The curve of your eyes – Paul Éluard

The curve of your eyes

The curve of your eyes winds around my heart,
A round of gentleness and dance,
Halo of time, night cradle and safe,
And if I no longer know all that I’ve lived
It’s that your eyes haven’t always seen me.

Leaves of day and foam of dew,
Reeds of the wind, scented smiles,
Wings shading the world of light,
Boats brimming with sky and sea,
Hunters of noise and sources of colour,

Scents bloomed from a brood of dawns
That still rests on a bed of stars,
As the day depends on innocence
The whole world depends on your pure eyes
And all my blood flows into their gaze.

Paul Éluard (from Capitale de la douleur, 1929)


Translation by John Lyons


La courbe de tes yeux

La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur, 
Un rond de danse et de douceur, 
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr, 
Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu 
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée, 
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière, 
Bateaux chargés du ciel et de la mer, 
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d’une couvée d’aurores 
Qui gît toujours sur la paille des astres, 
Comme le jour dépend de l’innocence 
Le monde entier dépend de tes yeux purs 
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

Paul Éluard (from Capitale de la douleur, 1929)

Advertisements