Paul Éluard – Courage

Paris is cold Paris is hungry
Paris no longer eats chestnuts in the street
Paris has put on old women’s old clothes
Paris sleeps on its feet airless in the metro
Still more misfortune is imposed on the poor
And the wisdom and folly
Of unhappy Paris
It’s pure air, it’s fire
It’s the beauty it’s the kindness
Of its starving workers
Don’t cry for help Paris
You are living a life beyond compare
And behind the nakedness
Of your pallor of your thinness
All that is human is revealed in your eyes
Paris my beautiful city
Fine as a needle strong as a sword
Ingenious and learned
You can’t stand injustice
For you it’s a real mess
You will free yourself Paris
Paris shimmering like a star
Our surviving hope
You will free yourself from the fatigue and mud
Brothers have courage
We who are not helmeted
Nor booted nor gloved nor well-behaved
A ray lights up in our veins
Our light returns to us
The best of us died for us
And now their blood reaches our heart
And it’s morning again a Paris morning
The point of deliverance
The space of the dawning spring
Brute force has the weaker hand
These slaves our enemies
If they’ve understood
If they’re capable of understanding
Will rise up.

Paul Éluard
(translation by John Lyons)

This poem, written in 1942 while Paris was under German occupation, circulated widely among member of the French Resistance.


Courage

Paris a froid Paris a faim
Paris ne mange plus de marrons dans la rue
Paris a mis de vieux vêtements de vieille
Paris dort tout debout sans air dans le métro
Plus de malheur encore est imposé aux pauvres
Et la sagesse et la folie
De Paris malheureux
C’est l’air pur c’est le feu
C’est la beauté c’est la bonté
De ses travailleurs affamés
Ne crie pas au secours Paris
Tu es vivant d’une vie sans égale
Et derrière la nudité
De ta pâleur de ta maigreur
Tout ce qui est humain se révèle en tes yeux
Paris ma belle ville
Fine comme une aiguille forte comme une épée
Ingénue et savante
Tu ne supportes pas l’injustice
Pour toi c’est le seul désordre
Tu vas te libérer Paris
Paris tremblant comme une étoile
Notre espoir survivant
Tu vas te libérer de la fatigue et de la boue
Frères ayons du courage
Nous qui ne sommes pas casqués
Ni bottés ni gantés ni bien élevés
Un rayon s’allume en nos veines
Notre lumière nous revient
Les meilleurs d’entre nous sont morts pour nous
Et voici que leur sang retrouve notre coeur
Et c’est de nouveau le matin un matin de Paris
La pointe de la délivrance
L’espace du printemps naissant
La force idiote a le dessous
Ces esclaves nos ennemis
S’ils ont compris
S’ils sont capables de comprendre
Vont se lever.