The bare truth

The bare truth
of naked winter trees
Nothing lasts forever
Nothing is ever lost

The leaves will return
in the springtime
blossom followed by
all kinds of fruit

Just as the river runs
so the seasons
take their turn
Nothing changes
Nothing is ever
the same

John Lyons


La vérité nue

La vérité nue
des arbres d’hiver nus :
rien ne dure éternellement,
rien ne se perd jamais.

Les feuilles reviendront
au printemps,
suivies des fleurs et
de toutes sortes de fruits.

Tout comme la rivière coule,
les saisons se succèdent.
Rien ne change,
rien n’est jamais pareil.

The price of love

How bright the day
in its winter coldness
northerly winds tearing
at the almost bare branches
I’m old enough to remember
what is was like to be young
to shiver in the mornings
as I dressed for school
to run home at the end
of the day to the welcome
warmth of a coal fire burning
in the hearth  Stars rain
sun moon the shifting seasons
that carried us into adulthood
In the mirror I observe that life
has left its marks on my face
where the years sag around
the eyes – the deep lines etched
on the brow from a wealth
of experience and the one
lesson learned that love
is always the price of love

John Lyons


Le prix de l’amour

Qu’est-ce que la journée est
lumineuse dans son froid hivernal,
les vents du nord déchirant
les branches presque nues.
Je suis assez âgé pour me souvenir
de ce que c’était que d’être jeune,
de frissonner le matin en m’habillant
pour l’école, de courir à la maison
à la fin de la journée vers la chaleur
accueillante d’un feu de charbon
brûlant dans la cheminée.
Les étoiles, la pluie, le soleil, la lune,
le changement des saisons,
autant de souvenirs qui nous ont
accompagnés jusqu’à l’âge adulte.
Dans le miroir, je constate
que la vie a laissé ses marques
sur mon visage, où les années
creusent le contour de mes yeux,
les rides profondes gravées
sur mon front par une riche
expérience et une seule leçon
apprise : que l’amour es toujours
le prix de l’amour.

A view of the Thames at Erith

A view of the Thames at Erith

The river of a time remembered
man-made – lined with cranes
and warehouses The bustling river
of commerce and prosperity
for some – the river of hard labour
of a time remembered – gone forever
This life – all of the sun’s making
A childhood schooled in time
in family and friends and the dream
of sustained love  The smooth flow
of waters that slowly become the sea
On the northern bank a landfill site
that has grown throughout my years
that has been landscaped and greened
and now encloses a multitude of sins
the detritus of human life no different
from the middens from prehistoric
periods of occupation as natural
as any hillside except for the absence
of trees and shrubs – a poverty of
intelligence where no shadow walks

John Lyons


Vue de la Tamise à Erith

Le fleuve d’une époque rémemorée,
façonné par l’homme, bordé de grues
et d’entrepôts. Le fleuve animé
du commerce et de la prospérité
pour certains, le fleuve du dur labeur
d’une époque révolue, à jamais disparue.
Cette vie, entièrement façonnée par le soleil.
Une enfance bercée par le temps,
la famille et les amis, et le rêve
d’un amour éternel. Le doux cours
des eaux qui deviennent lentement
la mer.  Sur la rive nord, une décharge
qui s’est étendue au fil des ans,
aménagée et verdie, et qui renferme
désormais une multitude de péchés,
les détritus de la vie humaine, semblables
aux amas coquilliers des périodes
préhistoriques d’occupation, aussi naturels
qu’une colline, si ce n’est l’absence
d’arbres et d’arbustes – une pauvreté
d’intelligence où aucune ombre ne rôde.

Only the poem makes sense

Dense fog lies across
the mystic river
Subterranean time
continues to flow unabated

One more Saturday
but who’s really counting?
Grey ghostly silhouettes
of ships ply the water
back and forth

There are pigeons – plump
pods of life – perched
in the trees closest
to my window
Hardly a breath of air
moving  Only the poem
makes any sense at all

John Lyons

Seul le poème a un sens
 
Un épais brouillard recouvre
la rivière mystique.
Le temps souterrain continue
de s’écouler sans relâche.

Encore un samedi, mais
qui les compte vraiment ?
Les silhouettes grises et
fantomatiques des navires
sillonnent l’eau.

Des pigeons – petits êtres
dodus de vie – sont perchés
dans les arbres les plus proches
de ma fenêtre. À peine
un souffle d’air. Seul
le poème a un sens.

Love in a drifting universe

Drifting towards what?
Drifting towards where?
A time capsule adrift
in the universe
From my window a view
of the river that drifts out to sea
The whole of creation is migrating
Nothing entirely fixed
in the grey particulars of our life
Where did humanity begin
and where does it end?
We have our hymns and lullabies
to soothe us
We have the rocks and stones
and trees that pin us
to our location
We have the stars which we count
for our own amusement
We have the power of dreams
into which to escape
momentarily from the burdens
of our day to day
We have the power of words
with which to shape an image
of ourselves
We worship all that is ephemeral
the fragrance and beauty of life
We know we must all pass
inevitably through the narrow gate
We pray between now and then
that love will not desert us

John Lyons


Simplement à la dérive

Dérivant vers quoi ?
Dérivant vers où ?
Une capsule temporelle à la dérive
dans l’univers. De ma fenêtre,
la vue du fleuve qui se jette dans la mer.
La création tout entière
est en mouvement. Rien n’est figé
dans les détails gris de notre vie.
Où l’humanité a-t-elle commencé
et où finira-t-elle ?
Nous avons nos hymnes et nos berceuses
pour nous apaiser.
Nous avons les rochers, les pierres
et les arbres qui nous ancrent à notre lieu.
Nous avons les étoiles que nous comptons
pour nous amuser. Nous avons
le pouvoir des rêves pour nous évader
un instant des fardeaux du quotidien.
Nous avons le pouvoir des mots
pour façonner l’image de nous-mêmes.
Nous vénérons tout ce qui est éphémère,
le parfum et la beauté de la vie.
Nous savons que nous devons tous passer
inévitablement par la porte étroite.
Nous prions, d’ici là, pour que l’amour
ne nous abandonne pas.

Under a crescent moon

Picture this – a crescent moon
above the river of rivers
Two lovers – you and I – strolling
hand in hand in silence or
occasionally exchanging thoughts
Our words pure and simple
celebrating the beauty of life
and the miracle of love
and our belief in the perfection
of the paradise we had built
between us   Both had waited
so long for this moment –
almost a lifetime   We crossed
a bridge that spanned the dark
waters   Gulls perched
on the railings leapt into the air
as we passed – their raucous cries
all that could be heard as they
wheeled around before returning
to the rails  Frost began to settle
on the pavements as we made
our way home Anxious not to slip
you took my arm and I felt
the warmth of your breath
on my cheek  Nothing lasts forever
Nothing is ever the same  Ever

John Lyons


Sous un croissant de lune

Imagine ceci : un croissant de lune
au-dessus du fleuve des fleuves.
Deux amoureux, toi et moi, flânant
main dans la main en silence,
échangeant parfois nos pensées.
Nos mots, purs et simples, célébraient
la beauté de la vie, le miracle de l’amour
et notre foi en la perfection du paradis
que nous avions bâti ensemble.
Nous avions tous deux attendu ce moment
si longtemps, presque toute une vie.
Nous avons traversé un pont qui enjambait
les eaux sombres. Des mouettes, perchées
sur la rambarde, ont bondi dans les airs
à notre passage ; leurs cris rauques étaient
les seuls sons audibles tandis qu’elles tournaient
en rond avant de se poser à nouveau
sur la rambarde. Le givre commençait
à se déposer sur les trottoirs tandis que
nous rentrions chez nous. Soucieuse
de ne pas glisser, tu as pris mon bras
et j’ai senti la chaleur de ton souffle
sur ma joue. Rien ne dure éternellement.
Rien n’est jamais pareil. Jamais.

A glorious red sky

A glorious red sky at dawn
and in the distance the smooth
endless river The pink carnations
standing in the tall slim vase are
beginning to open alongside
the white roses  Squirrels are
moving from branch to branch
in the trees I see from my window
Blackbirds are warming themselves
up for the day ahead  The wrens
and robins are in full voice
Small children will soon begin
to file into their school day It takes
little imagination to perceive
the beauty of the world around us
all of it out of the same light

John Lyons


Un ciel rouge flamboyant

Un ciel rouge flamboyant à l’aube
et, au loin, la rivière paisible et infinie.
Les œillets roses, dans le grand vase
élancé, commencent à s’ouvrir,
aux côtés des roses blanches.
Des écureuils sautent de branche
en branche dans les arbres
que je vois de ma fenêtre. 
Des merles se préparent pour la journée.
Les troglodytes et les rouges-gorges
chantent à tue-tête. Bientôt,
les petits enfants commenceront à entrer
dans l’école. Il suffit de très peu
d’imagination pour percevoir la beauté
du monde qui nous entoure,
toute sortie de la même lumière.

Love is not over

Love is not over
love that comes
with soft touch
and gentle words
Love is not over

The eyes search
and the hands reach
and all the senses
are alive in expectation

Love’s sweet perfume
fills the air
thrills the heart
is there in the memory
of what will always be
wholesome love
that delights
in the pleasure
of another

The simplicity of love
surpasses the convoluted
beauty of roses
the levity of butterflies
It is the life-breath of stars :
No — love is not over

John Lyons


L’amour n’est pas fini

L’amour n’est pas fini.
L’amour qui s’accompagne
de caresses et de mots tendres,
l’amour n’est pas fini.

Les yeux cherchent,
les mains se tendent,
et tous les sens s’éveillent
d’espoir.

Le doux parfum de l’amour
embaume l’air,
fait vibrer le cœur,
demeure dans le souvenir
de ce qui sera toujours
un amour pur, un amour
qui se délecte du plaisir de l’autre.

La simplicité de l’amour
surpasse la complexe beauté
des roses, la légèreté des papillons.
Il est le souffle de vie des étoiles.
Non, l’amour n’est pas fini.

I dream out to you

Insofar as you are near, I reach out to you
with my dreams : how many candles
have I burned to your name ?
Plans we made have gone awry
but there is always another day
and the dust that is to settle
has yet to settle

Time – you say, but time is a sword
a rapier with which we fence
and sooner or later one of us will
get nicked and the blood of your
or my complexion will flow
and there will be no staunching it

Time flows through our veins
though we may not be synchronised

Observe the birds how each species
appears to inhabit its own particular
dimension and though the different planes
intersect, each world is absolutely discrete
no more a rose than a lily or gardenia

Two parrots atop a phone mast,
each using the technology to signal
to each other, parallel technologies
a morse pecking, ringing out
across the deserted station platform
Zero degrees and nobody listening
except me

As for you and I, I dream out to you
I hold my breath and pray for you
to pray for me but not parrot fashion
:  the north wind winds around my body
sensation is slowly draining out of my feet

Last night I thought I had found a path
in the winter sky arms outstretched
my eyes raised to the heavens
feeling my way in the darkness
among the stars until I could put
my hand on the plough

Last night I thought I had finally
found a way home
but my hand slipped

John Lyons


Je rêve vers toi

Dans la mesure où tu es proche,
je rêve vers toi : combien de bougies
ai-je brûlées à ta gloire ?
Nos plans ont déraillé, mais il y a toujours
un autre jour, et la poussière qui devait retomber
ne s’est pas encore retombée.

Le temps, tu dis, mais le temps
est une épée, une rapière avec laquelle
nous nous affrontons, et tôt ou tard,
l’un de nous sera blessé, le sang de ta peau
ou de la mienne coulera, et rien ne pourra l’arrêter.

Le temps coule dans nos veines, même si
nous ne sommes pas synchronisés.

Observe les oiseaux : chaque espèce
semble habiter sa propre dimension,
et bien que les différents plans s’intersectent,
chaque monde est absolument distinct,
plus une rose qu’un lys ou un gardénia.

Deux perroquets au sommet d’un pylône
téléphonique, chacun utilisant la technologie
pour communiquer avec l’autre,
des technologies parallèles,
un morse qui résonne sur le quai désert
de la gare. Zéro degré et personne n’écoute,
sauf moi.

Quant à toi et moi, je rêve vers toi.
Je retiens mon souffle et je prie pour que
tu pries pour moi, mais pas à la manière
des perroquets : le vent du nord s’enroule
autour de mon corps. La sensation disparaît
lentement de mes pieds

Hier soir, je pensais avoir trouvé un chemin
dans le ciel d’hiver, bras tendus, les yeux levés
vers le paradis, tâtonnant dans l’obscurité
parmi les étoiles jusqu’à ce que je puisse
poser la main sur la charrue.

Hier soir, j’ai cru avoir enfin trouvé le chemin
du retour, mais ma main a glissé.

Beauty in the eye

In the stillness
in the silence
I watch the river flow
smoothly heading
out to sea

Times lived here
deep in the memory
Times that will never
return

The sacrifices we make
for poetry and for love
The  significance we lend
to the universe

The warmth of her hand
the warmth of her lips
these are the true treasures
Beauty in the eye

John Lyons


La beauté dans les yeux

Dans le calme,
dans le silence,
je contemple le fleuve
qui coule paisiblement
vers la mer.

Des moments vécus ici,
gravés au plus profond
de ma mémoire, des moments
à jamais révolus.

Les sacrifices que nous faisons
pour la poésie et pour l’amour,
le sens que nous donnons
à l’univers.

La chaleur de sa main,
la chaleur de ses lèvres :
voilà les vrais trésors.
La beauté dans les yeux