de palmiers
et de noix de coco,
un soleil brûlant et des frégates
effleurant les vagues.

Et la nuit, l’émergence
de tortues marines venues
pondre leurs œufs blancs et mous
dans les dunes amoureuses.
Étais-je vraiment là
à ce moment-là ?
Et toi?

Live life to the full

The way the moon moves
in the night sky constantly shifting
constantly changing shape
The ripe roundness here today
and gone tomorrow
I remember the breath of those
whom I laid in the ground
into the poverty of earth
from which they emerged
the ash of stars the ash
of dreams and expectations
alive only in the memory
And those who once knew fame
all but forgotten : a reputation
smothered in dust   A mother
who once cried for her child
a father who lost his way
and wound up in a meaningless
godless place  What is good
in the world is only love
the rest is dross and bitter
disappointment   Live life
to the full like the sparrows
who never harmed a living
soul and who never will

John Lyons


Vivre la vie jusqu’au bout

La façon dont la lune se déplace
dans le ciel nocturne, changeant
constamment de forme.
La rondeur mûre ici aujourd’hui
et disparue demain Je me souviens
du souffle de ceux que j’ai enterrés
dans la pauvreté de la terre d’où
ils ont émergé – la cendre des étoiles
la cendre des rêves et des espoirs
qui vivent seulement dans la mémoire
Et presque oubliés ceux qui ont connu
la gloire : une réputation étouffée
par la poussière  Une mère qui a pleuré
son enfant, un père qui s’est égaré
et s’est retrouvé dans un endroit
sans sens et sans Dieu. Ce qui est bon
dans le monde n’est que l’amour, le reste
n’est que scories et amère déception
Vivre la vie jusqu’au bout comme les moineaux
qui n’ont jamais fait de mal à personne
et qui ne le feront jamais.

Only love is ever enough

At first light the blackbird
the robin and the song thrush
raise their voices to salute
the new day  Yesterday
was an illusion of which
they have no memory
The earth is turning
and with the incoming season
circumstances have changed
The seeds on the sycamore
have flown and its leaves
have turned to gold
It’s time for us to collect
our thoughts before the year
is out Each and everyone
of us has a rendezvous
from which there’s no escape
We are born and we die poor
Only love is ever enough

John Lyons


Seul l’amour est toujours suffisant

Aux premières lueurs du jour,
le merle, le rouge-gorge
et la grive musicienne élèvent
la voix pour saluer le nouveau jour.
Hier était une illusion dont ils n’ont
aucun souvenir. La terre tourne
et avec l’arrivée de la saison,
les circonstances ont changé.
Les graines du sycomore ont volé
et ses feuilles se sont transformées en or.
Il est temps pour nous de rassembler
nos pensées avant la fin de l’année.
Chacun d’entre nous a un rendez-vous
auquel il n’y a pas d’échappatoire.
Nous naissons et mourons pauvres.
Seul l’amour est toujours suffisant.

Where are you now?

First of the mellow October
morning mists The autumnal pattern
never changes  After the summer nothing
is ever the same  Winter with its clear
night skies is a time to learn
the constellations Tomorrow will look
like today but nothing is ever the same
Many of the summer birds have already
flown south Now is a time for poetry
for poets to stare into their lover’s eyes
and to record the shape of beauty
in their verse The pain of intelligence
passes when warm words are
exchanged You were with me when
the first hundred flakes of snow fell
all those years ago Where are you now?

John Lyons


Où es-tu maintenant ?

Les premières brumes douces des matins
d’octobre  Le motif automnal ne change
jamais  Après l’été, rien n’est plus jamais pareil
L’hiver avec son ciel nocturne clair
est le moment d’apprendre les constellations
Demain ressemblera à aujourd’hui mais rien
n’est jamais pareil  Beaucoup d’oiseaux d’été
sont déjà partis vers le sud C’est maintenant
le moment pour la poésie, pour les poètes
de regarder dans les yeux de leur amant
et d’enregistrer la forme de la beauté
dans leurs vers  La douleur de l’intelligence
passe lorsque des mots chaleureux
sont échangés Tu étais avec moi quand
les cent premiers flocons de neige sont tombés
il y a toutes ces années Où es-tu maintenant ?

When politicians posture

After the leaves have fallen
where does the lark build its nest?
By autumn we had come to the end
of the imagination : war raged
under a blaze of stars and words
had been stripped of any meaning
Silence in the face of inhumanity
and blatant crimes unpunished
not a single pastoral text to redeem
the sacrilege of slaughter : nor a single
trace of guilt on their faces  It takes
a poet to reveal the plain sense of things
Wretched times are these when
politicians posture and make a mockery
of the pursuit of peace and justice

John Lyons


Quand les politiciens prennent la pose

Après la chute des feuilles, où
l’alouette construit-elle son nid ?
À l’automne, nous étions arrivés
aux limites de l’imagination : la guerre
faisait rage sous un éclat d’étoiles
et les mots étaient dénués de tout sens.
Silence face à l’inhumanité et aux crimes
flagrants impunis. Pas un seul texte pastoral
pour racheter le sacrilège du massacre : ni
la moindre trace de culpabilité sur leurs visages.
Il faut un poète pour révéler le sens simple
des choses. Quelle époque malheureuse
que celle où les politiciens prennent la pose
et se moquent de la quête de paix et de justice.

Moonlight

She will sit in the bronze moonlight
brushing her hair and remember the days
when her beauty was legend : she will
consider the debris scattered around her
and her mind will crawl restlessly
from moment to moment to and fro in time :
these were the words and these were the gestures
and these were the acts, the promises
the gifts and the deceptions : she will recall
the weight of his body, the scent of his flesh
the welcome roughness  of his unshaven cheek
against her soft  immaculate skin :
and the need to give  and to receive love
will eat at her soul the need to hold and to be held
tenderly, not in a dream  but in the firm grasp
of his arms.  In the moonlight as she sits there
by the open window brushing her grey
silken hair, she will recall the clink of his key
at the door and the echo of his footsteps
will sound in her mind the light footsteps
as he drew close the rasp of his eager breath
as he stooped to kiss her : and then too too soon
the clumsy pounding  of his heavy feet
that slowly faded on that horrendous day
at dawn when  he withdrew from her life
never to return

John Lyons


Clair de lune

Elle s’assiéra au clair de lune bronze,
se brossant les cheveux, et se souviendra
de l’époque où sa beauté était légendaire :
elle contemplera les débris éparpillés autour d’elle,
et son esprit sautera d’instant en instant,
à travers le temps : ce furent les mots,
ce furent les gestes, ce furent les actes,
les promesses, les cadeaux et les tromperies :
elle se souviendra du poids de son corps,
de l’odeur de sa chair, de la rugosité bienvenue
de sa joue mal rasée, contre sa peau douce
et immaculée : et le besoin de donner
et de recevoir de l’amour rongera son âme,
le besoin de tenir et d’être tenue tendrement,
non pas en rêve, mais dans la ferme étreinte
de ses bras, au clair de lune. Alors qu’elle sera
assise, près de la fenêtre ouverte,
brossant ses cheveux gris et soyeux,
elle se souviendra du cliquetis de sa clé à la porte,
et l’écho de ses pas résonnera dans son esprit.
Les pas légers alors qu’il se rapprochait
le souffle rauque alors qu’il se baissait
pour l’embrasser : et puis, trop tôt, le martèlement
maladroit de ses pieds lourds qui s’estompa
lentement en ce jour horrible à l’aube
où il s’était retiré de sa vie
pour ne jamais revenir

Nocturne

Last night a bed of bright stars
stretched across the black sky
Or if not a bed then let’s says
a sea of bright stars floating
in the empty oceans of space
You and I within this universe
a humble constellation of souls
bound together for life
happy to live out our share
of eternity in each other’s arms
Autumn – the sycamore seeds
are flying and oak and ash
are shedding their leaves
reducing the forest to its bare
bones in preparation for winter
Who knows how many more
storms we will have to weather
and would any of this make
any sense were it not for love?

John Lyons


Nocturne

La nuit dernière,
un lit d’étoiles brillantes
s’étendait sur le ciel noir.
Ou si ce n’est pas un lit,
disons une mer d’étoiles brillantes
flottant dans les océans vides
de l’espace. Toi et moi dans
cet univers, une humble constellation
d’âmes liées pour la vie,
heureuses de vivre notre part
d’éternité dans les bras l’une de l’autre.
L’automne – les graines de sycomore
volent et le chêne et frêne perdent
leurs feuilles, réduisant la forêt
à ses os nus en prévision de l’hiver.
Qui sait combien de tempêtes
nous devrons encore affronter
et tout cela aurait-il un sens
sans l’amour ?

Love is the only bravura

All those years
of writing and reading
and the constant search
amid the earth’s inscriptions
for a sense of what it all means

Wake from the edge of night
hear the patter of rain
Not a note from the birds
but in the distance a train
passing through the cutting

Without my knowledge
I’ve grown old and the time
for dreams is running out
My heart is still warm
even as my breath fades
Love is the only bravura
of any consequence
I’ve done my best

John Lyons


L’amour est la seule bravoure

Toutes ces années
d’écriture et de lecture
et la recherche constante
parmi les inscriptions de la terre
pour comprendre ce que tout
cela signifie

Réveiller au bord de la nuit
et entendre le crépitement
de la pluie
Pas un chant d’oiseau
mais au loin un train
passant à travers la tranchée

À mon insu j’ai vieilli
et le temps des rêves s’épuise
Mon cœur est encore chaud
même si mon souffle s’estompe
L’amour est la seule bravoure
de quelque importance
J’ai fait de mon mieux

I brought her roses

Doors windows
locks and keys
all that keeps us
prisoner all that
sets us free
How did a universe
created from light
capture so much
darkness
I brought her tulips
the tulips faded
I brought her roses
they faded too
Nothing changes
Nothing lasts
We lived by the river
that runs
down to the sea
I held a dream
in my arms
It was only a dream
You were only
a dream
Words are not love
Love never dies
Nothing changes
Nothing lasts forever

John Lyons


Je lui ai apporté des roses

Portes, fenêtres,
serrures et clés
Tout ce qui nous retient
prisonniers Tout ce
qui nous libère
Comment un univers
créé à partir de la lumière
a-t-il pu capturer
autant d’obscurité ?
Je lui ai apporté des tulipes
Les tulipes ont fané
Je lui ai apporté des roses
Elles ont fané aussi
Rien ne change
Rien ne dure
Nous vivions au bord de la rivière
qui descend vers la mer
Je tenais un rêve
dans mes bras
Ce n’était qu’un rêve
Tu n’étais qu’un rêve
Les mots ne sont pas de l’amour
L’amour ne meurt jamais
Rien ne change Rien ne dure
éternellement