On my walk through the park
I notice that the shadows
of the trees themselves have aged
I inspect the corrugated bark
the deep lines on trunk and branch
how time never passes without
leaving an indelible mark
on all things and I marvel at
the wisdom of oak and sycamore
so closely adherent
to the monastic virtue
of stability
If all things pass some do so
at a slower pace than others
so I am content to discount
my dog years and I gaze
defiantly into the mirror—
what is beautiful is perhaps
an acquired taste : I adore
the innocence and energy
of young children who skip
along the paths of their childhood
I know that in time age will
bend their shadows too
that ash and elm will outlive them
that their dreams for a while
will touch the golden moon
until gravity brings them down
to the level earth but that their hearts
will never be still
John Lyons
L’innocence de l’âge
En traversant le parc
je remarque que les ombres
des arbres elles-mêmes ont vieillies
j’observe l’écorce ridée
les sillons profonds du tronc et des branches
comment le temps ne passe jamais sans
laisser une marque indélébile
sur toute chose, et je m’émerveille devant
la sagesse du chêne et du platane
si fidèlement attachés
à la vertu monastique
de la stabilité
Si tout passe, certaines choses le font
plus lentement que d’autres
alors je choisis de ne pas compter
mes années « en âge de chien » et je regarde
avec défi le miroir —
la beauté est peut-être
un goût qui s’acquiert : j’adore
l’innocence et l’énergie
des jeunes enfants qui gambadent
sur les chemins de leur enfance
Je sais qu’avec le temps, l’âge
courbera aussi leurs ombres
que le frêne et l’orme leur survivront
que leurs rêves, un temps durant,
effleureront la lune d’or
jusqu’à ce que la gravité les ramène
au sol, mais que leurs cœurs
ne cesseront jamais de battre