The plain sense of things
the end of the imagination ?
I don’t think so— and certainly
not for a fallen leaf
We imagine all our lives
we envisage and plan and hope
and sometimes pray
and whether we gamble or not
we are always calculating odds
she loves me she loves me not
Stare out from the train
as it passes Deptford Green
where children still skateboard
within office hours
where the ornamental pond
is covered in thick green slime
the trees bare these winter days
and all the time I’m imagining
what will happen next
and where will it end
and I think of all those
I have loved and love still
and wonder what they’re about
imagining all the time so that
nothing inanimate or inert
will ever lay down the law
and condemn me to silence
Thoughts and feelings are
expressions sometimes
voiced sometimes not
and our world a construct
of collective consciousness
so fragile it could pass
in the blink of an eye
2017
John Lyons
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Le sens simple
Le sens simple des choses,
la fin de l’imagination ?
Je ne le crois pas – et certainement
pas pour une feuille morte.
Nous imaginons toute notre vie,
nous envisageons, planifions, espérons,
et parfois prions. Que nous prenions
des risques ou non, nous calculons
sans cesse les probabilités :
elle m’aime, elle ne m’aime pas.
Je regarde par la fenêtre du train
qui passe devant Deptford Green,
où les enfants font encore du skate
pendant les heures de bureau,
où le bassin ornemental est recouvert
d’une épaisse vase verte, où les arbres
sont nus en ces jours d’hiver.
Et pendant tout ce temps,
j’imagine ce qui va se passer ensuite,
où cela va finir. Je pense à tous ceux
que j’ai aimés et que j’aime encore,
et je me demande ce qu’ils deviennent.
J’imagine sans cesse, pour que rien
d’inanimé ou d’inerte ne puisse jamais
me dicter ma loi et me condamner au silence.
Les pensées et les sentiments
sont des expressions, parfois exprimées,
parfois non, et notre monde, une construction
de conscience collective si fragile
qu’il pourrait disparaître en un clin d’œil.
wallace stevens
Blithe Spirit

The poet and the poem
the eye
and the landscape
the painter
and the canvas
are one
the field
the campus
all over
streaks and shreds
and flecks of colour
an alphabet
of shape
of gesture
all under the same
heavenly stars
skylarks nest
on the ground
their young sheltered
in the dense undergrowth
until their muscles
are fit enough
to bear them
high into the air
they herald the dawn
with an artistry
and complexity of song
that suggest
true musicianship :
the bird and the song
and the listener
are one
John Lyons
L’Esprit Joyeux
Le poète et le poème,
l’œil et le paysage,
le peintre et la toile,
ne font qu’un.
Le champ, le campus,
partout, des traînées,
des lambeaux,
des éclats de couleur,
un alphabet de formes,
de gestes, le tout sous
les mêmes étoiles célestes.
Les alouettes nichent
à même le sol,
leurs petits abrités
dans l’épaisse végétation,
jusqu’à ce que leurs muscles
soient assez forts pour les porter
haut dans les airs.
Elles annoncent l’aube
avec un art et complexité
de chanson qui suggère
une véritable musicalité :
l’oiseau, le chant et l’auditeur
ne font qu’un.
One early December evening
One early December evening
a bronze supermoon hanging
over the wide river
He wanted his heart
never to cease beating
his breath to calm
his restless mind
So much that was magical
So much that was real
The tight thread of his life
The impulse to go
further and further
to the full extent of his life
To the full extent of his love
To feel the same way
over and over again
For her to be – over and over
To be there over and over
The moon hanging there
a celestial promise
Never to be broken
John Lyons
Un soir de début décembre
Un soir de début décembre,
une super lune de bronze
suspendue au-dessus du large fleuve.
Il voulait que son cœur ne cesse
jamais de battre, que son souffle
apaise son esprit agité.
Tant de choses magiques,
tant de choses réelles.
Le fil ténu de sa vie.
L’impulsion d’aller
toujours plus loin,
de vivre pleinement sa vie,
de vivre pleinement son amour,
De ressentir la même chose
encore et encore – qu’elle soit
encore et encore. Qu’elle soit là,
encore et encore.
La lune suspendue là,
une promesse céleste,
jamais brisée.
Under a crescent moon
Picture this – a crescent moon
above the river of rivers
Two lovers – you and I – strolling
hand in hand in silence or
occasionally exchanging thoughts
Our words pure and simple
celebrating the beauty of life
and the miracle of love
and our belief in the perfection
of the paradise we had built
between us Both had waited
so long for this moment –
almost a lifetime We crossed
a bridge that spanned the dark
waters Gulls perched
on the railings leapt into the air
as we passed – their raucous cries
all that could be heard as they
wheeled around before returning
to the rails Frost began to settle
on the pavements as we made
our way home Anxious not to slip
you took my arm and I felt
the warmth of your breath
on my cheek Nothing lasts forever
Nothing is ever the same Ever
John Lyons
Sous un croissant de lune
Imagine ceci : un croissant de lune
au-dessus du fleuve des fleuves.
Deux amoureux, toi et moi, flânant
main dans la main en silence,
échangeant parfois nos pensées.
Nos mots, purs et simples, célébraient
la beauté de la vie, le miracle de l’amour
et notre foi en la perfection du paradis
que nous avions bâti ensemble.
Nous avions tous deux attendu ce moment
si longtemps, presque toute une vie.
Nous avons traversé un pont qui enjambait
les eaux sombres. Des mouettes, perchées
sur la rambarde, ont bondi dans les airs
à notre passage ; leurs cris rauques étaient
les seuls sons audibles tandis qu’elles tournaient
en rond avant de se poser à nouveau
sur la rambarde. Le givre commençait
à se déposer sur les trottoirs tandis que
nous rentrions chez nous. Soucieuse
de ne pas glisser, tu as pris mon bras
et j’ai senti la chaleur de ton souffle
sur ma joue. Rien ne dure éternellement.
Rien n’est jamais pareil. Jamais.
The blaze of a single star
Could all this life really be
from the blaze of a single star?
Did you and I who met
as lovers begin our journey
light years away Born into
this world of infinite delicacy
and huge tectonic forces : a rose
growing above the seismic
movement of rocks From
the theatre of birth to the drama
of death – the constant challenge
of innocence pitted against guilt
Autumn days are behind us
the frosts of winter beckon
Life passes at the speed of
of a comet shooting across
the night sky and still nobody
knows where the time goes
John Lyons
L’éclat d’une seule étoile
Toute cette vie pourrait-elle vraiment
provenir de l’éclat d’une seule étoile ?
Toi et moi, qui nous sommes rencontrés
en amoureux, avons-nous commencé
notre voyage à des années-lumière ?
Nés dans ce monde d’infinie délicatesse
et d’immenses forces tectoniques : une rose
poussant au-dessus du mouvement sismique
des roches. Du théâtre de la naissance
au drame de la mort : le défi constant
de l’innocence face à la culpabilité.
Les jours d’automne sont derrière nous,
les frimas de l’hiver nous appellent.
La vie s’écoule à la vitesse d’une comète
filant dans le ciel nocturne, et personne
ne sait encore où le temps passe.
The birth of sight
When did vision first appear
in the universe
and who or what saw what?
Who first admired the sun
setting over the Pacific coast?
Who first pledged allegiance
to love under the glow of a full
moon and a black sky peppered
with a billion stars?
Where did the first river run
and were there lovers
strolling along its banks
just as we did so often
when we were first in love
Who cast the first shadows
and thought of the mystery
of time and the fact that nothing
lasts forever and nothing
ever really changes?
John Lyons
La naissance de la vue
Quand est-ce que la vision
est apparue pour la première fois
dans l’univers ? Et qui ou quoi
a vu quoi ? Qui a admiré
pour la première fois le coucher
de soleil sur la côte Pacifique ?
Qui pour la première fois
a juré allégeance à l’amour
sous la réfulgence d’une pleine
lune et un ciel noir parsemé
d’un milliard d’étoiles ?
Où coulait le premier fleuve ?
Est-ce que des amoureux
se promenaient sur ses rives,
comme nous le faisions si
souvent au début de notre amour ?
Qui a projeté les premières
ombres et pensé au mystère
du temps et au fait que rien
ne dure éternellement et que
rien ne change jamais ?
In the Guatemalan forest
The quetzal in the rain forest
sings for its own delight
It knows nothing
of the sacred ceremonies
based around its vibrant
red and green plumage
its long flowing tail feathers
mimicked in the priests robes
It knows nothing of the arrival
of the Spanish nor the devastation
that accompanied them
It feeds largely on fruit and small
grubs and insects and both
the male and the female
incubate the eggs
The wind moves slowly through
the branches The quetzal attends
to its own business – nothing more
John Lyons
Dans la forêt guatémaltèque
Le quetzal dans la forêt tropicale
chante pour son propre plaisir
Il ne sait rien des cérémonies sacrées
basées sur son vibrant plumage
rouge et vert, ses longues plumes
de queue flottantes imitées
dans les robes des prêtres
Il ne sait rien de l’arrivée des Espagnols
ni de la dévastation
qui les a accompagnés
Il se nourrit principalement de fruits
et de petits larves et d’insectes
et le mâle et la femelle couvent les œufs
Le vent se déplace lentement
à travers les branches Le quetzal s’occupe
de ses propres affaires – rien de plus
To be a child again
To be a child again
embark on the discovery of life
of how the wind moves silently
and how rain falls
how trees shed their leaves
and rivers run down to the sea
To celebrate the glow of summer
the diminished autumn lights
the frosts and snow of winter
and learn the words
for being in the world
words for expressing love
To be a child again
a fresh start on a new path
to hold hands again
and to welcome each event
with a joyful open heart
rapt in the slow disclosure
of every prodigal mystery
John Lyons
Redevenir un enfant
Redevenir un enfant,
se lancer dans la découverte de la vie,
de la façon dont le vent se déplace
silencieusement, de la façon dont
la pluie tombe, de la façon
dont les arbres perdent leurs feuilles
et de la façon dont les rivières
coulent vers la mer,
célébrer la lueur de l’été,
les lumières atténuées de l’automne,
les gelées et la neige de l’hiver,
et apprendre les mots
pour être au monde,
les mots pour exprimer l’amour.
Redevenir un enfant,
un nouveau départ sur un nouveau chemin,
main dans la main à nouveau et accueillir
chaque événement
avec un cœur joyeux et ouvert,
ravi par la lente révélation
de chaque prodigue mystère
Water in the fields
The rain pours down
Water in the fields
The marshes swamped
The cattle withdrawn
No sight of the sun
Water in the fields
Hope springs eternal
The air is still
The rain pours down
My heart is full
No fear of the moon
Water in the fields
Golden leaves
and fallen fruit
Water in the fields
Bread in the oven
All the love I need
in you words and deeds
A warm bed to share
Water in the fields
John Lyons
Eau dans les champs
La pluie tombe à verse.
Eau dans les champs.
Les marais sont inondés.
Le bétail est retiré.
Pas de soleil à l’horizon.
Eau dans les champs.
L’espoir renaît.
L’air est calme.
La pluie tombe à verse.
Mon cœur est plein.
Pas peur de la lune.
Eau dans les champs.
Feuilles dorées
et fruits tombés.
Eau dans les champs.
Pain au four.
Tout l’amour dont j’ai besoin,
en tes paroles et en tes actes.
Un lit chaud à partager.
Eau dans les champs.
The bones of my infancy
Here I am still among the bones
of my infancy : the woodlands
the oak the ash the sycomore
the wide open green spaces
where I played so often
the grey river that winds down
to the sea : all the old familiar
topography : the warren where
we counted the rabbit holes
the recreation ground with
its slides and swings and
roundabouts This was where
I invented my idea of the world
where I took my first steps
where I began to succeed
and where from time to time
I stumbled Here I was happy
where I loved and felt loved
In the changing light nothing
changes In the cycle of seasons
I’ve grown old and life now
has the measure of me but
I’ll continue to fight my corner
until my last breath
John Lyons
Les os de mon enfance
Me voici encore parmi les os
de mon enfance : les bois
le chêne le frêne le sycomore
les grands espaces verts
où j’ai si souvent joué
la rivière grise qui serpente
jusqu’à la mer : toute la vieille
topographie familière : le garenne
où l’on comptait les terriers de lapin
le terrain de jeux avec ses toboggans,
ses balançoires et ses manèges
C’est ici que j’ai inventé mon idée
du monde, où j’ai fait mes premiers pas
où j’ai commencé à réussir et
où de temps en temps j’ai trébuché
J’étais heureux ici où j’aimais
et me sentais aimé Dans la lumière
changeante rien ne change Dans
le cycle des saisons j’ai vieilli
et la vie maintenant a ma mesure
mais je continuerai à me battre
jusqu’à mon dernier souffle
