The Stones of Venice

gondola

What drifts through
           the canals of Venice
is light and darkness
           and time : here gondoliers
ply their necessary trade
           each a Charon steering
hearts and minds across a glazed surface
           black wood on water
ferrying them from one stage
            to another —those who
step aboard the slender crafts
            never again seen to disembark
and every twist and turn in the maze
            is a fond farewell

And in the palace a populous 
            painted paradise
and on all sides within and without
           a flowering of wood and stone 
and marble and gold-embroidered silk
            an exuberance of art 
that has stood the test of time
while those who once ruled here
have long since been laid to rest 

            their pomp and their powers
now shades of the past 

Yet we have the measure
           of their legacy
in this instructional text
           that rises with such majesty
up from the original sea
           : the clarity and the beauty endure
but let’s not forget
that we are all passing through

as did those who died defending the city
and those who ran the Inquisition

mere monuments now
            to a memory long gone

Here so many souls have melted
           into the thin air
here where the proud stone
            is worn smooth as time :
the clocks still turn
           the bells still ring
but the roar of the lion
           is no longer heard

February 2017

John Lyons


Les Pierres de Venise

Ce qui flotte à travers
les canaux de Venise
c’est la lumière et l’obscurité
et le temps : ici, les gondoliers
exercent leur métier indispensable
chacun tel un Charon, guidant
les cœurs et les esprits sur une surface vitrée
bois noir sur l’eau
les transportant d’un endroit à l’autre
— ceux qui montent à bord
de ces fines embarcations
ne sont plus jamais revus débarquer
et chaque détour dans ce labyrinthe
est un tendre adieu

Et dans le palais, une foule
le paradis peint et de tous côtés,
à l’intérieur comme à l’extérieur,
une floraison de bois et de pierre
et de marbre et soie brodée d’or
une exubérance artistique
qui a résisté à l’épreuve du temps
tandis que ceux qui régnaient autrefois ici
reposent en paix depuis longtemps
leur pompe et leur pouvoir
désormais des ombres du passé

Pourtant, nous avons la mesure
de leur héritage
dans ce texte didactique
qui s’élève avec une telle majesté
de la mer originelle
: la clarté et la beauté perdurent
mais n’oublions pas
que nous ne faisons que passer
comme ceux qui sont morts
en défendant la ville
et ceux qui dirigeaient l’Inquisition
de simples monuments désormais
à un souvenir lointain

Ici, tant d’âmes se sont fondues
dans l’air raréfié
ici, où la pierre fière
est polie par le temps :
les horloges tournent encore
les cloches sonnent encore
mais le rugissement du lion
ne se fait plus entendre

Février 2017

One early December evening

One early December evening
a bronze supermoon hanging
over the wide river

He wanted his heart
never to cease beating
his breath to calm
his restless mind

So much that was magical
So much that was real
The tight thread of his life
The impulse to go
further and further
to the full extent of his life
To the full extent of his love

To feel the same way
over and over again
For her to be – over and over
To be there over and over

The moon hanging there
a celestial promise
Never to be broken

John Lyons


Un soir de début décembre

Un soir de début décembre,
une super lune de bronze
suspendue au-dessus du large fleuve.

Il voulait que son cœur ne cesse
jamais de battre, que son souffle
apaise son esprit agité.

Tant de choses magiques,
tant de choses réelles.
Le fil ténu de sa vie.
L’impulsion d’aller
toujours plus loin,
de vivre pleinement sa vie,
de vivre pleinement son amour,

De ressentir la même chose
encore et encore – qu’elle soit
encore et encore. Qu’elle soit là,
encore et encore.

La lune suspendue là,
une promesse céleste,
jamais brisée.

What shall we do with age?

What shall we do with age?
Put it all behind us and celebrate
the living breath before the dust settles
Today the cool winter sky is resplendent
a pale blue strewn with thin cloud
through which the sunlight filters
with a warm glow  I have a full view
of the inveterate river and of the ferries
that ply back and forth  I have a mind
and a heart full of memories – moments
of happiness from throughout my life
I played here as a child and now
in my advancing years I stroll down
to the water and watch the gulls
cavorting in the air or pecking
at the mudflats at low tide to retrieve
their food for the day The world will
not be perfected in my lifetime but
there has been progress – not enough
but there will be more in good time

John Lyons


Que faire de l’âge ?

Que faire de l’âge ?  Le laisser derrière
nous et célébrer la vie avant que la poussière
ne retombe. Aujourd’hui, le ciel frais d’hiver
resplendit d’un bleu pâle parsemé de fins nuages ​​
à travers lesquels la lumière du soleil filtre
d’une douce lueur. J’ai une vue imprenable
sur le fleuve invétéré et les ferries
qui font la navette. Mon esprit et mon cœur
sont remplis de souvenirs, de moments
de bonheur qui ont jalonné ma vie.
J’ai joué ici enfant et maintenant, à présent,
je descends jusqu’à l’eau et observe
les mouettes s’ébattre dans les airs
ou picorer la vase à marée basse
pour se nourrir. Le monde ne sera pas
parfait de mon vivant, mais des progrès
ont été accomplis – insuffisants, certes,
mais il y en aura d’autres en temps voulu

Golden leaves

Golden leaves embellished
by the sunlight that killed them
Winter has a beauty all of its own
A single heron standing proud
on the edge of the mudflats
contemplates the smooth silent
flow of the river

The natural world is always
so gentle on the eye
The mature trees locked
into their given shapes
and age is an irrelevance
Nothing changes
Nothing lasts forever
Nothing is ever the same

John Lyons


Feuilles dorées

Des feuilles dorées, embellies
par le soleil qui les a tuées.
L’hiver a une beauté singulière.
Un héron solitaire, fier, se dresse
au bord de la vasière et contemple
le cours paisible et silencieux
de la rivière.

La nature est toujours
si douce pour le regard.
Les arbres matures, figés
dans leurs formes originelles,
l’âge n’a plus d’importance.
Rien ne change.
Rien ne dure éternellement.
Rien n’est jamais pareil.

The dead are always with us

The mystery of light and darkness
of time and eternity : all things that
constitute an antithesis
War and peace  Love and hatred
Poverty and wealth   Matter and
anti-matter  The list is endless
The dark voice of winter
heard as it moves through the trees
Bird silence as the wind ruffles
their feathers  What lies beyond
the imaginable stars?  Why are
our dreams immeasurable?
Why is enough never enough?

Anglers on the blue pier cast
their baited lines  They live
in permanent anticipation  Hope
against hope Never once have
I seen a fish pulled from the
murky waters  Today a grey mist
has descended  It shrouds
the illusion of reality  The dead
are always with us somewhere

John Lyons


Les morts sont toujours avec nous

Le mystère de la lumière et des ténèbres,
du temps et de l’éternité : tant de choses
qui constituent une antithèse.
Guerre et paix, amour et haine,
pauvreté et richesse, matière et antimatière…
La liste est infinie. La voix sombre de l’hiver
se fait entendre lorsqu’elle traverse les arbres.
Le silence des oiseaux, tandis que le vent
ébouriffe leurs plumes. Qu’y a-t-il au-delà
des étoiles imaginables ? Pourquoi nos rêves
sont-ils incommensurables ? Pourquoi
en avoir assez n’est jamais assez ?

Des pêcheurs sur la jetée bleue
lancent leurs lignes appâtées.
Ils vivent dans une anticipation
permanente, espoir contre espoir.
Jamais je n’ai vu un poisson sorti
de ces eaux troubles. Aujourd’hui,
un brouillard gris est descendu.
Il enveloppe l’illusion de la réalité.
Les morts sont toujours avec nous,
quelque part.