I thought I would die

Number measure weight
     the mathematics of poetry
How many feet until Odysseus
     makes it home to Ithaca?
We learn that the gods
     are not always kind
but neither are we simple
     mortals : love is a battleground
One heart lays siege to another
     Love too is labour that is
sometimes lost
     The metaphors are endless
and they get us nowhere
     Ships sink in the storm
and magic plays its tricks
     when the lights are lowered
and there is silence
     in the auditorium  The empty
page is our workface
     and seams of gold are rare
but they are to be found
     if we persist  When her eyes
met mine I took her hand
     and delivered a kiss
to her soft lips
     and thought I would die

John Lyons


J’ai cru que j’allais mourir

Mesure, poids, nombre —
     les maths de la poésie.
Combien de lieues Ulysse
     doit-il encore parcourir
pour regagner Ithaque ?
     Nous apprenons que
les dieux ne sont pas toujours
     bienveillants, mais nous, simples
mortels, ne le sommes pas
     davantage : l’amour est un champ
de bataille, un cœur assiège
     un autre cœur. L’amour est aussi
un labeur, parfois vain.
     Les métaphores sont infinies,
et pourtant elles ne mènent
     nulle part. Les navires sombrent
dans la tempête, et la magie joue
     ses tours lorsque les lumières
s’éteignent et que le silence
     s’installe dans la salle.
La page blanche est notre terrain
     de travail ; les filons d’or y sont rares,
mais on peut les découvrir
     si l’on persévère. Quand
nos regards se sont croisés,
     j’ai pris sa main, j’ai déposé
un baiser sur ses lèvres douces
     et j’ai cru que j’allais mourir.

One thought on “I thought I would die”

  1. Bonjour. Entre les équations des mots et le vertige d’un baiser, il y a tout ce que la poésie tente d’approcher sans jamais pouvoir l’enfermer. Merci

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