The birth of sight

When did vision first appear
in the universe
and who or what saw what?
Who first admired the sun
setting over the Pacific coast?
Who first pledged allegiance
to love under the glow of a full
moon and a black sky peppered
with a billion stars?
Where did the first river run
and were there lovers
strolling along its banks
just as we did so often
when we were first in love
Who cast the first shadows
and thought of the mystery
of time and the fact that nothing
lasts forever and nothing
ever really changes?

John Lyons


La naissance de la vue

Quand est-ce que la vision
est apparue pour la première fois
dans l’univers ? Et qui ou quoi
a vu quoi ? Qui a admiré
pour la première fois  le coucher
de soleil sur la côte Pacifique ?
Qui pour la première fois
a juré allégeance à l’amour
sous la réfulgence d’une pleine
lune et un ciel noir parsemé
d’un milliard d’étoiles ?
Où coulait le premier fleuve ?
Est-ce que des amoureux
se promenaient sur ses rives,
comme nous le faisions si
souvent au début de notre amour ?
Qui a projeté les premières
ombres et pensé au mystère
du temps et au fait que rien
ne dure éternellement et que
rien ne change jamais ?

No other happiness

Not quite a tempest
but the rain was lashing
all night long and at dawn
the wind is still thrashing
the trees methodically
stripping them of their
remaining leaves What
a difference a day makes
Twenty-four hours ago
a rainbow mid-afternoon
a colourful promise that
lasted a matter of minutes
Nature has its own designs
and who are we to complain
We who live in the freedom
of air are bound by a power
that transcends us and must
adjust our moods accordingly
Whatever we imagine

the world is always one step
ahead of us  Nothing lasts
forever but change is permanent
When love blooms enjoy
the fruit There really is
no other happiness

John Lyons


Pas d’autre bonheur

Ce n’était pas vraiment une tempête,
mais la pluie a fusé toute la nuit et,
à l’aube, le vent fouette encore les arbres,
les dépouillant méthodiquement
de leurs dernières feuilles.
Quelle différence en un jour !
Il y a vingt-quatre heures, un arc-en-ciel
en milieu d’après-midi, une promesse colorée
qui n’a duré que quelques minutes.
La nature a ses propres desseins, et
qui sommes-nous pour nous plaindre ?
Nous qui vivons dans la liberté de l’air
sommes liés par une puissance qui
nous transcende et devons adapter
nos humeurs en conséquence.
Quoi que nous imaginions, le monde
a toujours une longueur d’avance sur nous.
Rien ne dure éternellement, mais
le changement est permanent.
Quand l’amour fleurit, savourez ses fruits.
Il n’y a vraiment pas d’autre bonheur. 

In the Guatemalan forest

The quetzal in the rain forest
sings for its own delight
It knows nothing
of the sacred ceremonies
based around its vibrant
red and green plumage
its long flowing tail feathers
mimicked in the priests robes
It knows nothing of the arrival
of the Spanish nor the devastation
that accompanied them
It feeds largely on fruit and small
grubs and insects and both
the male and the female
incubate the eggs 
The wind moves slowly through
the branches  The quetzal attends
to its own business – nothing more

John Lyons

Dans la forêt guatémaltèque

Le quetzal dans la forêt tropicale
chante pour son propre plaisir
Il ne sait rien des cérémonies sacrées
basées sur son vibrant plumage
rouge et vert, ses longues plumes
de queue flottantes imitées
dans les robes des prêtres
Il ne sait rien de l’arrivée des Espagnols
ni de la dévastation
qui les a accompagnés
Il se nourrit principalement de fruits
et de petits larves et d’insectes
et le mâle et la femelle couvent les œufs
Le vent se déplace lentement
à travers les branches  Le quetzal s’occupe
de ses propres affaires – rien de plus

To be a child again

To be a child again
embark on the discovery of life
of how the wind moves silently
and how rain falls
how trees shed their leaves
and rivers run down to the sea
To celebrate the glow of summer
the diminished autumn lights
the frosts and snow of winter
and learn the words
for being in the world
words for expressing love
To be a child again
a fresh start on a new path
to hold hands again
and to welcome each event
with a joyful open heart
rapt in the slow disclosure
of every prodigal mystery

John Lyons


Redevenir un enfant

Redevenir un enfant,
se lancer dans la découverte de la vie,
de la façon dont le vent se déplace
silencieusement, de la façon dont
la pluie tombe, de la façon
dont les arbres perdent leurs feuilles
et de la façon dont les rivières
coulent vers la mer,
célébrer la lueur de l’été,
les lumières atténuées de l’automne,
les gelées et la neige de l’hiver,
et apprendre les mots
pour être au monde,
les mots pour exprimer l’amour.
Redevenir un enfant,
un nouveau départ sur un nouveau chemin,
main dans la main à nouveau et accueillir
chaque événement  
avec un cœur joyeux et ouvert,
ravi par la lente révélation
de chaque prodigue mystère

Water in the fields

The rain pours down
Water in the fields
The marshes swamped
The cattle withdrawn

No sight of the sun
Water in the fields
Hope springs eternal
The air is still

The rain pours down
My heart is full
No fear of the moon
Water in the fields

Golden leaves
and fallen fruit
Water in the fields
Bread in the oven

All the love I need
in you words and deeds
A warm bed to share
Water in the fields

John Lyons


Eau dans les champs

La pluie tombe à verse.
Eau dans les champs.
Les marais sont inondés.
Le bétail est retiré.

Pas de soleil à l’horizon.
Eau dans les champs.
L’espoir renaît.
L’air est calme.

La pluie tombe à verse.
Mon cœur est plein.
Pas peur de la lune.
Eau dans les champs.

Feuilles dorées
et fruits tombés.
Eau dans les champs.
Pain au four.

Tout l’amour dont j’ai besoin,
en tes paroles et en tes actes.
Un lit chaud à partager.
Eau dans les champs. 

Pale drizzle of world sobs

Pale drizzle of world sobs
this drab afternoon
Twilight and scarcely
a murmur

Whatever happened
to the free men and women
and who has stolen the land
from under their feet?
Out of parliament
a trickle of truth
Much posture and bluster
and little to show for it

A sad moon is folded
into the night sky
We had such high hopes
for peace and justice
for the rule of law
and perpetual love

The peregrines have abandoned
the church tower
Today over the barren fields
I observed the first murmuration
of starlings
When night falls they will enter
their communal roost

John Lyons


Sanglots d’une pâle bruine

Sanglots d’une pâle bruine
du monde en ce morne après-midi.
Crépuscule et à peine
un murmure.

Qu’est-il arrivé aux hommes
et aux femmes libres,
et qui a volé la terre
sous leurs pieds ?

Du Parlement, un filet de vérité.
Beaucoup de postures
et de fanfaronnades,
et peu de résultats.

Une triste lune se plie
dans le ciel nocturne.
Nous avions de si grands espoirs
de paix et de justice,
d’État de droit et d’amour éternel.

Les faucons pèlerins ont abandonné
le clocher. Aujourd’hui,
au-dessus des champs arides,
j’ai observé le premier murmure
des étourneaux.
À la nuit tombée, ils rejoindront
leur perchoir commun.

Sunday morning

Awake to sunshine
to the contentment
of crows and sparrows
All the mysteries of life
put into perspective
The shimmer of light
on the willow leaves
Children at play in the park
Incandescent swans
gliding on the river
Berries have ripened
and the harvest is in
Nothing lasts forever
Enjoy it while you can
Without love it is all
utterly meaningless

John Lyons


Dimanche matin

Réveiller au soleil
et au bonheur des
corbeaux et des moineaux
Tous les mystères de la vie
mis en perspective
Le scintillement de la lumière
sur les feuilles de saule
Les enfants jouent dans le parc
Des cygnes incandescents
glissent sur la rivière
Les baies ont mûri
et la récolte est complète
Rien ne dure éternellement
Profitez-en autant que possible
Sans amour, tout est absolument 
dénué de sens

The Cracked Bell – Charles Baudelaire

The bitter sweetness of winter nights,
listening, by the flickering, fuming fire,
to the slow distant rise of the sound of bells
ringing out through the mist.

Happy the bell with its tough throat which,
undiminished and alert, despite its age,
faithfully sends forth a religious cry,
like an old soldier keeping watch in his tent.

As for me, my soul is cracked, and when,
in its misfortunes, it wishes to swamp
the cold night air with its songs,
quite often its enfeebled voice

sounds more like the dull death rattle
of a wounded man forgotten next to a pool of blood,
under a huge pile of corpses and who dies,
without moving, after a tremendous struggle. 

Charles Baudelaire

translation by John Lyons


La Cloche fêlée

II est amer et doux, pendant les nuits d’hiver,
D’écouter, près du feu qui palpite et qui fume,
Les souvenirs lointains lentement s’élever
Au bruit des carillons qui chantent dans la brume.

Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux
Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,
Jette fidèlement son cri religieux,
Ainsi qu’un vieux soldat qui veille sous la tente!

Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu’en ses ennuis
Elle veut de ses chants peupler l’air froid des nuits,
II arrive souvent que sa voix affaiblie

Semble le râle épais d’un blessé qu’on oublie
Au bord d’un lac de sang, sous un grand tas de morts
Et qui meurt, sans bouger, dans d’immenses efforts.

Charles Baudelaire

That beauty is hypnotic

That beauty is hypnotic
that it mesmerises the soul
that it draws you in irresistibly
whether a landscape set
between mountains and lakes
or in green hills that dip down to the sea
or in the curve of her lips
or the spark of life in her eyes
or merely the sound of her voice
or the soft kiss that consecrates
Beauty shows no remorse
No  Never  Ever

John Lyons


Que la beauté est hypnotique

Que la beauté est hypnotique,
qu’elle fascine l’âme, qu’elle
vous attire irrésistiblement,
que ce soit un paysage entre
montagnes et lacs, ou des collines
verdoyantes qui plongent jusqu’à la mer,
ou la courbe de ses lèvres,
ou l’étincelle de vie dans ses yeux,
ou tout simplement le son de sa voix,
ou le doux baiser qui consacre.
La beauté ne manifeste aucun remords.
Non.  Jamais.  Jamais.

The bones of my infancy

Here I am still among the bones
of my infancy : the woodlands
the oak the ash the sycomore
the wide open green spaces
where I played so often
the grey river that winds down
to the sea : all the old familiar
topography : the warren where
we counted the rabbit holes
the recreation ground with
its slides and swings and
roundabouts This was where
I invented my idea of the world
where I took my first steps
where I began to succeed
and where from time to time
I stumbled  Here I was happy
where I loved and felt loved
In the changing light nothing
changes In the cycle of seasons
I’ve grown old and life now
has the measure of me but
I’ll continue to fight my corner
until my last breath

John Lyons


Les os de mon enfance

Me voici encore parmi les os
de mon enfance : les bois
le chêne le frêne le sycomore
les grands espaces verts
où j’ai si souvent joué
la rivière grise qui serpente
jusqu’à la mer : toute la vieille
topographie familière : le garenne
où l’on comptait les terriers de lapin
le terrain de jeux avec ses toboggans,
ses balançoires et ses manèges
C’est ici que j’ai inventé mon idée
du monde, où j’ai fait mes premiers pas
où j’ai commencé à réussir et
où de temps en temps j’ai trébuché
J’étais heureux ici où j’aimais
et me sentais aimé Dans la lumière
changeante rien ne change Dans
le cycle des saisons j’ai vieilli
et la vie maintenant a ma mesure
mais je continuerai à me battre
jusqu’à mon dernier souffle