December born

Today no storm of words
           but calm reflection
to mark the anniversary
           the winters I’ve seen
the rivers and mountains
           and cities built from dust
What peace I’ve known
           in the midst of turmoil
how many times
           the generous hand of love
and strokes of good fortune
           somewhere to lay my head
and dream of better times
           And for your lips
for your eternal smile
           for every ample hour
for your warm breath
           upon my stubbled face
for this much and much more
           I give thanks

John Lyons


Né en décembre

Aujourd’hui, point de tempête de mots
           seulement une douce réflexion
pour marquer l’anniversaire
           Les hivers que j’ai vus
les rivières et les montagnes
           et les villes bâties de poussière
Quelle paix j’ai connue
           au milieu de la tourmente
Combien de fois
           la main généreuse de l’amour
et les coups de chance
           un endroit où poser ma tête
et rêver de jours meilleurs
           Et pour tes lèvres
pour ton sourire éternel
           pour chaque heure précieuse
pour ton souffle chaud
           sur mon visage barbu
pour tout cela
           et bien plus encore
Je suis reconnaissant

The Stones of Venice

gondola

What drifts through
           the canals of Venice
is light and darkness
           and time : here gondoliers
ply their necessary trade
           each a Charon steering
hearts and minds across a glazed surface
           black wood on water
ferrying them from one stage
            to another —those who
step aboard the slender crafts
            never again seen to disembark
and every twist and turn in the maze
            is a fond farewell

And in the palace a populous 
            painted paradise
and on all sides within and without
           a flowering of wood and stone 
and marble and gold-embroidered silk
            an exuberance of art 
that has stood the test of time
while those who once ruled here
have long since been laid to rest 

            their pomp and their powers
now shades of the past 

Yet we have the measure
           of their legacy
in this instructional text
           that rises with such majesty
up from the original sea
           : the clarity and the beauty endure
but let’s not forget
that we are all passing through

as did those who died defending the city
and those who ran the Inquisition

mere monuments now
            to a memory long gone

Here so many souls have melted
           into the thin air
here where the proud stone
            is worn smooth as time :
the clocks still turn
           the bells still ring
but the roar of the lion
           is no longer heard

February 2017

John Lyons


Les Pierres de Venise

Ce qui flotte à travers
les canaux de Venise
c’est la lumière et l’obscurité
et le temps : ici, les gondoliers
exercent leur métier indispensable
chacun tel un Charon, guidant
les cœurs et les esprits sur une surface vitrée
bois noir sur l’eau
les transportant d’un endroit à l’autre
— ceux qui montent à bord
de ces fines embarcations
ne sont plus jamais revus débarquer
et chaque détour dans ce labyrinthe
est un tendre adieu

Et dans le palais, une foule
le paradis peint et de tous côtés,
à l’intérieur comme à l’extérieur,
une floraison de bois et de pierre
et de marbre et soie brodée d’or
une exubérance artistique
qui a résisté à l’épreuve du temps
tandis que ceux qui régnaient autrefois ici
reposent en paix depuis longtemps
leur pompe et leur pouvoir
désormais des ombres du passé

Pourtant, nous avons la mesure
de leur héritage
dans ce texte didactique
qui s’élève avec une telle majesté
de la mer originelle
: la clarté et la beauté perdurent
mais n’oublions pas
que nous ne faisons que passer
comme ceux qui sont morts
en défendant la ville
et ceux qui dirigeaient l’Inquisition
de simples monuments désormais
à un souvenir lointain

Ici, tant d’âmes se sont fondues
dans l’air raréfié
ici, où la pierre fière
est polie par le temps :
les horloges tournent encore
les cloches sonnent encore
mais le rugissement du lion
ne se fait plus entendre

Février 2017

One early December evening

One early December evening
a bronze supermoon hanging
over the wide river

He wanted his heart
never to cease beating
his breath to calm
his restless mind

So much that was magical
So much that was real
The tight thread of his life
The impulse to go
further and further
to the full extent of his life
To the full extent of his love

To feel the same way
over and over again
For her to be – over and over
To be there over and over

The moon hanging there
a celestial promise
Never to be broken

John Lyons


Un soir de début décembre

Un soir de début décembre,
une super lune de bronze
suspendue au-dessus du large fleuve.

Il voulait que son cœur ne cesse
jamais de battre, que son souffle
apaise son esprit agité.

Tant de choses magiques,
tant de choses réelles.
Le fil ténu de sa vie.
L’impulsion d’aller
toujours plus loin,
de vivre pleinement sa vie,
de vivre pleinement son amour,

De ressentir la même chose
encore et encore – qu’elle soit
encore et encore. Qu’elle soit là,
encore et encore.

La lune suspendue là,
une promesse céleste,
jamais brisée.

What shall we do with age?

What shall we do with age?
Put it all behind us and celebrate
the living breath before the dust settles
Today the cool winter sky is resplendent
a pale blue strewn with thin cloud
through which the sunlight filters
with a warm glow  I have a full view
of the inveterate river and of the ferries
that ply back and forth  I have a mind
and a heart full of memories – moments
of happiness from throughout my life
I played here as a child and now
in my advancing years I stroll down
to the water and watch the gulls
cavorting in the air or pecking
at the mudflats at low tide to retrieve
their food for the day The world will
not be perfected in my lifetime but
there has been progress – not enough
but there will be more in good time

John Lyons


Que faire de l’âge ?

Que faire de l’âge ?  Le laisser derrière
nous et célébrer la vie avant que la poussière
ne retombe. Aujourd’hui, le ciel frais d’hiver
resplendit d’un bleu pâle parsemé de fins nuages ​​
à travers lesquels la lumière du soleil filtre
d’une douce lueur. J’ai une vue imprenable
sur le fleuve invétéré et les ferries
qui font la navette. Mon esprit et mon cœur
sont remplis de souvenirs, de moments
de bonheur qui ont jalonné ma vie.
J’ai joué ici enfant et maintenant, à présent,
je descends jusqu’à l’eau et observe
les mouettes s’ébattre dans les airs
ou picorer la vase à marée basse
pour se nourrir. Le monde ne sera pas
parfait de mon vivant, mais des progrès
ont été accomplis – insuffisants, certes,
mais il y en aura d’autres en temps voulu

Golden leaves

Golden leaves embellished
by the sunlight that killed them
Winter has a beauty all of its own
A single heron standing proud
on the edge of the mudflats
contemplates the smooth silent
flow of the river

The natural world is always
so gentle on the eye
The mature trees locked
into their given shapes
and age is an irrelevance
Nothing changes
Nothing lasts forever
Nothing is ever the same

John Lyons


Feuilles dorées

Des feuilles dorées, embellies
par le soleil qui les a tuées.
L’hiver a une beauté singulière.
Un héron solitaire, fier, se dresse
au bord de la vasière et contemple
le cours paisible et silencieux
de la rivière.

La nature est toujours
si douce pour le regard.
Les arbres matures, figés
dans leurs formes originelles,
l’âge n’a plus d’importance.
Rien ne change.
Rien ne dure éternellement.
Rien n’est jamais pareil.

The dead are always with us

The mystery of light and darkness
of time and eternity : all things that
constitute an antithesis
War and peace  Love and hatred
Poverty and wealth   Matter and
anti-matter  The list is endless
The dark voice of winter
heard as it moves through the trees
Bird silence as the wind ruffles
their feathers  What lies beyond
the imaginable stars?  Why are
our dreams immeasurable?
Why is enough never enough?

Anglers on the blue pier cast
their baited lines  They live
in permanent anticipation  Hope
against hope Never once have
I seen a fish pulled from the
murky waters  Today a grey mist
has descended  It shrouds
the illusion of reality  The dead
are always with us somewhere

John Lyons


Les morts sont toujours avec nous

Le mystère de la lumière et des ténèbres,
du temps et de l’éternité : tant de choses
qui constituent une antithèse.
Guerre et paix, amour et haine,
pauvreté et richesse, matière et antimatière…
La liste est infinie. La voix sombre de l’hiver
se fait entendre lorsqu’elle traverse les arbres.
Le silence des oiseaux, tandis que le vent
ébouriffe leurs plumes. Qu’y a-t-il au-delà
des étoiles imaginables ? Pourquoi nos rêves
sont-ils incommensurables ? Pourquoi
en avoir assez n’est jamais assez ?

Des pêcheurs sur la jetée bleue
lancent leurs lignes appâtées.
Ils vivent dans une anticipation
permanente, espoir contre espoir.
Jamais je n’ai vu un poisson sorti
de ces eaux troubles. Aujourd’hui,
un brouillard gris est descendu.
Il enveloppe l’illusion de la réalité.
Les morts sont toujours avec nous,
quelque part.

Keeper of the keys to paradise

Pale pink plumage
a black tail and white rump
the jay has a pale crown
with black streaks and black
facial markings  Its wings
are black and white
with a panel of distinctive
electric-blue feathers
I see it from time to time
resting in the sycamore
just beyond my window
I know it feeds on acorns
and has a cache of them
somewhere close by
It knows nothing
of the disarray
in our world order
nothing of the injustices
meted out by man to man
It lives in perfect harmony
This garrulous bird is keeper
of the keys to paradise

John Lyons


Gardien des clés du paradis

Plumage rose pâle,
queue noire et croupion blanc,
le geai a une calotte pâle
striée de noir et des marques
faciales noires. Ses ailes sont
noires et blanches avec un panneau
de plumes bleu électrique distinctives.
Je le vois de temps en temps
se reposer dans le sycomore juste
au-delà de ma fenêtre. Je sais
qu’il se nourrit de glands
et qu’il en a une réserve quelque part
à proximité. Il ne connaît rien
du désordre  de notre monde,
rien des injustices infligées
par l’homme à l’homme.
Il vit en parfaite harmonie.
Cet oiseau bavard est le gardien
des clés du paradis.

Who before dying?

Who before dying would not
wish for eternal life
would not hunger and thirst
for continued experience
would not wish to repair
the damage done or
the opportunities lost
or savour once again
those moments of passion
that so thrilled the body and
moved the soul to ecstasy
Who before dying would not
wish to explore fresh pastures
renew old acquaintances and
strike up fresh friendships with
a thousand unknown faces
Who before dying would not
wish to see an end to all wars
and the burial of all enmity
in which peace and justice
envelope the entire world
with a proud and enduring
mantle of love Who indeed?

John Lyons


Qui, avant de mourir?

Qui, avant de mourir,
ne souhaiterait pas la vie éternelle,
n’aurait pas faim et soif de nouvelles
expériences, ne désirerait pas
réparer les dégâts causés
ou les occasions manquées,
ou savourer à nouveau
ces moments de passion qui
ont tant fait vibrer le corps
et transporté l’âme en extase ?
Qui, avant de mourir,
ne souhaiterait pas explorer
de nouveaux horizons, renouer
de vieilles connaissances et nouer
de nouvelles amitiés avec mille inconnus ?
Qui, avant de mourir,
ne souhaiterait pas voir la fin
de toutes les guerres et l’enterrement
de toute inimitié, et que la paix
et la justice enveloppent le monde
entier d’un manteau d’amour
fier et durable ? Qui donc ?

I write with loose bones

I write with loose bones
bones that have served me
a lifetime but which with age
have grown loose and sometimes
unpredictable  Out on the street
I’ve been known to stumble
to lose my footing or to suffer
a brief episode of vertigo
Darkness has descended
and I can no longer see the river
The space around me is filled
with silence with stillness
And so I retreat into my thoughts
into my memories of people
and places and moments
of happiness moments of love
I write with loose bones
and muscles that have grown
slack  But I still write with purpose
charting the dreams I have lived
and the dreams that have gone
awry – my season in heaven
and my season in hell
Regrets? I’ve had a few
Who hasn’t? I can still recall
the sound of her voice
even as it faded in the distance
What I lost with her departure
can never be regained
So I write with loose bones
Nothing ever changes
Nothing is ever the same

John Lyons


J’écris avec des os desserrés

J’écris avec des os desserrés,
des os qui m’ont servi toute une vie,
mais qui, avec l’âge, se sont désolidarisés
et sont parfois imprévisibles.
Dans la rue, il m’arrive de trébucher,
de perdre l’équilibre ou d’être pris
d’un bref vertige. L’obscurité est tombée
et je ne vois plus la rivière. L’espace
autour de moi est empli de silence,
d’immobilité. Alors je me réfugie
dans mes pensées, dans mes souvenirs
de personnes, de lieux et de moments
de bonheur, de moments d’amour.
J’écris avec des os desserrés et
des muscles relâchés, mais j’écris toujours
avec détermination, retraçant les rêves
que j’ai vécus et ceux qui ont déraillé,
ma saison au paradis et ma saison en enfer.
Des regrets ? J’en ai eu quelques-uns.
Qui n’en a pas ? Je me souviens encore
du son de sa voix, même lorsqu’elle
s’estompait au loin. Ce que j’ai perdu
avec son départ ne pourra jamais
être retrouvé. Alors j’écris avec des os
desserrés. Rien ne change jamais.
Rien n’est jamais pareil.

You who in winter sit

You who in winter sit behind frosted panes 
your breath vanishing before your eyes
observe that the moon is no longer beneath your feet
but high in the dark empty sky

You who in winter sit sat upon the sadness of your dreams
or the loss of your love, observe the sun rising in the east
shedding its warm light across the cold day

You who in winter sit waiting for life to appear
recognise that it is never anywhere other than within
your heart and yours to administer like the loyal and
faithful servant tasked with spreading the good news

John Lyons


Vous qui, en hiver, restez assis

Vous qui, en hiver, restez assis derrière des vitre
givrées, le souffle s’évanouissant sous vos yeux,
observez que la lune n’est plus à vos pieds, mais
haut dans le ciel sombre et vide.

Vous qui, en hiver, restez assis, accablé par la
tristesse de vos rêves ou la perte de votre amour,
observez le soleil se lever à l’est, répandant sa
chaude lumière sur le froid du jour.

Vous qui, en hiver, attendez que la vie se manifeste,
reconnaissez qu’elle ne se trouve jamais ailleurs que
dans votre cœur et qu’il vous appartient de la faire
fructifier, tel un serviteur loyal et fidèle chargé de
répandre la bonne nouvelle.