A single white swan

A single white swan
on the canal
up by Harrow Road
as though it had been
waiting for me
and that I had just
to admire the purity
of its plumage
the supple elegance
of its slow-bending neck
the necessary simplicity
of its being in the world
without a care
a promise of all good
things to come
in good time

2017

John Lyons

Un cygne blanc solitaire

Un cygne blanc solitaire,
sur le canal
près de Harrow Road,
comme s’il m’attendait,
et que je devais
simplement
admirer la pureté
de son plumage,
l’élégance souple de son cou
qui se courbait lentement,
la simplicité nécessaire
de son existence
sans souci,
la promesse de tous
les bonheurs à venir
en temps voulu.

Musing on school days

This is the great conundrum
         that we are cinders
ash and dust
         from a paradise of stars

We take comfort from beauty
         but beauty passes
just as rose petals fade :
         age erupts on the skin
the muscles lose their tone
         sight grows dim
and though we struggle
         the slope slips downwards
always and away
         to the wild open sea

An old man in a tattered coat
         carries a sturdy ash cane
totters past the old schoolroom
         where first lessons were learnt
—chalk on slate
         and raffia mats

Young hearts and minds
         now fill the space
their euphoria echoes
         through the air
and in the playgrounds
         their hop and skip proclaims
the innocent assumption
         that they will live for ever

In my hand I have held
         sharp fragments of flint
and wondered at the lives of those
         who shaped these tools
The hardness of that stone
         and the softness of love
immutable stone in the warm hand
         of enduring love

2016

John Lyons


Réflexions sur les jours d’école

Voici le grand paradoxe :
nous ne sommes que cendres,
cendres et poussière,
nés d’un paradis étoilé.

Nous trouvons du réconfort
dans la beauté, mais la beauté
passe, tout comme les pétales
de rose se fanent : l’âge
se manifeste sur la peau,
les muscles se relâchent,
la vue baisse, et malgré nos efforts,
la pente s’incline toujours
vers le bas, toujours plus loin,
vers l’immensité sauvage de la mer.

Un vieil homme au manteau
en lambeaux, portant une robuste
canne en frêne, passe en titubant
devant la vieille salle de classe
où furent apprises les premières
leçons : craie sur ardoise
et des nattes de raphia.

De jeunes cœurs et esprits
emplissent désormais l’espace,
leur euphorie résonne. Dans les airs
et dans les cours de récréation,
leurs sauts et leurs bonds proclament
l’innocence de la conviction
qu’ils vivront éternellement.

Dans ma main, j’ai tenu
des fragments de silex acérés
et je me suis interrogé sur la vie
de ceux qui ont façonné ces outils.
La dureté de cette pierre et la douceur
de l’amour, pierre immuable dans la main
chaleureuse d’un amour éternel.

In the dark drift of night

In the dark drift of night
you are there beside me
we have survived the many
moon-marked phases of our love
and many a sober truth
has been told
many a subtle confidence
exchanged

not a single day
can be detained
much less a year
and we who have risen up
from the soil are bound
by its inexorable rule

and yet we lie together

adrift in the dark night
substantial in our affections
a love deeper than the silence
of winter roses and of a beauty
more enduring

2017

John Lyons


À la dérive dans la nuit noire

À la dérive dans la nuit noire,
tu es là, près de moi. Nous avons
traversé les nombreuses
phases lunaires de notre amour,
et bien des vérités
ont été dites,
bien des confidences
échangées.

Pas un seul jour
ne peut être retenu,
encore moins une année,
et nous qui avons émergé
de la terre, nous sommes
soumis à son inexorable loi.

Et pourtant, nous nous allongeons
ensemble à la dérive dans la nuit noire
substantiels dans nos affections,
un amour plus profond
que le silence des roses d’hiver,
et d’une beauté plus durable.