Was Paris not paradise?

Out of heaven’s orchards
the impeccable fruit of life
Light dancing on the surface
of the Seine as we strolled
hand in hand holding our breath
or counting our steps or lost
in the words that really needed
no saying : knowing only love
secure in the sense of ourselves
in the radiance of days
and the unbroken luxury
of starry nights undeterred
by the peal of Notre Dame’s bells
and in the slow drip of time
immune to the urgent pulse
of city life – smiling in the face
of our good fortune when being
there together in Paris
was more than enough

John Lyons


Paris n’était-il pas un paradis ?

Hors des vergers du paradis,
le fruit impeccable  de la vie.
La lumière scintillant sur la Seine
tandis que nous promenions
main dans la main, le souffle suspendu,
comptant nos pas ou plongés
dans un silence qui parlait mieux
que les mots : le simple bonheur d’aimer,
la sérénité d’être soi-même, la beauté
des journées et le luxe incomparable
des nuits étoilées, indifférents au son
des cloches de Notre-Dame
et dans le lent défilement du temps,
à l’écart du tumulte de la ville,
souriant face à notre bonne fortune,
car être ensemble à Paris
était plus que suffisant.

If among infants playing

If among infants playing
amid the blue light of day
a shadow falls upon the lawn
across from Rochester Castle
who will say that every innocence
shall have its day and every season
shall come to pass just as
the chestnut sheds its leaves
and the earth is open
to all things that fall
and that even the rivers
will one day tire as they
make their way to the sea
Young limbs that tremble
with excitement will come
to know the tremor of love
before their Aprils cease
and all is silence
all is stillness
and all is at an end

John Lyons


Si, parmi les enfants qui jouent

Si, parmi les enfants qui jouent,
sous la douce lumière du jour,
une ombre se pose sur la pelouse
devant le château de Rochester,
qui osera affirmer que chaque innocence
aura son heure de gloire,
et que chaque saison passera
comme le châtaignier perd ses feuilles,
et que la terre est ouverte
à tout ce qui tombe,
et que même les rivières se lasseront
en chemin vers la mer ?
Les jeunes corps qui tremblent
d’excitation connaîtront
le frisson de l’amour
avant que leur printemps ne s’achève,
et que tout ne devienne silence,
que tout ne devienne immobilité,
et que tout ne soit terminé.

Love of my better days

Love of my better days
I shall not forget you
though the last leaf
has not yet fallen and so far
we have been spared
the wrath of winter
We might have lived
in a land of lemon trees
beside a sea as blue
as your beautiful eyes
and bathed in the neighbouring
sun that brought out such
a delicate blush to your
golden flesh  But no!
The river runs on silently
and you and I are nowhere
to be seen together
Nothing changes Nothing
ever lasts forever

John Lyons


Amour de mes meilleurs jours

Amour de mes meilleurs jours,
je ne t’oublierai pas,
même si la dernière feuille
n’est pas encore tombée et
que nous avons été jusqu’ici
épargnés par la colère de l’hiver.
Nous aurions pu vivre dans un pays
de citronniers, au bord d’une mer
aussi bleue que tes beaux yeux,
et nous baigner du soleil voisin
qui faisait ressortir une si délicate
rougeur sur ta peau dorée.
Mais non ! La rivière continue
de couler en silence, et toi et moi
ne sommes nulle part ensemble.
Rien ne change, rien ne dure
éternellement.

I’m fully aware – Fernando Pessoa

Yes, I’m fully aware
That I’ll never be anyone.
    I’m fully aware
That I’ll never produce a masterpiece.
    I’m fully aware in fact
That I’ll never really know myself.
    Yes, but for now,
While this moment lasts,
    This moonlight, these branches,
This peace we’re enjoying,
    Let me believe
What’s quite beyond me

Ricardo Reis (Fernando Pessoa)
translation by John Lyons


Sim, sei bem
Que nunca serei alguém.
    Sei de sobra
Que nunca terei uma obra.
    Sei, enfim,
Que nunca saberei de mim.
    Sim, mas agora,
Enquanto dura esta hora,
    Este luar, estes ramos,
Esta paz em que estamos,
    Deixem-me me crer
O que nunca poderei ser.


Sí, soy plenamente consciente
de que nunca seré nadie.
    Soy plenamente consciente
de que nunca produciré una obra maestra.
    Soy plenamente consciente, de hecho,
de que nunca me conoceré realmente.
    Sí, pero por ahora,
mientras dure este momento,
    Esta luz de luna, estas ramas,
Esta paz que estamos disfrutando,
    Déjame creer
en lo que está más allá de mí


Oui, je suis pleinement conscient
Que je ne serai jamais quelqu’un.
   Je suis pleinement conscient
Que je ne produirai jamais de chef-d’œuvre.
    Je suis pleinement conscient en fait
Que jamais je ne me connaîtrai vraiment.
    Oui, mais pour l’instant,
Tant que dure ce moment,
    Ce clair de lune, ces branches,
Cette paix dont nous jouissons,
    Laisse-moi croire
Ce qui me dépasse complètement

Paul Éluard – Courage

Paris is cold Paris is hungry
Paris no longer eats chestnuts in the street
Paris has put on old women’s old clothes
Paris sleeps on its feet airless in the metro
Still more misfortune is imposed on the poor
And the wisdom and folly
Of unhappy Paris
It’s pure air, it’s fire
It’s the beauty it’s the kindness
Of its starving workers
Don’t cry for help Paris
You are living a life beyond compare
And behind the nakedness
Of your pallor of your thinness
All that is human is revealed in your eyes
Paris my beautiful city
Fine as a needle strong as a sword
Ingenious and learned
You can’t stand injustice
For you it’s a real mess
You will free yourself Paris
Paris shimmering like a star
Our surviving hope
You will free yourself from the fatigue and mud
Brothers have courage
We who are not helmeted
Nor booted nor gloved nor well-behaved
A ray lights up in our veins
Our light returns to us
The best of us died for us
And now their blood reaches our heart
And it’s morning again a Paris morning
The point of deliverance
The space of the dawning spring
Brute force has the weaker hand
These slaves our enemies
If they’ve understood
If they’re capable of understanding
Will rise up.

Paul Éluard
(translation by John Lyons)

This poem, written in 1942 while Paris was under German occupation, circulated widely among member of the French Resistance.


Courage

Paris a froid Paris a faim
Paris ne mange plus de marrons dans la rue
Paris a mis de vieux vêtements de vieille
Paris dort tout debout sans air dans le métro
Plus de malheur encore est imposé aux pauvres
Et la sagesse et la folie
De Paris malheureux
C’est l’air pur c’est le feu
C’est la beauté c’est la bonté
De ses travailleurs affamés
Ne crie pas au secours Paris
Tu es vivant d’une vie sans égale
Et derrière la nudité
De ta pâleur de ta maigreur
Tout ce qui est humain se révèle en tes yeux
Paris ma belle ville
Fine comme une aiguille forte comme une épée
Ingénue et savante
Tu ne supportes pas l’injustice
Pour toi c’est le seul désordre
Tu vas te libérer Paris
Paris tremblant comme une étoile
Notre espoir survivant
Tu vas te libérer de la fatigue et de la boue
Frères ayons du courage
Nous qui ne sommes pas casqués
Ni bottés ni gantés ni bien élevés
Un rayon s’allume en nos veines
Notre lumière nous revient
Les meilleurs d’entre nous sont morts pour nous
Et voici que leur sang retrouve notre coeur
Et c’est de nouveau le matin un matin de Paris
La pointe de la délivrance
L’espace du printemps naissant
La force idiote a le dessous
Ces esclaves nos ennemis
S’ils ont compris
S’ils sont capables de comprendre
Vont se lever.

Baudelaire – Exotic perfume

Jeanne Duval was the Haitian-born mistress of Charles Baudelaire. She is captured in the portrait (1862) below by Édouard Manet

Jeanne_Duval

Exotic Perfume

When, on a warm autumn eve, my eyes closed
I breathe in the fragrance of your warm breast
I see happy shores unfurl before me 
lit up by the fires of a monotone sun;

A languorous island where nature produces
Strange trees and luscious fruits;
Men with slender vigorous bodies,
And women who stun with the candour of their eyes.

Led by your fragrance to these charming climates,
I see a port teeming with sails and masts
All wearied still by the sea swell,

While the perfume of green tamarinds,
That drifts in the air and fills my nostrils,
Melds in my soul with the sailors’ songs.

Charles Baudelaire
(translation by John Lyons)


Parfum exotique

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne,
Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone;

Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l’oeil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

Charles Baudelaire

Fickle moon

As the sun sets
so the day sags
evenings can be
so long

stars so distant
and the moon
so fickle

At dawn the silence
is broken – foxes
gnashing their teeth

sparrows restless
in their nests – magpies
already getting down
to business

I have places to go
things to do and
words to say such as
I love you

John Lyons


Alors que le soleil se couche
alors le jour s’affaisse
les soirées peuvent être
si longues

les étoiles si lointaines
et la lune
si inconstante

A l’aube le silence
est cassé – les renards
grincent des dents

les moineaux agités
dans leurs nids – les pies
déjà au travail

j’ai des endroits où aller
des choses à faire et
des mots à dire comme
Je t’aime

A poetry of familiar things

cascade
          Cascade, John Lyons (oil on canvas)

A poetry of familiar things
a sparrow or a rose
or flowering mimosa
a simple summer cotton dress
decorated with flowers
which she wears with pride

The families that traipse
up and down
the Promenade des Anglais
in Nice : the blue sea
and the blue sky
the heat of the day
in August

Chagall and Matisse
and Italian sorbets
and the insatiable thirst
for love and life

John Lyons


Une poésie des choses familières
un moineau ou une rose
ou mimosa en fleurs
une simple robe d’été en coton
décorée de fleurs
qu’elle porte avec fierté

Les familles qui traînent
haut et bas
la Promenade des Anglais
à Nice : la mer bleue
et le ciel bleu
la chaleur du jour
en août

Chagall et Matisse
et des sorbets italiens
et la soif insatiable
d’amour et de vie

Paul Éluard – Clouds in my hands

Man Ray

This confused despair
Impalpable source rainy night
Far from burgeoning leaves
Far from salubrious tears
This disdain of the Orient
This livid paradise
This backtracking
Exhausted unbeliever
Towards a handful of memories

The miracle cure accords gift trust.

From Les mains libres (1937), drawings by Man Ray


Des nuages dans les mains
Ce désespoir confus
Source impalpable nuit de pluie
Loin des feuilles naissantes
Loin des larmes salubres
Ce dédain de l’orient
Ce paradis livide
Cette marche en arrière
Incrédule exténuée
Vers quelques souvenirs

Le remède miracle accord cadeau confiance.