Paul Éluard – I told you. . .

Told you for the clouds
Told you for the sea’s tree
For each wave for the birds in the leaves
For the pebbles of noise
For the familiar hands
For the eye that turns face or landscape
And sleep endows it with the sky of its colour
For the whole night imbibed
For the grid of roads
For the open window for an uncovered forehead
I told you for your thoughts for your words
Every caress every confidence endures

from Paul Éluard, L’amour la poésie (1929)

(translation by John Lyons)


Je te l’ai dit pour les nuages
Je te l’ai dit pour l’arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l’œil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l’ai dit pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent.

Shared nights – Paul Éluard

femme
                      Femme, John Lyons (30 x 25 cm, oil on canvas)


You rise the water unfolds
You lie down the water ripples out

You are the water diverted from its abysses
You are the earth that takes root
And upon which everything is established

You blow bubbles of silence in the desert of noise
You sing nocturnal hymns on strings of the rainbow,
You are everywhere you abolish all roads

You sacrifice time
To the eternal youth of the exact flame
That shrouds nature by reproducing it

Woman you bring into the world a body always the same
Yours

You are resemblance

Paul Éluard, from Nuits partagées (1935)

Translation by John Lyons


Tu te lèves l’eau se déplie
Tu te couches l’eau s’épanouit

Tu es l’eau détournée de ses abîmes
Tu es la terre qui prend racine
Et sur laquelle tout s’établit

Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits
Tu chantes des hymnes nocturnes sur les cordes de l’arc-en-ciel,
Tu es partout tu abolis toutes les routes

Tu sacrifies le temps
À l’éternelle jeunesse de la flamme exacte
Qui voile la nature en la reproduisant

Femme tu mets au monde un corps toujours pareil
Le tien

Tu es la ressemblance.

Paul Éluard

Paul Éluard – Portable woman

femme-portative
Of solemn effect in solitude

Earthly derision woman
When her heart’s elsewhere

If what I love’s granted to me
I’m saved

If what I love’s taken away
Annihilated
I’m lost

I dislike my dreams but I tell them
And like other people’s when they reveal them to me

Paul Éluard, Les mains libres (1937)

Drawing by Man Ray


FEMME PORTATIVE

D’un effet solennel dans la solitude

Terrestre dérision la femme
Quand son cœur est ailleurs

Si ce que j’aime m’est accordé
Je suis sauvé

Si ce que j’aime se retranche
S’anéantit
Je suis perdu

Je n’aime pas mes rêves mais je les raconte
Et j’aime ceux des autres quand on me les montre

Paul Éluard – Song

In love life still retains
The pure waters of its infant eyes
Its mouth is still a flower
Which blooms not knowing how

In love life still retains
The grip of a child’s hands
Its feet strike out from the light
And head off towards the light

In love life retains always
A blithe and renascent heart
Nothing can ever end there
Tomorrow allayed by yesterday

Paul Éluard

(translation by John Lyons)


Chanson

Dans l’amour la vie a encore
L’eau pure de ses yeux d’enfant
Sa bouche est encore une fleur
Qui s’ouvre sans savoir comment

Dans l’amour la vie a encore
Ses mains agrippantes d’enfant
Ses pieds partent de la lumière
Et ils s’en vont vers la lumière

Dans l’amour la vie a toujours
Un cœur léger et renaissant
Rien n’y pourra jamais finir
Demain s’y allège d’hier.

Paul Éluard – 8 lines

signs of life

There were two of us and we’d just lived
A sundrenched day of love
Our sun we embraced together
The whole of life was visible to us

When night came we were left without a shadow
To polish the gold of our common blood
We were two at the heart of the only treasure
The light of which never sleeps

Paul Éluard, from Le phénix (1951)
translation by John Lyons


 

Nous étions deux et nous venions de vivre
Une journée d’amour ensoleillé
Notre soleil nous l’embrassions ensemble
La vie entière nous était visible

Quand la nuit vint nous restâmes sans ombre
A polir l’or de notre sang commun
Nous étions deux au cœur du seul trésor
Dont la lumière ne s’endort jamais